Mortal Kombat 2 fait suite au reboot sorti en catimini directement en streaming en 2021. Cette adaptation de la célèbre licence vidéoludique de jeu de combat a pour elle de mieux assumer le matériau de base, à défaut de proposer une transposition aussi mordante ou d’assumer son identité…
Mortal Kombat !! Pour certains, il s’agit du film de Paul W.S. Anderson sorti en 1995, véritable star des vidéoclubs. Pour la majorité, il s’agira évidemment du sobriquet de la célèbre franchise vidéoludique créée par Ed Boon (Injustice) et John Tobias. Une star des jeux vidéo de baston en somme, ayant proposé un line-up de personnages cultes immédiatement identifiables (Scorpion, Sub-Zero, Kitana…) ainsi que des mises à mort ultra-violentes (les fatalities).
Et si le film de Paul W.S. Anderson conserve un relatif aspect nanardesque, force est de constater que même 30 ans plus tard son adaptation parvenait globalement à encapsuler la dimension « Série B » avec une certaine générosité. Malgré tout, les limites du projet font qu‘il aura fallu des années pour que MK revienne sur le devant de la scène cinématographique (on oubliera l’étron cosmique que fut le film de 1997).
Enfin le Mortal Kombat ?
Excepté des itérations en animation, Mortal Kombat se devait enfin d’obtenir une transposition à la hauteur du studio NetherRealm. Cela tombe bien, Simon McQuoid réalisa un reboot en 2021, bazardé illico presto par Warner Bros en streaming (période post-Covid oblige). Une adaptation qui se révélait soignée pour ce qui était de porter quelques personnages cultes à l’écran, mais pourrie de l’intérieur par un protagoniste inédit sans saveur et une trame faisant avant tout office d’introduction forcée.

Mortal Kombat 2 arrive donc en salles, avec cette fois-ci la promesse de découvrir ce fameux tournoi inter-dimensionnel : le film s’ouvre d’ailleurs à bon escient sur le seigneur de l’Outworld, le terrible Shao Khan. Antagoniste culte de la franchise, ce dernier (évoquant irrémédiablement Dark Vador ou bien Skeletor) existe dans le seul but de gouverner tous les royaumes par la force, et est présenté en tuant le père de la princesse Kitana (Adeline Rudolph).
Des années plus tard, cette dernière est à la botte de Shao Khan, qui organise via son sorcier Shang Tsung le Mortla Kombat. Ce tournoi implique en effet 5 champions de chaque camp pour 5 combats, avec à la clé la survie ou non de la Terre. C’est via cet ultimatum que Raiden (Tadanobu Asano) réunit ses champions pour ce baroud d’honneur musclé.
Plus de Fatality…sur le papier
Mortal Kombat 2 a d’ailleurs la belle idée de ne pas trop s’encombrer en backstory avec les protagonistes du précédent film : Sonya Blade (Jessica McNamee), Jax (Mehcad Brooks), Liu Kang (Ludi Lin) et Cole Young (Lewis Tan) s’organisent dans le but de recruter Johnny Cage (Karl Urban), une ex-star du cinéma d’action 90’s.
D’entrée de jeu, ce Mortal Kombat 2 plante le décor pour traiter 2 trajectoires de protagoniste (Kitana et Johnny Cage), tout en traitant le Mortal Kombat éponyme. Finalement, ce second film suit les traces globales du film de 1995, tout en conservant le style de celui de 2021. Problème : le film se veut finalement insatisfaisant dans presque tous ces domaines !

Profitons des réjouissances au premier abord : Mortal Kombat 2 ne lésine pas sur le nombre de pugilats comparé au précédent opus. De plus, le film tente d’offrir une diversité d’arènes et de personnages pour notre plus grand bonheur de fans de yakayos se tapant violemment sur la margoulette. Malheureusement, Simon McQuoid emballe l’ensemble avec un respect pour la franchise certes, mais sans la talent nécessaire pour lui donner ses lettres de noblesse au cinéma.
Rendez la manette
Malgré son scénario simple et un pitch clair, le rythme se veut plus pachydermique qu’autre chose, enchaînant mollement ses set pieces sombres et vides pour faire s’affronter le trombinoscope du métrage. Finalement, on ne retiendra surtout le combat Liu Kang vs Kung Lao : point de scène d’action extraordinaire, mais la chorégraphie se veut claire, bien exécutée par les deux acteurs et combine avec aisance les facultés surnaturelles des 2 Kombattants tout en nous abreuvant d’un beau Fatality bien sanglant.
Bref, l’ADN de Mortal Kombat semble exister dans un soubresaut de vitalité que cette suite ne parvient jamais réellement à incarner et exploiter. On appréciera un court combat avec Sonya Blade dans une cage où des pieux au sol jaillissent successivement pour menacer les opposantes…. mais Mortal Kombat 2 accuse d’un manque flagrant de fun, de lâcher-prise et d’humour de sale gosse !

Un comble, surtout quand cette adaptation ramène Johnny Cage en héros malgré lui. En plus, l’interprétation de Karl Urban s’avère finalement convaincante, campant un loser magnifique noyant son chagrin dans le souvenir périmé des VHS 90’s et un cynisme de façade. Mortal Kombat 2 touche du doigt la quintessence (et l’humanité) du personnage lors d’un combat face à Baraka…. tout en mettant en avant les faiblesses de fabrication du film !
Film d’action sans réalisateur d’action
Mortal Kombat 2 fait office de production carrée, mais ne va jamais réellement embrasser le cinéma d’exploitation que la franchise convoque. Et la plus grosse erreur tient dans le réalisateur : Simon McQuoid n’est pas un cinéaste de l’action ! Chaque pugilat montre une implication des acteurs (mention spéciale à Ludi Lin ou Tati Gabrielle en Jade), au détriment d’un travail de montage et d’enchainement ne cachant pas efficacement les doublures numériques ou l’usage du hors-champ.
On ressort de là avec l’impression d’un script en pilotage automatique, surtout lorsqu’il ressort de derrière les fagots un énième duel Scorpion vs Sub-Zero. Faisant avant tout office d’easter egg géant (le tout dans un environnement en fond vert nous renvoyant à l’époque des films du genre d’il y a 25 ans), ce climax a au moins le mérite de clore l’arc narratif des protagonistes de Mortal Kombat 2. Pas de quoi sauter au plafond devant ce nouveau film teasant de manière inévitable un 3e film…
Mortal Kombat 2 sort au cinéma le 6 mai 2026
avis
Malgré des intentions louables et sa volonté d'un cinéma bis assumé, Mortal Kombat 2 se vautre dans un pachydermisme narratif et et une exploitation branlante de son roster de personnages. Difficile de surcroit d'acheter ses scènes d'action n'assumant que trop rarement la violence crasse et jubilatoire du jeu vidéo.... malgré quelques instants réjouissants. Décevant tout simplement !
