007 First Light est le 1er jeu vidéo James Bond AAA depuis de longues années ! En développement depuis 5 ans, ce reboot signé IO Interactive (les papas de Hitman et Kane & Lynch) fait office d’origin story flambante pour le plus célèbre des espions de Sa Majesté !
007 First Light fait littéralement office de lumière au sein de la pénombre concernant James Bond. En effet, l’agent secret le moins secret de la planète n’a pas eu de film depuis 2021 (Mourir peut attendre sonnant le glas de la version Daniel Craig), ni de jeu vidéo depuis quinze ans ! Et en attendant le 26 film réalisé par Denis Villeneuve et écrit par Steven Knight, IO Interactive (Hitman) s’occupe d’un reboot en bonne et due forme à destination des gamers.
Une manière de combler un certain vide, alors que le studio danois prend le pari de créer une aventure 100% originale. Pour autant, Bond a déjà eu des récits inédits en jeu vidéo (que ce soit le pas terrible Blood Stone avec Daniel Craig ou bien l’excellent Nightfire avec Pierce Brosnan), et ce qui différencie 007 First Light tient dans son approche : il s’agit à la fois d’un reboot et d’une origin story !
007 Begins
007 a toujours réussi (avec plus ou moins de succès il est vrai) à s’adapter aux époques et aux mœurs. Et en terme de constante, le personnage et ses aventures se déroulent toujours de manière contemporaine vis-à-vis de leur sortie. Cela signifie que IO Interactive embrasse le même parti-pris pour narrer le tout début de James Bond au sein du MI6 !

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007 First Light débute donc lors d’un crash d’hélicoptère en Islande, alors que James Bond est un jeune soldat du SAS (Special Air Service) de 26 ans. Miraculeusement rescapé, ce dernier va ainsi rentrer en contact avec une agente de liaison du MI6 (Moneypenny !) dans le but de comprendre ce qu’il se passe. L’ambiance est lourde et pluvieuse, les rares survivants sont soit tués soit emprisonnés par une mystérieuse milice privée, et Bond réussira lors de cette mission d’introduction à s’en sortir de manière explosive.
En une heure de prise en main, 007 First Light affiche un réel soin dans sa narration et sa fabrication (le jeu bénéficie du 60 fps constant), tout en introduisant efficacement son James Bond juvénile (interprété par Patrick Gibson en performance capture). Par la suite, le jeu nous invite à un long tutoriel de 4h pour assimiler les diverses mécaniques du jeu. Une durée qui pourrait sembler rébarbative pour un jeu d’action-aventure narratif, mais qui s’intègre parfaitement dans la rythmique de cette intrigue montrant comment ce James Bond tête brûlée devient agent 007.
Simulateur de James Bond
Le second chapitre du jeu dans le camp d’entraînement à Malte, puis les quelques misions qui suivent permettent ainsi d’intégrer ces éléments dans la narration (notamment dans un training montage combinant aspect cinématographique et segments joués). 007 First Light s’articule ainsi dans son game design comme un mix entre Hitman Absolution et la saga Uncharted. En effet, le studio danois réussit avec brio un équilibre quasi parfait durant les 18-20h nécessaires pour boucler la campagne : phases de repérage dans des lieux bondés de PNJ, infiltration, combats à mains nues et gunfights.
Et si chaque chapitre arbore globalement cette structure de manière successive, 007 First Light offre une symbiose à cet ensemble sans aspect de redite. Les amoureux de Hitman (voire même de stealth gaming pur) pourront sans doute être frustrés par ces simili-sandbox (un musée, un manoir, un hôtel de luxe, nightclub…) qui n’en sont pas vraiment unes. L »‘illusion du choix » prédomine donc alors que le joueur écoute 2-3 conversations et glanent quelques indices concernant la voie à suivre pour progresser.

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Ces séquences (très plaisantes au demeurant) comportent ainsi 2 chemins possibles : par exemple s’introduire dans un gala en faisant diversion (un tas de feuille où on met le feu après avoir récupéré un briquet ; une corniche accessible après avoir contourné un vigile..). Et ce mantra infuse constamment le reste du level design de 007 First Light, aussi dirigiste et linéaire soit-il. Point d’immersive sim ou de map étendues, IO nous invite à un vrai ride tenu et rythmé.
Reboot avec un joli Q
Ce faisant, le game design fera sens malgré un léger aspect frustrant à ce niveau de « non-liberté » d’approche. Là où 007 First Light tire son épingle du jeu, est dans la diégèse de ce qu’est James Bond. Le scénario s’avère bon et moderne dans son écriture : sans spoilers, il est question de dépendance à l’IA, à la manipulation des informations et de corporations malfaisantes. Et sans prendre le chemin timoré et réaliste des James Bond de l’ère Daniel Craig, First Light infuse un aspect pulp et blockbusteresque à l’ensemble.

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Tout comme Rocksteady sur Batman Arkham ou Insomniac sur les Spider-Man, IO Interactive amène une approche rafraîchissante tout en tenant compte de l’héritage du personnage (le soft se permet même d’inclure la cicatrice du personnage comme dans les romans de Fleming). Nouvelles versions de persos cultes (M, Q…), persos inédits (Lennie James en mentor), le scénario arrive avec habileté à expliciter comment ces connections façonnent Bond. Le reste des ingrédients est bien là : Bad guy mégalo (arborant d’ailleurs un masque d’Hypérion), scènes d’action explosives, poursuites en véhicule (sur Terre ou en mer), Bond girls, Aston Martin Valhalla, personnage féminin trouble faisant office d’agent double, thèmes cultes de John Barry, générique signé Lana Del Rey et David Arnold, exotisme…
007 First Light nous emmène ainsi des couloirs du MI6 à Londres jusqu’à une base secrète en Antarctique, en passant par la Slovaquie, le Vietnam ou un cimetière de navires mauritanien sans effet de redite. Le tout, en augmentant crescendo la difficulté des situations rencontrées (en même temps que le joueur assimile l’étendue des outils de Bond).
Melting-pot d’influences
Dans ce shaker (et non à la cuillère) d’influences, IO Interactive propose tour à tour des affrontements à la Sleeping Dogs (basés sur l’esquive, le contre, les coups portés), de l’infiltration légèrement héritée de Splinter Cell Blacklist, et des fusillades à la Uncharted 4. Mais loin d’être du bête copié-collé, 007 First Light amène ces spécificités propres à la nature du personnage. Les manos-à-manos (que ce soit des combats spécifiques ou pouvant être déclenchés au cours des gunfights) jouent sur la possibilité de saisir un ennemi et foncer vers un élément du décor, ou encore la possibilité de lancer des objets à leur figure dans le but de les déstabiliser.

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Comme lors des séquences du fusillade (plutôt pêchues et nécessitant de ne pas foncer tête baissée sous peine de se faire mitrailler rapidement), Bond amène une vraie physicalité musclée aux diverses joutes. Le joueur peut ainsi tirer dans les jambes d’un ennemi ou même balancer son arme en man dans la margoulette pour ensuite le terminer à coups de savates directement. On peut également tirer dans l’arme d’un assaillant pour la saisir au vol : des schémas importants à connaître tant les chargeurs se vident très rapidement.
Jamais sans ma montre-laser
La majeure partie des gunfights de 007 First Light débutent comme des scènes d’infiltration (on pense un peu à The Last of Us donc), où Bond doit évoluer caché, attirer un ennemi en le sifflant ou en usant des gadgets de Q. Montre-laser, fléchettes anesthésiantes, stylo-missile, appareil photo à ondes de choc, mines de proximité… Le joueur doit choisir entre 3 gadgets maximum, chacun s’utilisant suivant une source d’énergie consommable (électrique ou chimique) nécessitant de trouver des recharges dans l’environnement.
De quoi dynamiser les scènes d’affrontements (pour faire exploser des éléments du décor par exemple ou actionner des mécanismes) et d’infiltrations (faire diversion, ouvrir une grille…) sans que le tout ne ressemble à du cheat code. Oui, le système de jeu n’invente rien et n’est pas le plus complexe qui soit, mais est surtout très bien équilibré et implanté : 007 First Light ne permet pas de jouer un surhomme indestructible, ni de jouer un ersatz de Solid Snake.

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Et c’est peut-être là que la limite du jeu se fait sentir : les zones de jeu restent finalement limitées en possibilités (à part quelques exceptions comme cette salle truffée d’ennemis où le joueur peut plonger la salle dans une fumée opaque, ou ce chapitre permettant de moduler certains éléments du décors comme couvertures), et l’IA ennemie s’avère plus féroce qu’intelligente.
Même matricule, 00 différent
On se surprendra ainsi à facilement la contourner et à attendre que 2 ou 3 soldats viennent vérifier au même endroit le corps d’un ennemi qu’on aura tabassé sans que cela n’alerte le reste des troupes. Dommage, 007 First Light affiche ainsi par instants un game design proche de ce qui se faisait il y a 10-15 ans (en version peaufinée) plutôt qu’une réelle évolution moderne du genre. Pour assoir cet argument, certaines textures visuelles semblent un peu datées lorsqu’on se penche dessus, en comparaison du reste du jeu qui a fière allure.

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Pas de quoi bouder le plaisir ceci dit, surtout que 007 First Light parvient à introduire une version instantanément culte de l’espion : humain et plus juvénile que d’habitude, mais disposant déjà de son flegme, ses punchlines, son sens de la justice et sa badassitude. Une fois la campagne bouclée, le mode TacSim (avec Gemma Chan en superviseuse psychologue) permet de remplir des missions et défis spécifiques tout en débloquant des tenues emblématiques de James Bond. De quoi espérer du contenu additionnel pour ce très bon 007 First Light. La naissance de 007 comme on ne l’a jamais eu tout simplement, et on a déjà hâte de suivre ce James Bond vers d’autres aventures !
007 First Light est sorti sur Playstation 5, Xbox Series X/S et PC
avis
Avec 007 First Light, IO Interactive réussit admirablement ce reboot de James Bond en proposant une origin story figurant non seulement au panthéon des jeux vidéos 007, mais également aux côtés des indispensables de la franchise tous mediums confondus. En résulte un titre qui ne réinvente pas le genre de l'action-aventure, mais se caractérise comme une synthèse de ce qu'un blockbuster AAA narratif doit être. Une franche réussite malgré une dimension infiltration plus timorée en terme d'options, mais dont a déjà hâte de voir la suite !
- Scénario
- Gameplay
- Game Design
- Graphismes
- Son
- Durée de vie
