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Accueil - Critique Man on Fire Saison 1 : Netflix met de l’eau sur les braises
Critique Man on Fire Saison 1 : Netflix met de l'eau sur les braises
©Netflix
Série

Critique Man on Fire Saison 1 : Netflix met de l’eau sur les braises

Charley Charley30 avril 2026Aucun commentaireIl vous reste 5 minutes à lire
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Man on Fire bénéficie d’une nouvelle adaptation sur Netflix, sous la forme d’une série ! Portée par Yahya Abdul-Mateen II (Watchmen, Wonder Man), cette itération prenant place au Brésil peine à convaincre…

Jusqu’à il y a quelques années, l’idée même d’une série Man on Fire aurait été saugrenue. En effet, le roman éponyme de A.J. Quinnell a déjà eu droit à deux adaptations a cinéma. La première signée Élie Chouraquie est passée relativement inaperçue en 1987 : portée par Scott Glenn, cette sympathique version prenait place dans l’Italie des années de plomb comme le roman. Pour autant, c’est bien la version de 2004 réalisée par Tony Scott (Top Gun, True Romance) qui a fait entrer Man on Fire dans la légende !

Passer après un chef-d’œuvre

Réalisateur auparavant rattaché sur le film de 1987, Tony Scott n’aura cessé de développer son style hyperbolique au gré des années 90 (USS Alabama, Ennemi d’état, Spy Game..) jusqu’à son acmé en 2004 : Man on Fire avec Denzel Washington et Dakota Fanning délocalisait son action au Mexique pour aboutir à un chef-d’œuvre de revenge movie hardboiled.

Détruit par la critique, plébiscité par les spectateurs, le film a depuis été réhabilité tout comme le statut de plasticien de Tony Scott. En résultait un long-métrage pop-art viscéral et émouvant, dont l’audace formelle demeure encore à ce jour complètement inédite dans le paysage cinématographique (seul le jeu vidéo s’en est emparé, comme dans Max Payne 3 ou Kane & Lynch 2).

Critique Man on Fire Saison 1 : Netflix met de l'eau sur les braises
©Netflix

Man on Fire revient donc lourd de cet héritage dans une 3e version prenant place au Brésil à Rio de Janeiro. Le premier épisode réalisé par Steven Caple Jr (Creed 2, Transformers Rise of the Beasts) démarre d’ailleurs sur les chapeaux de roue dans un flash-back musclé : John Creasy (Yahya Abdul-Mateen II) voit son unité défaite lors d’une opération au Mexique, et son meilleur ami exécuté. Des années plus tard, l’ex-Forces Spéciales est en plein stress post-traumatique et dans une retraite forcée.

Adaptation au Brésil

C’est à cet instant que son ami Paul Rayburn (Bobby Cannavale) l’invite à Rio afin de l’engager en tant que spécialiste de la sécurité. Le climat politique brûlant où tensions sociales, élection présidentielle et guerres intestines de pouvoir vont cependant mettre à mal la situation. En effet, Ray et sa femme sont tués dans une explosion de bâtiment en plein ville ! Creasy va ainsi devoir protéger Poe Rayburn (la fille ayant vu le ravisseur) et évoluer pour traquer les responsables.

Man on Fire cuvée 2026 respecte ainsi les prémices de base du roman et des films, via un protagoniste sur le retour après avoir été brisé au plus haut point. Car dans sa substantifique moelle (et c’est particulièrement vrai concernant le film de 2004), Man on Fire est une histoire de rédemption autant que de lien filial entre Creasy et sa protégée.

Critique Man on Fire Saison 1 : Netflix met de l'eau sur les braises
©Netflix

Et dans ses 2 premiers épisodes réalisés avec soin (et bénéficiant d’une jolie facture technique), la trame s’enclenche efficacement sur ces mêmes principes. Rapidement, cette Saison 1 va néanmoins diluer le cœur de sa dramaturgie en multipliant les points de vue. Un choix cohérent de par la nature de série TV, d’autant que Man on Fire permet de donner de la voix aux favelas (on retrouve Iago Xavier en membre d’un gang), ou encore d’offrir du temps de présence à l’écran à la toujours impeccable Alice Braga.

Dramaturgie diluée

Là encore, ces arcs narratifs se révèlent globalement plus fonction que véritablement liés à la trame principale. Une trame dont on devine tous les tenants et aboutissants jusque dans l’identité des commanditaires. Dès lors, ce Man on Fire perd de vue ce qui faisait la sève de son scénario, à savoir un récit hard-boiled et rédempteur.

Critique Man on Fire Saison 1 : Netflix met de l'eau sur les braises
©Netflix

La série propose tout de même à intervalles réguliers quels instants introspectifs bien incarnés (Yahya Abdul-Mateen II est toujours un des meilleurs acteurs actuels évoluant à la TV), ainsi que des reviviscences des 2 précédents films (séquence de torture, pugilats musclés). Mais comme tout thriller dans les clous, la tension éventuelle se retrouve souvent amoindrie par une mise en scène interchangeable avec tous les autres shows du genre (Day of the Jackal, The Night Agent…). L’exemple le plus flagrant tient à mi-parcours, alors que Man on Fire tease une infiltration au sein d’une prison dans le but d’atteindre une cible. Mais dès l’épisode suivant, tout ceci est expédié en introduction, sans jeu de tension ou reflet de la méthodologie de Creasy.

On regarde donc cette Saison 1 de Man on Fire sans réel déplaisir, mais sans l’implication ni l’ampleur émotionnelle que la matériau de base avait su véhiculer dans ses précédents adaptations. Un résultat en demi-teinte donc, qui nous donne envie de revoir l’adaptation brûlant de Tony Scott, et moins cette itération orchestrée à température ambiante.

Man on Fire est disponible sur Netflix

avis

4.5 Man on Water

Cette nouvelle adaptation de Man on Fire peine à conserver la sève dramatique, rédemptrice et hardboiled de son matériau d'origine. En résulte une adaptation diluant sa dramaturgie pour répondre aux carcans du thriller d'action contemporain. Pas déplaisant, pas une réussite pour autant malgré son casting et son setting brésilien.

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