Le Réveil de la Momie est une nouvelle itération du mythe, reprenant des sentiers battus du cinéma d’horreur dans un cadre égyptien. Réalisé par Lee Cronin, ce film d’épouvante craspec et gore lorgne entre L’Exorciste et Evil Dead.
Le Réveil de la Momie pourrait troubler plus d’un spectateur par son simple titre original : Lee Cronin’s The Mummy. Pourtant il n’agit pas d’un énième reboot après les films avec Brendan Fraser (dont le 4e opus arrive en 2028) ou Tom Cruise. Pas d’Universal Monster : ce long-métrage produit via Blumhouse et Warner est réalisé et écrit par Lee Cronin (le très moyen Evil Dead Rise).

Débutant en Égypte, le film nous présente la famille Cannon, en déplacement quelques mois de part le job de reporter du père Charlie (Jack Reynor). Malheureusement, la petite Katie sera kidnappée par une mystérieuse femme au court d’une tempête de sable ! Huit ans plus tard, la famille porte encore le deuil de cette disparition traumatique. Coup de théâtre : un crash d’avion dans le désert égyptien révèle un étrange sarcophage avec une Katie momifiée et encore vivante à l’intérieur. De retour dans sa famille d’origine, la fillette catatonique va néanmoins être vectrice d’une ancienne malédiction.
La Malédiction de l’Exorcisme momifié
Et c’est à l’issue de toute cette mise en place (qui dure bien 30 minutes) que Le Réveil de la Momie affiche ses inspirations. Lee Cronin s’est déjà attaqué à un épisode de la saga Evil Dead, cela paraissait évident qu’il allait infuser cette dimension à son métrage. Mais plus encore que du Deadite, c’est du côté de L’Exorciste qu’il faut chercher la sève créative de cette version : éclatement de la cellule familiale, ton mélancolique (voire mortifère), décor de la maison comme théâtre oppressif, figure de la fillette comme source de malaise…

La comparaison existe jusque dans la citation ouverte, si bien que Le Réveil de la Momie pourrait presque s’apparenter à une prise de risque minimale dans une portion centrale enchaînant tous les tropes éculés du genre. La durée confortable du film (plus de 2h : pas banal pour un film d’horreur) que d’aucun pourrait apparenter à de la lenteur inutile et une rythmique dénuée de tension laisse cependant entrevoir une sincérité surprenante de la part de Lee Cronin.
Mythologie en dehors des codes iconographiques
Comme débarrassé de tout impératif de franchise, le réalisateur compile tout ce qu’il aime, prend le temps de faire exister la dynamique familiale et le deuil qui englobe la dimension fantastique. En bonus : le cadre égyptien apporte un supplément d’âme à cette série B, sans verser dans une iconographie habituelle. Pas de plan carte postale sur des pyramides ou des hiéroglyphes, Le Réveil de la Momie a la bonne idée d’implémenter un zeste de polar dans la circonscription d’Assouan (l’Égypte qu’on a pas l’habitude de voir à Hollywood), alors que May Calamawy (Moon Knight) enquête en parallèle sur les ravisseurs de Katie.

Ce versant du récit peine à convaincre cependant, trainant en longueur dans un faux suspense dont le spectateur a déjà les réponses. Tout prend néanmoins son sens via la convergence des deux intrigues avant le climax, alors que Lee Cronin déroule dans Le Réveil de la Momie une atmosphère craspec et étouffante plutôt bien retranscrite. Il faut d’ailleurs saluer la jeune Natalie Grace, absolument convaincante dans tous les stades de transformation de Katie. Le travail sur le maquillage est de qualité, tout comme le montage accentuant les vélléités graphiques du réalisateur.
Bouillabaisse servie
Car lorsque le film laisse la violence éclabousser à l’écran, c’est pour régulièrement faire mouche à travers un design sonore travaillé. Visions de tripes à l’air dévorées par du coyote, scorpion baveux s’introduisant dans la bouche, dents arrachées, lambeaux de peau sanguinolents… le festival du dégueu ne révolutionnera rien mais se permet d’aller bien plus loin que le tout venant Hollywoodien, avec un soin de fabrication plutôt exemplaire !
On retiendra particulièrement tout le dernier segment du scénario, convoquant à la fois du Resident Evil 7 dans son bestiaire grotesque, voire même du film d’horreur d’exploitation italien pour son mauvais goût réjouissant du gore. C’est via cette dimension en dehors du lissage Blumhouse habituel et la croyance en son histoire que Le Réveil de la Momie convint, à défaut de réussir à s’émanciper des codes du genre.
Le Réveil de la Momie est sorti au cinéma le 15 avril 2026
avis
Le Réveil de la Momie se révèle être un meilleur Evil Dead que le précédent Evil Dead Burn de Lee Cronin. Le réalisateur compile L'Exorciste, The Omen ou bien la saga de Sam Raimi dans une itération bercée par un parfum de mythologie égyptienne en dehors des codes visuels du genre. Dommage que la 'intrigue et ses ressorts narratifs soient si éculés, car le résultat (perfectible) se veut rafraîchissant dans son déballage de violence et son atmosphère glauque ne perdant jamais de vue sa mélancolie ambiante. Une série B faite avec sincérité !
