Critique Shang-Chi : L’uppercut de Marvel

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Marvel Studios et Disney reviennent en grande pompe dans les salles, après la déception de Black Widow, avec son tout nouveau héros Shang-Chi. Un voyage des plus rafraîchissant mais qui reste perfectible. 

Shaun, alias Shang-Chi, est à première vue un voiturier à San Francisco menant une vie simple et sans objectif avec son ami Katy. Mais son passé trouble le rattrape lorsque son père Wenwu, chef de l’organisation criminelle des dix anneaux, le traque pour le ramener au sein de son clan. Shang devra alors affronter son paternel pour contrecarrer ses plans. 

Le 25ème film du MCU avait tout aux premiers abords pour se ranger du côté des Marvel mineurs tels que Ant-man ou Captain Marvel. Son intrigue plus réduite d’origin story sur un personnage très méconnu, son matériel promotionnel balbutiant (quelle horreur ces affiches) et son arrivée après l’insignifiant Black Widow ne permettait pas de créer une énorme hype. Et peut-être pour le mieux puisque le film s’avère être LA surprise du studio ! 

A l’instar d’un Black Panther, la mise en avant d’une culture différente donne une nouvelle saveur à la sauce Marvel. Assaisonné au Zhang Yimou, Tsui Hark ou encore Bruce Lee ; le réalisateur Destin Daniel Cretton digère ses inspirations pour le meilleur. Les chorégraphies sont (pour une fois) aux petits oignons avec un Simu Liu qui s’investit pleinement dans ses performances physiques. Cela s’impacte sur la réalisation des combats qui favorise des plans longs et fluides. Leurs mises en scène flirtent du côté de Jackie Chan (pas aussi abouti, faut pas pousser) avec une interaction plutôt maline des décors. L’intelligence des chorégraphies est telle qu’elles ne sont pas seulement fonctionnelles pour l’action mais accèdent à un degré de lecture supérieur pour narrer les relations entre les personnages par le mouvement. 

La photographie de Bill Pope offre des photogrammes marquants tandis que la direction artistique, de par ses inspirations orientales, permet un véritable renouveau et dépaysement bienvenu au sein de l’américanocentrisme habituel du MCU. Sans grande surprise, la partition musicale de Joel P West mêle les sonorités typiques chinoises et américaines de façon un chouilla clichée (elle n’est pas sans rappeler l’OST de Kung Fu Panda) surtout lorsque l’on sait que les blockbusters chinois actuels ont des bandes originales plutôt américanisées. Elle reste cependant efficace et originale au sein du l’empire super-héroïque de Disney. 

Beau mais con

Mais si la forme du film est un véritable succès, l’écriture, elle, reste très bancale. Et cela n’est pas surprenant lorsque l’on voit qu’un des scénariste principal est Dave Callaham responsable entre autres de Wonder Woman 1984 et Mortal Kombat. Ça donne la couleur. Le récit est en effet très déséquilibré avec une première partie très rythmée où le personnage doit surmonter des péripéties tout en avançant pour démêler un mystère avant que celui-ci ne soit résolu en milieu de film. Vient alors un énorme ventre mou narratif où le personnage attend littéralement le climax, comblé par un pseudo développement psychologique et des thématiques du film sur la transmission parentale. Intention louable mais très mal exécutée, la réflexion n’étant pas assez aboutie pour être passionnante à suivre (ça reste du Marvel) et pallier à l’absence de nœuds scénaristiques

Les moteurs du récit restent très fragiles, la première partie étant poussée par l’envoi d’assassin de la part de Wenwu envers Shang, alors qu’il n’a en fait pas pour but de le tuer. Dans la seconde, le véritable objectif de Wenwu est révélé et causé par une petite voix dans sa tête qui défie la raison même. Un tropes de scénario qui était déjà hasbeen dans Spider-man 2 en 2004. Fort heureusement le charismatique Tony Leung arrive à donner une profondeur dramatique à son personnage qui en fait un antagoniste bien plus nuancé qu’il n’y paraît. 

A sa grande habitude, Marvel délaisse à son climax tout le côté chorégraphique pour verser dans un déluge de CGI. Même si la mise en avant d’éléments d’heroic fantasy asiatique apporte un vent de fraîcheur dans ce final explosif techniquement très solide, narrativement cela peine pleinement à convaincre puisque nos héros ne sont plus moteur de l’action, laissant des grosses bébêtes se taper dessus à leur place. Ce qui nuit malheureusement au plein investissement émotionnel et aux enjeux dramatiques. 

Ce Shang-Chi et la Légende des Dix Anneaux est alors tiraillé entre renouvellement bienvenu et grosse maladresse d’écriture, ce qui en fait un blockbuster encore une fois plus que perfectible. Cependant un véritable effort communicatif se fait ressentir dans ses inspirations, la mise en scène de son univers, ses chorégraphies de combat. Les intentions semblent alors pleinement réussi malgré les défauts, en offrant un nouvel opus du MCU qui arrive à trouver sa propre identité. Et ça, on achète. 

Shang-Chi et la Légende des Dix Anneaux est sorti le 1er septembre au cinéma.

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