Salut à toi lecteur invétéré ! Alors que le soleil vient nous écraser de sa bonhommie chaleureuse, l’actualité culturelle bat son plein, à Cannes et partout ailleurs, de Vought Rising à Bolloré en passant par Spotify.
Côté ciné,
- La pétition « Zapper Bolloré » a pris une dimension carrément internationale cette semaine sur la Croisette. Javier Bardem, Ken Loach, Mark Ruffalo, Aki Kaurismäki ou Yorgos Lanthimos ont rejoint les rangs, portant le compteur à 3 460 signataires, contre 600 avant que le patron de Canal+, Maxime Saada, menace publiquement de ne plus travailler avec ces contestataires. Surtout que l’affaire ne s’arrête plus à une simple passe d’armes médiatique puisque depuis ce 23 mai, la Ligue des droits de l’Homme et la CGT Spectacle ont désormais assigné Canal+ en justice pour discrimination envers les signataires de la tribune anti-Bolloré ! Beau résultat, continuez les gars !
- Paramount a acquis les droits du roman Connie, écrit par Adriana Trigiani avec la succession Mario Puzo, pour développer un nouveau Parrain centré sur la fille de Don Vito, celle que Talia Shire incarnait dans la trilogie. Quid de Francis Ford Coppola ? Son équipe dit que c’est « peu probable », ce qui confirme que ça se fera sans lui. Ouf.
Côté séries,
- Tom Hardy ne reviendra pas pour la saison 3 de Mobland. L’acteur était régulièrement en retard, annotait les scripts sans qu’on le lui demande, et a mal digéré le virage de la série vers un ensemble plus choral autour de Helen Mirren et Pierce Brosnan. Un des producteurs exécutifs, agacé par le comportement de Tom Hardy, Jez Butterworth, a menacé de partir… Paramount a choisi Butterworth. Logique ? On verra bien.
- Prime Video a dévoilé un premier aperçu de Vought Rising, le préquel de The Boys attendu en 2027. La série remontera aux origines bien cradingues de Vought dans les années 1950, avec Jensen Ackles de retour en Soldier Boy et Aya Cash dans la peau de Clara Vought, avant qu’elle ne devienne Stormfront. L’ambiance promet un mélange de polar noir, de satire super-héroïque et de grande entreprise déjà pourrie jusqu’à l’os, normal quand on sait que Vought était un nazi « réformé ».
Côté jeux vidéo,
- C’est officiel et un peu triste, Bungie a annoncé que la dernière mise à jour live-service de Destiny 2 arrivera le 9 juin 2026, marquant la fin d’une décennie de suivi actif. Les serveurs resteront ouverts, l’univers ne disparaît pas, mais l’histoire s’arrête là. Le jeu stagnait autour de 15 000 joueurs simultanés, des irréductibles qui ne manqueront pas de continuer à faire vivre le jeu tandis que le studio se prépare à tourner la page.
- Warhorse Studios a confirmé deux projets d’un coup : un RPG en monde ouvert en Terre du Milieu et une nouvelle aventure Kingdom Come. Tout ça s’inscrit dans la nouvelle entité Fellowship Entertainment montée par Embracer Group, qui regroupe les plus grosses licences du groupe. Aucune date, aucun gameplay, mais sur le papier, on est hypés !
Côté musique,
- Spotify lance « Reserved », un accès prioritaire aux billets de concert réservé à ses abonnés les plus assidus, identifiés par algorithme. Une réponse directe aux ruées hystériques sur les billetteries à chaque annonce d’un concert de Taylor Swift ou de Céline Dion. Reste à voir si ça ne deviendra pas juste un avantage de plus pour ceux qui streament le plus tout en favorisant dangereusement le service de streaming audio par rapport aux vendeurs habituels.
- Le Prix de la Meilleure Création Sonore du 79e festival de Cannes a été décerné à l’unanimité au réalisateur népalais Abinash Bikram Shah pour Elephants in the Fog, premier long métrage sélectionné en Un Certain Regard, soit une première historique pour le cinéma népalais. Le film plonge dans une communauté de femmes transgenres (les Kinnar) au cœur d’une forêt d’éléphants sauvages. De toute beauté.
Côté littérature,
- Olga Tokarczuk, prix Nobel de littérature, a reconnu publiquement se servir de l’IA dans son écriture. Une première à ce niveau, et elle en profite pour annoncer qu’elle arrête les romans. Désespoir face à l’état de la littérature à l’heure de l’IA, ou lucidité radicale ? Les deux, probablement.
- La romancière taïwanaise Yáng Shuāng-zǐ a remporté l’International Booker Prize pour Taiwan Travelogue, devenant la première autrice taïwanaise à recevoir cette récompense. Le roman, traduit du mandarin par Lin King, se déroule dans le Taïwan occupé par le Japon en 1938 et mêle romance, récit de voyage et réflexion post-coloniale.

Côté spectacles,
- Charles Berling signe la mise en scène et monte sur scène pour C’est si simple l’amour, huis clos inédit adapté du grand dramaturge suédois Lars Norén, au Théâtre de l’Atelier jusqu’au 28 juin. La pièce se joue du 21 mai au 28 juin 2026 et prend la forme d’une soirée qui dérape, avec deux couples, de l’alcool, des frustrations et des vérités qui remontent trop vite.
- Avec Tous coupables sauf Thermos Ghrönn, Sacha Vilmar transforme l’affaire Carlos Ghosn en machine absurde. La pièce, présentée au Théâtre de la Tempête, choisit de regarder le scandale économique à travers le grotesque, soit un angle risqué et engagé, au combien pertinent face à l’actualité. En prenant l’absurde au sérieux, le spectacle semble surtout rappeler que certaines affaires réelles n’ont plus besoin qu’on les déforme pour devenir farfelues.

