Critique Harlots saison 1 : fantasme pour filles, sans joie…

Harlots, la série de Koba Films, nous entraîne au cœur de deux maisons closes de luxe, parmi le quotidien et la rivalité de prostituées londoniennes.

Créée par Alison Newman et Moira Buffini et inspirée par The Covent Garden Ladies de Hallie Rubenhold, cette série de la plateforme Hulu (The Handmaid’s Tale…), avec au casting Jessica Brown Findlay (Downton Abbey…), avait ce qu’il fallait pour capter notre curiosité…

Dans ce Londres de 1763, « une femme sur cinq gagnerait sa vie en vendant du sexe ». Semblant vouloir donner un semblant de crédibilité historique,
Harlots (prostitué en anglais) part d’un postulat tiré d’on ne sait quelle étude. Première bavure. C’est cette théorie que la série semble porter de bout en bout. Si notre esprit critique en souffre un peu, on accepte l’idée, pourquoi pas…

Le générique passé, on se retrouve plongé dans un Londres fantasmé, trop propre, trop récuré, où la prostitution se fait polie, embellie. Rien à l’image ne semble se rattacher à un semblant de réalité historique. Voici pour le second heurt. Mais le pire reste à venir…

Harlots te vend du rêve…

Dans les premiers épisodes, tandis que sa mère gère son lupanar, la jeune Lucy attend son futur de prostituée avec une quasi impatience. Un message plutôt surprenant lorsque l’on sait à quel public s’adresse la série. Mais en effet, la violence, le désespoir, les maladies, inhérents à ce métier se cachent bien au milieu de tant de soieries, de poudres et de préservatifs on ne peut plus simples à se procurer. Tout est tout à fait normal…

D’ailleurs, le plus vieux métier du monde serait-il la seule voie viable financièrement ? C’est ce que semble vouloir nous faire croire le show. Tous les destins, de la femme de la petite noblesse à l’esclave, se rejoignent dans un pieu, à la merci de ces messieurs. Nulle ne semble même pouvoir envisager une autre vie. Ainsi, si certains discours se voudraient progressistes (relations homosexuelles, féminisme revendiqué mais mal présenté…), l’ensemble du scénario semble au contraire dire que les femmes ne sont bonnes qu’à se vendre et à chercher l’argent éperdument.

Vilaine fille

Au delà du réalisme foiré, d’autres points encore chiffonnent dans ce pâle ersatz de Maison Close (Canal +). Vilaine copie de Mémoire d’une Geisha sur de nombreux aspects, la série n’arrive pas à se suffire de son sujet. On pourrait croire que les bordels se prêtent pourtant bien à de multiples ramifications, mais délaissant le développement de l’histoire de ses personnages, Harlots préfère faire appel à un vulgaire meurtre nobiliaire pour tenir le spectateur en haleine.

Mais même ici, prévisible, le show ne parvient ni à convaincre ni à vraiment nous tenir en haleine. Au final on ressort déçu et dégoûté de tant de mièvreries.

Harlots est sorti en vidéo le 20 mars 2019. La Saison 2 sortira le 5 juin 2019. La Saison 3 est en tournage.

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Ida Gonthier

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