Le Festival de Cannes 2026 s’achève enfin, et le traditionnel Palmarès qui l’accompagne a été révélé par le jury présidé par Park Chan-wook. On revient ainsi sur chaque catégorie et leurs lauréats
Débutons par les prix les plus prestigieux de ce 79e Festival de Cannes, à savoir la Palme d’Or et le Grand Prix !

Fjord gagne ainsi la Palme D’Or ! Cristian Mungiu rejoint ainsi les cercle très fermé des réalisateurs ayant gagné 2 Palmes d’Or (avec notamment Ruben Östlund, Francis Ford Coppola, Bill Auguste, les Dardenne, Shohei Imamura, Emir Kusturica, Michael Haneke ou encore Ken Loach). En effet, outre un prix de la mise en scène pour Baccalauréat, le cinéaste roumain avait gagné la Palme d’Or en 2007 avec l’intense 4 mois, 3 semaines , 2 jours.
Fjord s’articulait comme un challenger sérieux, dopé par la mise en scène appliquée du réalisateur, les performances toutes en retenue de Sebastian Stan & Renate Reinsve, et bien sûr son propos universel. En abordant les fractures culturelles, sociales et ethniques à travers le prisme de cette confrontation, le jury récompense un choix qui mettra tout le monde d’accord qualitativement.
Grand Prix qui avait tout d’une Palme
Pour autant, le Grand Prix méritait à notre sens la Palme d’Or : Minotaure du russe Andreï Zviaguintsev ! L' »héritier de Tarkovski » déjà détenteur du prix du scénario pour Leviathan et prix du jury pour Faute d’amour, est quand même honoré. Un film d’une rigueur de mise en scène réellement ahurissante, déployant la flamboyance d’un film de genre à la tenue chirurgicale, doublé d’un drame intime dénonçant subtilement les agissements de la Russie. Mais derrière sa spécificité d’approche, Minotaure se veut plus universel dans sa manière de dérouler l’impunité du crime. Le jury a préféré le choix plus consensuel, mais Minotaure repart avec un prix prestigieux !

© Arte
Prix de la mise en scène ex-aequo pour La Bola Negra du duo Los Javis & Fatherland (1949) de Pawel Pawlikowski. Pour ce dernier, c’est la seconde fois qu’il reçoit ce prix après le très bon Cold War en 2018. Son nouveau s’imposait comme un grand prétendant via son superbe noir & blanc. On aurait imaginé Moulin ou Paper Tiger (James Gray encore boudé) pour cette catégorie, mais le jury a décidé de partager cet honneur avec La Bola Negra. Film opératique dont on devine un peu les coutures narratives, mais dont la flamboyance de la mise en scène (cette intro digne d’un grand film de guerre est une leçon) laisse pantois le spectateur. Bref, deux Prix amplement mérités !
Prix contestables et doubles-prix d’interprétation
Le prix du scénario a été décerné à Notre Salut, film réussi d’Emmanuel Marre contant les rouages de la collaboration dans la France de Pétain. Si le film est évidemment bien scénarisé, c’est surtout par le parti-pris de mise en scène que le projet prend son sens. Accentuant l’absurde de la situation et porté par la performance de Swann Arlaud, le jury a récompensé l’originalité du concept pour un film qui aurait pu glaner un prix dans d’autres catégories. Le prix du jury quant à lui revient L’Aventure rêvée de Valeska Grisebach, portrait de femme lénifiant et aride de 2h45. La singularité est de mise, mais cela paraît aberrant qu’un film comme L’Inconnue n’ait pas été vu à sa juste valeur !

Là où le jury à taper fort, c’est bien pour les prix d’interprétation masculin et féminin. On imaginait plein de noms : Javier Bardem, Rami Malek, Léa Seydoux…. mais c’est l’évidence même qui a été récompensée ! Emmanuel Macchia & Valentin Campagne ont été primés pour leurs rôles dans Coward : cette romance sur fond de WWI doit largement au talent complémentaire des deux interprètes pour représenter la complexité de cet amour impossible près des tranchées.
Enfin, Virginie Efira & Tao Okamaoto reçoivent le prix d’interprétation féminine pour Soudain. D’aucun appréciera ou pas le film (ultra-didactique) de Ryusuke Hamaguchi, mais c’est bien le duo franco-japonais qui donne son intérêt au pamphlet du réalisateur japonais. De quoi apprécier le parcours de l’actrice belge, passée animatrice TV avant de gravir les échelons (notamment celui du César de la meilleure actrice). Les divers jurys du Festival de Cannes ont également Para Los Contrincantes de Federico Louis en court-métrage, Everytime pour un Certain Regard (et Le Corset en prix spécial), et Ben’imana de Marie-Clémentine Dusabejambo (meilleur premier film, qui est également le premier film africain à recevoir ce prix).
