Après Booksmart et Don’t Worry Darling, l’actrice également réalisatrice Olivia Wilde signe son troisième long-métrage avec L’Invitation (The Invite). Un huis-clos aux dialogues savoureux, dopé par son quatuor de talent (avec Seth Rogen, Penelope Cruz et Edward Norton) pour sonder les non-dits du couple.
L’Invitation est donc le nouveau film d’Olivia Wilde, initialement présenté au Festival de Sundance. On connaît la réalisatrice pour sa carrière d’actrice (Dr House, Tron l’Héritage, Rush), et pourtant cela fait déjà quelques années qu’elle semble attachée à sa double-casquette. Après un charmant teen movie en 2019 (Booksmart), elle a pu passer par la case du mid-budget avec le sympathique mais imparfait Don’t Worry Darling en 2022.

Désireuse de revenir à un cinéma plus intimiste, Olivia Wilde s’associe avec le studio A24 pour L’Invitation, un film prenant le postulat de base d’une véritable comédie : le film s’ouvre via un montage parallèle présentant Angela (Olivia Wilde), s’affairant à préparé un dîner, tandis que son mari Joe (Seth Rogen) rentre de sa journée de travail. Ce dernier va découvrir qu’ils ont ce soir leurs voisins du dessus en invités : Pína (Penelope Cruz) et Hawk (Edward Norton).
Interactions pour un quatuor d’exception
Le point d’une confrontation à la fois comique et dramatique, alors que L’Invitation use à bon escient de son canevas des plus simples pour disséquer les fondations des deux couples respectifs. Olivia Wilde et son duo de scénaristes (Will McCormack & Rashida Jones) introduisent ainsi des interactions corrosives jouant habilement du comique de situation : Joe veut passer une bonne soirée tranquille, et a une faible opinion de ces voisins en apparence parfaits dont il entend les ébats gutturaux chaque soir. Un embryon de friction pour le couple, impeccablement véhiculé par les performances authentiques d’Olivia Wilde et Seth Rogen.

Mais plutôt que de rentrer dans un pur Carnage ou du vaudeville, L’Invitation déroule ces situations caustiques comme dans du Woody Allen de la belle époque (le personnage de Seth Rogen veut s’isoler en fumant un joint après avoir antagoniser ses invités, ce qui le conduira à se rapprocher de la sexologue divinement jouée par Penelope Cruz) pour mieux disséquer les fondations relationnelles des deux couples. En confrontant les deux duos, Olivia Wilde filme la tentation et la perspective d’un renouveau via ce couple libertin impeccablement interprété par ses comédiens (on avait d’ailleurs pas vu Edward Norton aussi bon depuis très longtemps).
Cinéma de la maturité pour Wilde
Les dialogues sont savoureux, le quatuor d’un naturel et d’une maîtrise déconcertante, la photographie pellicule d’Adam Newport-Perra (The Studio)… La principale limite de L’Invitation tiendra peut-être dans sa finalité attendue, tout en se servant de son contexte légèrement sulfureux pour amener une morale galvaudée. Mais malgré ses sentiers battus, le film d’Olivia Wilde trouve toujours le ton juste, entre rire et drame, pour sonder les aléas de la crise de la quarantaine.
De quoi offrir un ticket gagnant pour l’actrice-réalisatrice, alors que L’Invitation tort efficacement les codes de la comédie romantique et du « cinéma de papa » pour offrir une proposition incarnée, accessible mis néanmoins mature. Une vraie bonne pioche tout simplement !
L’Invitation sortira au cinéma le 16 septembre 2026
avis
Avec L'Invitation, Olivia Wild officie devant et derrière la caméra pour emballer avec justesse cette comédie dramatique sondant le couple quadra de manière juste et caustique. Une réussit, que l'on doit avant tout à son impeccable quatuor de comédiens !
