[Critique] L’Apollonide. Souvenirs de la maison close

Bertrand Bonello aime les sujets où le corps et la chair sont autant de thématiques à explorer. Avec cette Apollonide, il pousse même sa ligne directrice encore plus loin en plongeant directement dans le quotidien d’une maison close.

Si le souvenir est présent dès le sous-titre, il ne faut pas y voir une quelconque forme de nostalgie. Le métrage est bien plus qu’une simple convocation. Il est richesse.

En montrant élégance et raffinement dans le décor et le costume, le cinéaste veut avant tout rendre une prestance à ces femmes admirables qui ne font qu’obéir à des hommes d’une lâcheté palpable. En jouant sur un cadre constamment travaillé et sur un montage-son complexe où règne le sublime anachronisme, Bertrand Bonello scrute une mélancolie forte et une condition humaine en déliquescence. C’est, finalement, l’intégralité du système de représentation qui donne à la Femme une dignité et une existence fortes.

Le spectateur ne peut alors qu’être bouleversé par cette proposition surtout quand un collectif d’actrices est si magnifique et que le dernier plan, bouleversant et perturbant, rappelle que le cinéma peut être à la fois vecteur de réflexion et d’émotion. L’Apollonide est l’un des plus grands films français de ces dernières années.

L’Apollonide est sorti au cinéma le 21 septembre 2011

Article écrit par Thibaut Fleuret

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