Disclosure Day marque le retour du grand Steven Spielberg à la science-fiction impliquant des extra-terrestres ! Le papa de Rencontres du Troisième type et La Guerre des Mondes signe ainsi un blockbuster touchant, convoquant plusieurs de ses obsessions, dans un écrin de mise en scène rappelant à tous les capacités de conteur du réalisateur.
Disclosure Day est le nouveau film d’un réalisateur qu’on ne présente plus. Les Dents de la Mer, Indiana Jones, La Liste de Schindler, Jurassic Park, Il Faut sauver le Soldat Ryan, Minority Report, Le Pont des Espions… la carrière du bonhomme sur près de 60 ans de cinéma est absolument dantesque ! Et après un sublime remake de West Side Story, ou le très bon The Fabelmans semi-autobiographique, le cinéaste revient à la science-fiction.
Spielberg à la poursuite du 3e type
Non pas que Spielberg ait lâché le genre (on lui doit après tout l’excellent Ready Player One), mais Disclosure Day renoue avec l’esprit de E.T. l’extra-terrestre et Rencontres du 3e Type dans le sens où il s’agit d’un récit complètement original traitant à nouveau de la possible présence d’aliens sur Terre. Fait rare pour le souligner : il s’agit d’une histoire imaginée par Spielberg lui-même, musclé ensuite d’un script par David Keopp (Jurassic Park, Spider-Man, Mission Impossible, The Insider).

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Disclosure Day suit ainsi deux protagonistes. D’un côté Daniel Kellner (Josh O’Connor), un hackeur travaillant pour une branche obscure du gouvernement, qui va devenir lanceur d’alerte après avoir volé des données sensibles concernant la possible présence d’une vie extra-terrestre. De l’autre Margaret Fairchild (Emily Blunt), une météorologiste qui va découvrir lors d’instants de transe qu’elle peut parler un étrange dialecte et se connecter aux pensées de n’importe quelle personne.
Disclosure Day distille ainsi du mystère vis-à-vis de l’implication des deux protagonistes, tout en s’articulant comme une course-poursuite de plus de 2h. Steven Spielberg ne perd jamais son sens aigu de la mise en scène, proposant régulièrement des plans-séquences si parfaits qu’ils ne sous sortent pas du métrage : une clarté scénographique qui fait mouche, en particulier lors d’une séquence de poursuite en voiture précédée d’un passage où Josh O’Connor se faufile près de barricades servant presque de supports des mouvements de la caméra et dans l’élaboration des lignes de fuite.
Humanisme venu d’ailleurs
Et si le film propose de l’action, notamment une intense séquence filant à toute vitesse sur le côté d’un train, Disclosure Day reste avant tout un récit où la progression émotionnelle des personnages et le déroulement de son narratif priment sur le frisson blockbusteresque. Après 20 minutes de métrage, le personnage de Daniel dévoile à celui de Eve Hewson (The Knick) les raisons de son combat.

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Et via ces révélations, Disclosure Day dialogue à un niveau plus universel avec le spectateur, à l’instar d’un Tomorrowland de Brad Bird. Le récit met alors en scène une quête pour la vérité face à l’obscurantisme et le contrôle des masses, et dont la véritable force motrice tient dans la nécessité du collectif. L’ouverture à autrui et la compréhension du dialogue irriguent ainsi la substantifique moelle d’un récit terriblement humaniste.
Un humanisme personnifié par le personnage d’Eve Hewson en ex-nonne remettant en cause les fondements de sa religion sans renier sa foi. Et c’est auprès de ce personnage que toute cette thématique se retrouve encapsulée via un concept de pure SF : le bad guy joué par un excellent Colin Firth use d’un artefact alien permettant d’investir l’esprit d’une cible à distance. Via un habile outil cinématographique (la couleur des yeux qui changent entre les deux personnages impliqués dans ce dialogue lorgnant vers le contrôle mental), c’est tout le combat idéologique du récit qui est invoqué jusque dans les chairs.
Script crypto-classique
Pour autant, le script de David Keopp avance sans éviter quelques heurts. En effet, et ce jusqu’à la fin du film, le spectateur devra sans nul doute laisser de côtés certaines questions en suspens (en particulier vis-à-vis du choix intra-diégétique de faire de Daniel et Margaret les véritables clés de l’intrigue), et accepter des facilités scénaristiques diverses sous la forme d’artefacts aliens. De quoi finalement proposer avec Disclosure Day une intrigue somme toute plus classique dans sa structure en ligne droite.

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Entre les mains d’un autre cinéaste, le script de David Keopp aurait sans nul doute accouché d’un film de genre honnête ou au mieux divertissant. Mais Steven Spielberg amène une implication du spectateur de chaque instant via un regard toujours au bon endroit pour diriger ses comédiens, mention spéciale à Emily Blunt (une performance passant par tout le spectre de l’émotion) et Colman Domingo (modèle de vertu personnifié) qui épousent à eux seuls l’autre atout de Disclosure Day : sa BO signée John Williams.
Le légendaire compositeur de Harry Potter et de Star Wars signe ici sa 30e collaboration avec Steven Spielberg pour un résultat des plus admirables. Mais plus que de grandes envolées auditives, la partition infuse une emphase émotionnelle sous-jacente, trouvant son point d’orgue dans un double climax où la nécessité du retour à l’innocence de l’enfance est la véritable clé d’un dialogue à l’échelle plus ample. De quoi faire de Disclosure Day un beau prolongement thématique d’E.T. l’extra-terrestre et Rencontres du 3e type, à travers ce plan final faisant office d’inquisition et de point d’exclamation en suspens. Un vrai et bon film de Spielberg, encore un !
Disclosure Day sortira au cinéma le 10 juin 2026
avis
Disclosure Day est une nouvelle réussite de Steven Spielberg, tel un prolongement thématique de Rencontres du 3e type. En résulte un thriller plus intimiste et humaniste que prévu, permettant de combler les trous de son script via l'emphase émotionnelle et la caméra du mâitre du divertissement.
