Qui dit mai, dit amorce de l’été, gelati, spritz, plages, Croisette : le Festival de Cannes 2026 s’ouvre dans une 79e édition riche en évènements. Alors que le Jury de la Compétition est présidé par Park Chan-wook (Decision to Leave, Aucun autre choix), l’ensemble de la Sélection minimise l’emprise du cinéma américain pour quelque chose de très cosmopolite. Quelles sont les grosses attentes de nos rédacteurs Nicolas et Charley ?
Le Festival de Cannes 2026 démarre officiellement le soir du 12 mai, avec le traditionnel film d’ouverture. La Vénus électrique de Pierre Salvadori succèdera au discours d’ouverture d’Eye Haïdara (Le Sens de la Fête), nouvelle maîtresse de cérémonie. Et si le film sort évidemment de manière simultanée dans le reste de la France, la Sélection offre son lot de films excitants sur le papier.
Les attentes de Nicolas
Sans hésiter, j’ai été très heureux de découvrir la présence du plus grand cinéaste russe (selon moi), Andreï Zviaguintsev, qui revient en compétition officielle plus de 9 ans après Faute d’amour. Cette longue absence, qui peut s’expliquer en partie par des soucis de santé, n’a que décuplé mon envie de voir à nouveau un film du cinéaste de Léviathan et du Retour. C’est donc le cas avec Minotaure, au nom on-ne-peut-plus typique de son style, et qui parle d’un sujet brûlant (euphémisme) : la guerre contre l’Ukraine. Il faudra bien évidemment le compter pour la récompense suprême, la Palme d’or !

Pour le second, je pourrais dire Soudain de Hamaguchi Ryusuke (Drive My Car) ou encore l’Être Aimé de Rodrigo Sorogoyen, mais mon dévolu se tourne vers Fjord du lauréat de la Palme d’or en 2007 (4 mois, 3 semaines, 2 jours), Cristian Mungiu. Le brillant cinéaste roumain s’éloigne de son pays natal pour se rendre en Norvège et il s’entoure d’un casting de haute volée avec Sebastian Stan et Renate Reinsve. Avec un tel trio, que peut-il arriver outre qu’une belle proposition de cinéma ?
Les attentes de Charley
De très loin mon attente numéro 1 de ce Festival de Cannes 2026 : le retour de Na Hong-jin avec Hope. Réalisateur de renom ayant émergé à Cannes en 2009 avec l’inoubliable The Chaser, le sud-coréen aura su s’embarquer dans plusieurs itérations du thriller (notamment le thriller d’action avec The Murderer puis le polar horrifique avec The Strangers) les années suivantes. Mais cela fait désormais 10 ans que Na Hong-jin n’a pas sorti de nouveau long-métrage : c’est désormais résolu avec ce Hope vendu comme un film au genre évolutif. Porté par Hwang Jeon-ming, Jung ho-yeon mais aussi Michael Fassbender, Alicia Vikander et Taylor Russell, le récit débuterait comme un mystère avant d’évoluer en odyssée d’action face à une invasion alien… Hypomètre au max !

Juste derrière : le retour de James Gray avec Paper Tiger, récit de gangster intime dans la pure tradition néo-Hollywoodienne tendance 70’s. Centré sur 2 frères (Adam Driver et Miles Teller) empêtrés dans une affaire avec la mafia russe dans le New-York du XXe siècle. Bref un sujet sur mesure pour l’auteur américain le plus sous-coté du monde festivalier. En terme d’attentes secondaires, il faut avouer que la curiosité est de mise pour L’Inconnue d’Arthur Harari. Après avoir co-signé le scénario d’Anatomie d’une Chute, le réal d’Onoda revient avec Léa Seydoux et Niels Schneider dans un récit fantastique adaptant la BD qu’il a signé avec son frère (Le Cas David Zimmerman). Le pitch : un photographe se réveille dans le corps de la femme avec qui il a couché la veille, sans savoir son identité…
Copies restaurées de grands films
Les nouveautés sont de mise (on attend d’ailleurs de voir ce que donnera la première partie du diptyque de La Bataille de Gaulle), mais ce Festival de Cannes brille aussi par sa sélection Cannes Classics. C’est désormais une tradition, mais chaque édition a son lot de pépites restaurées (on pense à Shining, Napoléon ou bien Hard Boiled l’an dernier). Et cette année, Guillermo Del Toro revient sur la Croisette 20 ans après la présentation légendaire de Le Labyrinthe de Pan pour y dévoiler une version 4K. Et évènement mondial de la sphère cinéphilique : Les Diables de Ken Russell a été restauré dans sa version uncut ! Une arlésienne qui prend fin donc, qui nous permettra d’enfin apprécier ce chef-d’œuvre sulfureux dans les plus belles conditions…
