Metal Gear Solid Master Collection Volume 2 donne à voir la grande mue de la saga pour continuer à perdurer.
Metal Gear Solid Master Collection Vol.2 compile deux jeux de la saga principale et un spin off. Nous retrouvons Snake vieillissant dans MGS IV, initialement sorti sur PS3, Peace Walker, paru en 2010 sur PSP et Ghost Babel atterrissant directement depuis la Gameboy Color. Un beau mélange qui donne à voir l’évolution progressive de la saga, depuis l’infiltration pure à une recette qui tente de s’adapter à son temps en y incorporant toujours plus d’action.
Infiltration : erreur tactique
Cette compilation revient sur des systèmes de jeu qui atteignent les limites de l’infiltration et préfigurent le monde ouvert de MGS V. MGS IV Guns of the Patriots se place à l’orée du jeu d’action, en ouvrant la voie au combat frontal. Sorti sur PS3 en 2008 en plein boom des FPS (Call of Duty, Battlefield…), il fallait absolument proposer quelque chose qui colle aux standards du temps. Cet opus fait ainsi office de transition entre les titres parus sur PS2 qui se cantonnaient à de l’infiltration pure. Se cacher, attendre le moment opportun pour traverser une zone sans être repéré et neutraliser les ennemis de manière silencieuse était règle d’or. Désormais, nous croisons des PNJ qui ne nous voudront pas toujours du mal. Et l’arsenal fourni pousse nécessairement à titiller la gâchette.

De son côté, Peace Walker fait directement suite à MGS3. Tant dans les décors que dans les mécaniques de jeu, il s’en tient à la recette initiale de la saga. Mais il y a un mais. Sorti un peu plus tard, en 2010, il doit aussi s’adapter aux standards de l’époque. Il se dote ainsi d’un mode multi-joueurs pour réaliser ses missions. Lequel se montrera particulièrement utile (pour ne pas dire quasiment indispensable) pour venir à bout des combats de boss. En effet, Peace Walker n’a rien trouvé de plus subtil que de devoir descendre des tanks au fusil d’assaut. Ça a bien changé l’infiltration…
Je pense donc j’infiltre
Si cette compilation montre clairement le dilemme qui s’impose à elle en terme de gameplay, pour se renouveler sans perdre son essence, les scénarions de Hideo Kojima ne perdent rien de leur intensité géopolitique et militaire. Peace Walker prend place au coeur de la guerre froide, en amérique latine dans les années 70. Entre menace nucléaire, géopolitique de la banane et le spectre du Che, cet épisode PSP n’a absolument pas été négligé ! MGS IV, lui, nous propulse 2014, dans un monde où le business de la guerre est géré par des sociétés privées et contrôlé par les nanotechnologies.

Graphiquement, cela se traduit, évidemment, par les cinématiques de MSG IV qui tirent pleinement parti des capacités de la PS3. Le passage à la haute définition reproduit la claque cinématique que l’on s’était déjà pris sur MGS II, qui inaugurait les prouesses graphiques (pour l’époque) de la PS2. Tandis que Peace Walker contourne très habilement les limitations de la PSP, avec des passages narratifs sous forme de BD et incluant des QTE.
Solide comme un roc
Cette compilation Metal Gear Solid retrace l’évolution de la saga et sa crise existentielle à la sortie de ses deux opus phares sortis sur PS2. Les temps ont changé, l’action, le tir et le multijoueurs prennent une place croissante du marché. MGS IV et Peace Walker nous replongent ainsi en ces temps troubles pour la saga; comment se renouveler sans se trahir ? Malgré quelques petits ratés comme les missions contre les tanks de Peace Walker, on prend évidemment un plaisir certain à nous y replonger grâce à leurs intrigues, elles, intemporelles.
