Guilty Gear Strive a propulsé la saga dans la cour des grands, comme en témoigne cette nouvelle mise à jour majeure 5 ans après le lancement du jeu.
Guilty Gear est longtemps passé sous radar, relégué au statut de jeu de combat mineur et obtus. Pour cause, cette licence créée en 1998 se fondait sur une recette en 2D et un gameplay basé sur le airdash, la capacité d’effectuer des actions en saut. Mais tout a changé en 2017, avec Dragon Ball FighterZ, car cette claque vidéo-ludique est attribuée à … Arc System Works, le développeur historique de Guilty Gear. Propulsé sur le devant de la scène, le studio a profité de ces rentrées d’argent pour mettre en avant sa licence phare, Guilty Gear. Et voici né en 2021, Guilty Gear Strive, un 25e opus qui revoit la copie, tout en tirant partie des forces historiques de la licence.
Changement radical de cap
En main, Guilty Gear Strive marque par sa facilité. Autrefois l’apanage d’une niche d’initiés en quête de raffinement et de perfectionnement technique, cette saga s’ouvre à un public beaucoup large. Par sa palette de coups simplifiés, Strive peut frustrer les vieux de la vieille. Moins profond, moins jouissif, moins éclatant… les amateurs de jeux de combat ont aussi fait les frais d’une simplification délétère sur Storm Connections, notamment. Malgré tout, le jeu reste particulièrement agréable à jouer par sa fluidité et la beauté de ses graphismes.

Comme évoqué, en 2017, Dragon Ball FighterZ retourne la scène du jeu de combat en proposant une claque visuelle en 2,5D. Arc System Works en a bien profité pour calquer le même modèle sur Guilty Gear. Bijou de maîtrise visuelle, le cell shading et les charadesigns frôlent la perfection. En revanche, les sprites beaucoup trop larges et criards entachent grandement la visibilité des combats. Nous regrettons aussi la pauvreté de la bande-son, pourtant clé de voute de la nervosité d’un jeu de combat (souvenons-nous des OST électrisantes de Tekken Tag Tournament ou Dead or Alive 4…).
Pari casse-cou
Plus facile, mais non moins exigeant, le mode histoire de Guilty Gear Strive sera l’occasion de maîtriser non moins de 120 techniques. Toutefois, repassons sur la qualification de mode histoire maîtriser la technique, une cinématique se déclenche. Répétons l’exercice 120 fois et nous obtiendrons un film d’environ 4 heures concluant de nombreux arc entamés dans les opus précédents, notamment sur l’origine des Gears. Nous repasserons pour une expérience fun en solo.

En effet, Strive est particulièrement taillé pour le multijoueur. En témoigne sa récente mise à jour majeure et se nombreux season pass, le plaisir est fait pour durer chez Arc System Works. Depuis son lancement en 2021, le titre se targue de plus de 3,5 millions de joueurs, de nombreux personnages ajoutés au roster et tout autant de rééquilibrages de gameplay. Dans la mesure où chaque personnage dispose de caractéristiques bien uniques et de coups spéciaux tout aussi recherchés (comme dans tout bon King of Fighters), on n’a pas fin d’entendre parler de lui !
Strive clivant
Avec Guilty Gear Strive, Arc System Works a réussi un petit miracle. Passée de licence de l’ombre, elle partage désormais l’affiche avec les gros poissons historiques (Street Fighter, Tekken…). Et nous ne pouvons que saluer les prouesses graphiques du titre et sa fluidité extraordinaire. En revanche, une telle simplification de gameplay reste clivante, car elle bride le sensationnalisme des combats, pourtant central en e-sport. En tout cas, espérons que ce beau succès ruisselle vers les autres sagas du studio, BlazBlue ou Kill la Kill, qui méritent tout autant leur quart d’heure de gloire !
Sorti en 2021 sur PS4/5, Xbox One/ Series X|S et PC, Guilty Gear Strive a bénéficié d’une mise à jour majeure en avril 2026.
Avis
Guilty Gear Strive rompt avec la rudesse historique du gameplay de la saga pour s'ouvrir à un plus large public. Les amateurs de technique et de perfectionnement devront se brider quelque peu et se contenteront d'un manque de profondeur certain, malgré le large panel de techniques. Mais, en dépit de ce gameplay appauvri, le jeu se rattrape par des graphismes et une fluidité à couper le souffle.
- Gameplay
- Graphismes
- Durée
- Scénario
- Bande-son
