[Critique] Only Lovers Left Alive, Jarmusch et les vampires cannois

Ajouté à la compétition cannoise de 2013 in extremis, Only Lovers Left Alive a été présenté par Jim Jarmusch lui-même comme une comédie romantique. Une annonce juste, mais incomplète, tant le long-métrage mélange les genres et les tonalités avec une maîtrise toute singulière.

Traversé par une atmosphère planante que les riffs de Jozef van Wissem électrisent avec génie, le long-métrage est d’abord un exercice de style admirable qui s’évertue à radicaliser un sujet maintes fois traité. En suivant deux amants vampires au romantisme absolu (le 18e siècle est souvent cité en référence), Jarmusch rafraichit le mythe par un usage régulier du second degré et de la référence complice, quand il n’use pas d’un symbolisme simple, mais percutant. Sa mise en scène est d’une précision diabolique et se dote d’un esthétisme au maniérisme délicieux, multipliant les analogies de personnage par le biais d’un montage parfait.

N’ayant peur ni des digressions ni des apparents flottements, Only Lovers Left Alive est une sorte d’ofni parfois agaçant par son rythme bien à lui. Pour autant, il y a là une singularité qui donne à voir un peu de neuf au milieu d’un cinéma de genre poussiéreux. Et ça, c’est plutôt réjouissant.

Only Lovers Left Alive sort le 19 Février 2014 en salles.

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