Critique American Gods saison 3 : Love and Thunder

Si on avait zappé de s’attarder sur le premier épisode, on se devait de revenir sur l’ensemble de la saison 3 de American Gods, toujours aussi magnétique.

Face aux révélations familiales entourant Shadow Moon, la guerre entre les nouveaux et les anciens Dieux prend un tournant décisif, ou presque. La série de Starz, diffusée chez nous sur Amazon Prime, vient de conclure sa troisième saison qui, si elle ne fait pas l’effet de la première, reste un très bon cru télévisuel, mieux que la deuxième. Riche et complexe, American Gods est un met raffiné qu’on s’est empressé de déguster.

Critique American Gods saison 3 : Love and Thunder
©facebook/americangods

Toujours adaptée des romans éponymes de Neil Gaiman, où théologie et irrévérence iconoclaste se tutoient perpétuellement, American Gods continue son bonhomme de chemin, faisant fi des traditionnelles séries en forgeant son propre style, sa propre mythologie. Nouveau showrunner, Charles H. Eglee succède à Jesse Alexander et aux créateurs du show, Michael Green et Bryan Fuller, pour continuer à imager selon l’ambiance de ce dernier un produit télévisuel léché, même si sa narration frise parfois l’excès de capilotraction pour pas grand-chose.

Fantasmagorie

On va essayer de ne pas trop spoiler cette troisième saison de American Gods, même si l’entreprise sera risquée vue les révélations impliquées. Déjà, pour rester sur une base saine, on va commencer par ce qui nous semble toujours un peu éberlué dans le show de Gaiman. Déjà, c’est lent. Très lent. Les rebondissements sont certes passionnants et on aime quand le show prends son temps pour dévoiler toute son ambiance si caractéristique. Cependant, à l’instar de la deuxième saison, cette troisième souffre d’un rythme languissant, surtout que la complexité et le brouillard narratif sont levés pour nous offrir de belles scènes très compréhensibles. D’où notre désappointement quand on nous fait lentement temporiser pour des évidences.

Surtout que la série s’embrouille d’arcs narratifs un peu inutiles comme l’enquête policière sans grand intérêt autre que celui de nous faire perdre du temps. De plus, et ce sera à peu près tout ce qu’on reproche à American Gods, eh bah ce sont ses dieux. Ainsi, certains dieux européens se retrouvent forcément délocalisés sur le territoire américain, parce que pourquoi pas. C’est bien connu, Odin et Déméter notamment, y avaient une maison de campagne. Des broutilles on vous l’accorde, mais quand la série prend un malin plaisir à ériger les États-Unis comme terre du polythéisme, on se gausse. Voilà, place aux louanges.

Critique American Gods saison 3 : Love and Thunder
©facebook/americangods

L’émancipation du personnage principal est somme toute attachante, proposant de nouveaux horizons et des développements individuels sympathiques, même s’ils ajoutent au ralentissement scénaristique de l’ensemble. De même l’arc narratif de Odin tend à humaniser le protagoniste, en lui donnant un fils, une ex-femme, un deuil… de quoi développer son écriture et offrir à Ian McShane, impérieux, de beaux moments d’acting. A ce titre, on remercie (les dieux ?) de nous personnifier Danny Trejo comme reflet de Crispin Glover, un duo remarquable, et remarqué, dont le dernier vient enfin de dévoiler sa véritable identité, mais chut, on ne vous a rien dit.

Aussi, cette troisième saison de American Gods fait la part belle aux Orishas, les divinités afro-américaines originaires de l’Afrique de l’Ouest apportées avec les esclaves lors de la traite des noirs. L’occasion pour la série de s’offrir de nouvelles aspirations théologiques, de nouvelles incarnations magnétiques et irrésistibles dans des hallucinations collectives et communicatives incroyables. Des chants et danses tribales dégoulinants de beauté et de mysticisme délicieux qui sont autant de respirations bienvenues dans une intrigue dorénavant dépaysante.

Critique American Gods saison 3 : Love and Thunder
©facebook/americangods

Quant à la réalisation, elle est tout simplement magnifique ! Si aucun des noms derrière la caméra n’est le même selon les épisodes, le showrunner fait ici un travail fabuleux pour nous offrir une consistance folle. La qualité graphique de l’ensemble dégouline de symbolisme et métaphores tout en personnifiant les peurs, fantasmes et progrès de l’humanité, de ses plus terribles bassesses à ses aspirations les plus pures. Pour ce faire, la mise en scène propose des animations en CGI délicieuses, magnifiées par une reconstitution parfaitement détaillée ou des élans érotiques en double exposition sans oublier des séquences entières de VJing éclaboussé directement sur le murs. C’est sensuel, c’est magique, c’est une élévation visuelle étonnante.

Si la saison 3 de American Gods annonce une belle fin de règne pour certains dieux, elle s’apparente surtout à un nouveau rite de passage qui s’arme d’une belle fin ésotérique, parfaite pour attendre avec impatience la prochaine échappée mystique.

La saison 3 de American Gods est disponible sur Amazon Prime Video.

(Visited 361 times, 361 visits today)

Avis

8 hallucinante
  • User Ratings (0 Votes) 0

About Author

Axel PC

Entre deux passages sur le billard pour ressembler à l’arme X, ce créateur marginal allie réalisation et graphisme à l’écriture pour s’évader vers une galaxie lointaine. À l’affut de toute image mouvante, sa passion pour le cinéma et les séries ne s’estompe que pour fragguer quelques noobs.

Leave A Reply