Tout au long du Festival OFF d’Avignon 2026, nous rassemblons ici les récits et seuls-en-scène qui ont retenu notre attention. Certains spectacles ont déjà été vus en amont ou lors de précédentes présentations, avant que cette sélection ne s’enrichisse au fil de nos découvertes sur place. Portraits, confidences, parcours de vie ou récits intimes : voici les propositions à suivre cette année.
Pour une vue d’ensemble du programme, retrouvez aussi notre sélection de spectacles à voir au Festival OFF d’Avignon 2026.
Walt, la folie Disney

Walt, la folie Disney nous emmène découvrir l’envers du décor de la création d’une icône du XXe siècle et de son empire. Clément Vieu y incarne Walt Disney dans toute sa complexité : l’artiste visionnaire, le patron exigeant, l’enfant blessé, l’homme obsédé par son rêve. La mise en scène, teintée de poésie, donne au récit des airs de conte et crée ainsi une symbiose parfaite entre le fond et la forme. L’histoire est passionnante et nous plonge dans un véritable tourbillon où rêve, ambition et obsession finissent par se confondre. Un spectacle biographique captivant, porté par une interprétation remarquable.
Infos pratiques : à voir au Théâtre du Chêne Noir, du 4 au 25 juillet à 10h, relâche les lundis.
Nous avions déjà consacré une critique complète à ce spectacle, à retrouver ici.
Le garçon nuage

Il y a de la poésie dans l’air avec Le garçon nuage ! Dans ce seul-en-scène intimiste, un jeune homme choisit de s’installer sur un nuage pour fuir une réalité devenue trop lourde, et on l’y suit bien volontiers. Ethan Oliel y déploie une présence rare, une énergie folle et un rapport aux mots presque incandescent. Nous vous dirions bien qu’il a du talent, mais c’est d’autre chose dont il s’agit, de plus rare encore : une manière d’être au monde, de le lire et de le raconter, qui adoucit les rugosités de la vie. Le spectacle parle d’échappée, de refuge, de retour au monde, mais aussi de ces moments où l’imaginaire nous aide à tenir. Une proposition singulière, sensible et merveilleusement habitée. De l’art.
Infos pratiques : à voir à La Scala Provence, du 4 au 25 juillet à 12h, relâche les lundis.
Nous avions déjà consacré une critique complète à ce spectacle, à retrouver ici.
Où vont les larmes quand elles sèchent ?

Ce n’est pas exactement au théâtre que se déroule cette pièce adaptée du roman de Baptiste Beaulieu, mais dans la salle d’attente d’un médecin généraliste d’une petite ville de campagne. Jean, 36 ans, nous ouvre les portes de ce lieu où se croisent toutes sortes de microbes, mais surtout de mal-être, de chagrins, de solitudes. Avec beaucoup d’empathie, de douceur et de bienveillance, l’excellent Régis Vallée nous partage ces morceaux de vie, parfois drôles, souvent touchants, qui se succèdent dans ce cabinet si convoité. Depuis un tragique accident survenu lorsqu’il était médecin urgentiste, Jean, lui, ne pleure plus, mais il n’en a pas le cœur moins gros. Il ne serait d’ailleurs pas contre « une bonne grosse chialade », si seulement ! Un moment de théâtre rempli d’humanité, de tendresse et de drôlerie.
Infos pratiques : à voir au Théâtre des Béliers, du 4 au 25 juillet à 12h35, relâche les jeudis.
Romance

Derrière son titre trompeur, Romance cache un récit d’une toute autre nature. Imène tente de comprendre comment son amie Jasmine, partie d’une rencontre en ligne, s’est peu à peu retrouvée prise dans une spirale d’emprise jusqu’à la radicalisation. Magistralement porté par Marion Trémontels, ce seul-en-scène avance comme une enquête intime, entre souvenir d’amitié, sidération et besoin de remonter le fil pour comprendre l’incompréhensible. Le texte de Catherine Benhamou, mis en scène avec sobriété par Heidi-Éva Clavier, évite les raccourcis et les effets faciles pour regarder de près ce que les réseaux sociaux, la manipulation et la solitude peuvent faire basculer. Une proposition intense, nécessaire et remarquablement interprétée.
Infos pratiques : à voir au Théâtre du Train Bleu, du 4 au 23 juillet à 14h05, relâche les dimanches.
J’ai 8 ans et je m’appelle Jean Rochefort

Thomas Drelon, qui nous avait déjà fait chavirer le cœur dans Je m’appelle Bashir Lazhar, est de ces comédiens dont l’interprétation est toujours empreinte d’une poésie et d’une sensibilité folles. D’une bouleversante sincérité aussi. Et il faut reconnaître que ce texte tout en tendresse et fantaisie, adapté du roman d’Adèle Fugère, lui va comme un gant. Il incarne Rosalie Pierredoux, une petite fille de 8 ans toujours joyeuse, qui adore rire… et qui sent pourtant toute la tristesse du monde peser sur elle. Et toute la tristesse du monde, c’est un peu lourd pour de si petites épaules. Alors, un matin, elle devient Jean Rochefort avec sa moustache, son assurance et ses grandes déclamations. Ce sera peut-être moins lourd comme ça, la vie… On reste suspendu d’un bout à l’autre à cette interprétation merveilleuse, qui ajoute de la beauté entre les mots. Un moment très touchant qui oscille sans cesse entre drôlerie et tendresse.
Infos pratiques : à voir au Théâtre des Béliers, salle 1, du 4 au 25 juillet à 11h50, relâche les jeudis.
Péril ordinaire

Camille vit depuis toujours dans une rue moche avec son meilleur ami Patricio. Enfin ça c’est le petit nom qu’elle lui donne. Ensemble, grâce à la musique, ils rêvent d’échapper à ce quotidien. Un rêve qui sonne comme une promesse. Mais la mort soudaine de Patricio sonne, elle, comme une condamnation à la solitude et à cette vie-là pour Camille. Elle se réfugie dans le monde de la nuit, la fête, la drogue, et croit y trouver un ami, quelqu’un qui la comprend et l’aidera à remonter à la surface. Encore un mirage. C’est ailleurs qu’elle devra trouver la force d’y croire à nouveau. En elle, certainement. Sur scène, Caroline Ribot est Camille mais aussi les 17 autres personnages de ce récit foisonnant qui aborde le deuil et les errances qui peuvent l’accompagner, mais aussi la difficulté de se construire, les addictions… Si l’émotion nous a toutefois semblé un peu trop tenue à distance par le rythme effréné, l’explosivité de la mise en scène et une interprétation très appuyée des personnages, on ne peut qu’admirer la présence, l’énergie et le talent de Caroline Ribot. Une proposition brute, nerveuse, traversée par une belle rage de vivre.
Infos pratiques : à voir à l’Espace Saint Martial, du 4 au 25 juillet à 17h35, relâche les dimanches.
Toutes les choses géniales

Si nous avons longtemps hésité à aller découvrir cette pièce, c’est parce que nous avions un gros coup de cœur les années précédentes pour une autre adaptation de ce merveilleux texte de Duncan Macmillan. Mais connaissant le talent de Laurence Gray, nous avons fini par céder. Ouf ! La comédienne, si solaire, touchante et généreuse, enveloppe ce récit d’une douceur qui vient se poser comme un baume sur le cœur. Nous avons pris un plaisir immense à redécouvrir cette histoire douce-amère en sa compagnie, mais aussi avec celle des participants du public, qui viennent ajouter une émotion supplémentaire à l’ensemble. Elle aborde le sujet grave de la dépression d’une manière drôle, poétique et sensible, pour nous laisser avec une furieuse envie de vivre et de célébrer les petites et grandes joies du quotidien. Avec l’envie, aussi, de rédiger notre propre liste des choses géniales, comme l’a entrepris cette petite fille pour tenter de redonner de l’espoir à sa mère dépressive. Le papier bulle, les glaces, la voix de Nina Simone, se réconcilier après une dispute… et voir ce spectacle, encore et encore, sans aucun doute.
Infos pratiques : à voir à La Factory – Roseau Teinturiers, du 4 au 25 juillet à 16h05, relâche les jeudis.
Mon côté Wertheimer

Léger et grave, drôle et profond, introspectif et universel, joyeux et douloureux, incisif et tendre : pourquoi choisir quand on a le talent suffisant pour tout réunir sur scène ? L’univers de Chloé Oliveres estriche, foisonnant,singulier. Dans ce seul en scène explosif, elle brise les tabous pour s’engouffrer dans le sujet intime de la folie qui s’est faufilée dans sa famille de génération en génération. Le fameux « côté Wertheimer » dont elle a un peu peur d’hériter à son tour, elle l’avoue bien volontiers. Avec beaucoup d’autodérision et une sincérité désarmante, elle remonte ainsi le fil de l’histoire de sa famille sur quatre générations, en s’appuyant sur le rigoureux travail documentaire qu’elle a mené sur la folie, sur la transmission, sur la transmission de la folie. Étaient-elles vraiment folles, ces femmes ? Folles aux yeux de qui ? Selon quels codes et injonctions sociales ? La comédienne, solaire et attachante, laisse libre cours à ses réflexions, ses doutes, ses peurs et ses élans, semble péter les plombs et entame une course tout autour de la scène, puis s’effondre, soudain rendue à sa vulnérabilité. C’est ainsi qu’elle joue avec les rythmes, les mots, les ambiances, comme une funambule en parfaite maîtrise de son art. L’ensemble prend parfois l’air d’un joyeux bordel, mais après tout, c’est aussi dans le thème. Et si l’on ne se souviendra certainement pas de tout, on se souviendra d’elle, c’est certain.
Infos pratiques : à voir au Théâtre du Train Bleu, du 4 au 22 juillet, les jours pairs, à 14h20.
Retrouvez également, tout au long de ce Festival OFF d’Avignon 2026, nos découvertes thématiques : théâtre contemporain, récits et seuls-en-scène, humour et comédie, classiques et adaptations, jeune public, danse et cirque, et découvertes musicales.
Sans oublier, bien sûr, nos coups de cœur !
