Spider-Man Brand New Day est comme son nom l’indique un renouveau pour le Tisseur joué par Tom Holland depuis déjà une décennie. Changement de réalisateur, changement de setting, changement d’ambiance… pour le meilleur Marvel depuis un moment ?
Cela faisait plus de 4 ans que nous avions laissé Peter Parker dans une situation inédite. En effet, No Way Home remettait les compteurs à zero alors que le monde entier avait oublié l’identité derrière le masque de Spider-Man. Fini le lien tutellaire handicapant avec les Avengers, Tom Holland et son personnage quittent le lycée pour la vie de jeune adulte solitaire. C’est dans ce contexte que Spider-Man Brand New Day débute, nous emmenant dans le quotidien d’un héros masqué ayant tout laissé derrière lui.
Spider-Boy devient Spider-Man
Visites sur la tombe de Tante May, épiage de Ned (Jacob Batalon) et MJ (Zendaya) à travers les réseaux, peaufinage de ses propres gadgets par imprimante 3D… Si on omet que Spider-Man Brand New Day ne nous explicite jamais la source des revenus de Peter (capable de rénover un vieux local désaffecté en appartement plus que convenable pour un New Yorkais), la trame nous ramène à ce qui fait la substantifique moelle de l’Araignée.

© Columbia Pictures
Et à ce titre, les 40 premières minutes du métrage (les plus réussies) sont un petit bonheur pour tout fan de comics, jonglant efficacement entre exploits acrobatiques et ancrage dans la quotidienneté de Peter Parker. Le changement de réalisateur (après le fadasse Jon Watts) fait en effet un bien fou, et le choix de prendre Destin Daniel Cretton (Shang-Chi, La Voie de la justice) est sans nul doute l’argument qualitatif premier de ce Brand New Day.
Retour aux fondamentaux
Le réalisateur est ainsi capable de parfaitement articuler toute l’iconographie aérienne de Spider-Man lors de scènes de voltige ou de combats renvoyant à la fois aux précédentes itérations filmiques, mais aussi aux jeux vidéos d’Insomniac Games. Le tout dans un bon usage de CGI et de cascades en dur pour offrir un aspect palpable à l’action. Destin Daniel Cretton remet ainsi le super-héros au centre de son environnement, comme en témoigne le générique de fin s’attardant sur le quidam de New York.
Autre fait notable : Spider-Man Brand New Day arrive de manière surprenamment équilibrée à osciller entre ancrage au sein du Marvel Cinematic Universe, et récit centré sur son protagoniste. On est finalement pas très loin de l’osmose d’un Superman, contant lui aussi une histoire au sein d’un univers cohérent plus vaste sans que les super-personnages faisant irruption ne relèvent du caméo gratuit.

© Columbia Pictures
Frank Castle (Jon Bernthal), Black Widow (Florence Pugh) et Bruce Banner (Mark Ruffalo) sont ainsi intégrés avec pertinence (malgré la part du clin d’œil facile) dans une trame où Peter est en pleine mutation. Se découvrant de nouvelles facultés en terme de sens et de tissage organique, Spider-Man doit également faire face à une mystérieuse télépathe capable d’investir n’importe quel corps. Et ce dans le but de braquer les locaux de Damage Control, une corporation étudiant les méta-humains.
Petit Spider-Man illustré
Et c’est également là que Spider-Man Brand New Day touche ses limites. Avec une première heure globalement tenue, le film suit globalement un cahier programmatique du petit manuel du Tisseur : la poursuite initiale fait penser au jeu vidéo PS4 et à l’intro de The Amazing Spider-Man 2, la thématique du ré-apprentissage des pouvoirs renvoie aux premiers films de Raimi et Webb, tout comme la dichotomie entre le devoir de garder son anonymat pour protéger les siens et accepter sa part de vulnérabilité sans renoncer à sa vie personnelle (les scènes avec le casting de la précédente trilogie sont surprenamment réussies car porteuses d’enjeu émotionnel).

© Columbia Pictures
Même une séquence de sauvetage aérien de Zendaya lors d’une chute du haut d’un immeuble est fortement connoté, tel un tronçon amené de manière explicite. Excepté un affrontement musclé contre Hulk (mais cantonné à un étage), et le climax dans une cage face à des membres de La Main, difficile de voir en ce Spider-Man Brand New Day un opus clairement singulier en terme de proposition cinématographique. Reste que malgré une photographie régulièrement plate, Destin Daniel Cretton sait tenir sa caméra pour emballer ses séquences.
Là où Marvel fait fort, c’est tout de même dans son ultime mouvement impliquant Sadie Sink (qui vole réellement la vedette lors de ses apparitions incarnées en mutante que tout féru de comics appréciera). Une manière d’amorcer la prochaine grande Phase du MCU sans teasing grossier, mais également de traiter la différence comme un chemin vers l’acceptation. Un traitement sans doute un poil léger (qui se conclue par de bons sentiments et un petit message oratoire comme dans Thunderbolts), mais qui a le cœur au bon endroit. De quoi résumer ce Spider-Man Brand New Day honnête, souvent réjouissant, et qui pointe sa boussole d’intentions vers la bonne direction !
Spider-Man Brand New Day sort au cinéma ce 29 juillet 2026
avis
Spider-Man Brand New Day redonne un coup de vigueur au Tisseur du MCU, digérant efficacement ses illustres références filmiques et vidéoludiques pour une aventure ayant le cœur au bon endroit. Dommage que le film de Destin Daniel Cretton n'aille en revanche pas plus loin dans l'exploitation de l'iconographie de l'Araignée, préférant ouvrir la porte de la prochaine grande phase de l'univers Marvel. En résulte une aventure sympathique, faite avec respect et ludisme !
