Après Pupille et Je verrai toujours vos visages, Garance est le nouveau film de la réalisatrice Jeanne Herry. Portée par Adèle Exarchopoulos et Sara Giraudeau, cette comédie dramatique s’avère moins émotionnelle que ses précédents films, mais tout aussi authentique !
Garance est le nouveau film de la réalisatrice Jeanne Herry. On connait cette dernière notamment pour Pupille ou bien Je verrai toujours vos visages, des propositions émouvantes pour dépeindre des milieux professionnels avec une acuité proche du docu-fiction. Pour ces nouvelles retrouvailles avec Adèle Exarchopoulos, Jeanne Herry s’attaque à un tout autre sujet en embrassant la fiction de manière plus frontale.
La vie de Garance
Garance nous invite ainsi à suivre le personnage éponyme campé par Adèle. Cette dernière est une actrice de théâtre à la petite semaine. Son quotidien est ainsi rythmé par ses représentations toutes plus variées, ses amourettes plus ou moins éphémères, des soirées en bars parisiens et son addiction à l’alcool. C’est dans ce contexte que l’on va suivre ce personnage sur 8 ans de sa vie !

Contrairement au ton sérieux et réaliste de ces précédents travaux, Jeanne Herry fait de Garance une véritable comédie. Sur un ton empli de légèreté, on se prend d’affection pour ce personnage auto-destructeur. La clé tient non seulement dans l’écriture, mais surtout du jeu d’Adèle Exarchopoulos. On connaissait déjà la faculté de l’actrice pour camper des protagonistes emplis de fêlures, et elle prouve à nouveau sa capacité à provoquer le rire au même titre qu’une emphase émotionnelle.
Le mantra de Garance en soit, alors que Jeanne Herry se sert du postulat de comédie dramatique pour infuser un regard inquisiteur vis-à-vis de l’alcoolisme. Pas de film didactique, pontifiant ou doloriste, la cinéaste conserve un regard empli de tendresse sur ces personnages. On notera par ailleurs une touchante romance avec le personnage de la toujours excellente Sara Giraudeau, amorçant le début d’une remise en question de Garance alors qu’elle expérimente le véritable amour.
Entre authenticité et légereté
C’est dans sa durée que le film bâtit par petites touches la nécessité de remise en cause du personnage : le cadre festif laisse ainsi place à la détresse personnelle. Delirium tremens, gueule de bois à répétitions, retards en tout genre… le postulat est simple mais efficace : Herry traite son sujet par la collatéralité. L’occasion pour elle de parler d’un sujet qu’elle a connu : la fragilité du métier de comédienne !

Sans surlignage encore une fois, on se range immédiatement du côté de Garance, dont la versatilité de jeu (y compris les métiers du doublage qui est mis en avant) se voit émiettée par l’addiction. L’œil captant le professionnalisme des corps de métier fait à nouveau mouche en offrant un cadre médical authentique pour illustrer la rédemption thérapeutique du personnage. En résulte ainsi une comédie dramatique qui réussit tout ce qu’elle entreprend, sans embrasser les clichés appuyés du genre.
Garance sortira au cinéma le 23 septembre 2026. Retrouvez tous nos articles du Festival de Cannes ici.
avis
Plus humble en apparence que les précédents travaux de Jeanne Herry, Garance est à nouveau une réussite pour la réalisatrice conjuguant comédie et drame authentique pour aborder la fragilité d'une comédienne rongée par l'alcoolisme. Un bon film, porté par une incandescente Adèle Exarchopoulos !