[Critique] Paula : une ode à la peinture en demi-teinte

La froideur des paysages enneigés ou la douce lumière de la fin de l’été, Christian Schwochow (De l’autre côté du mur) s’est appliqué sur la photographie afin de nous immerger dans le monde de la peinture. Si Paula bénéficie d’une grande qualité d’image, le film perd ensuite de son inspiration dans le traitement de son héroïne.

Paula Becker, une artiste sans cœur ? Tout au long du biopic, la jeune femme paraît insensible et détachée. Le réalisateur fait d’elle un monstre d’égoïsme, uniquement intéressée par son ambition et sa réussite. Si l’on conçoit que l’artiste délaisse les autres au profit de son art, on l’imagine difficilement aussi imperméable aux sentiments humains. Les proches de Paula débordent de souffrance et d’amertume. Elle, ne dégage rien d’autre qu’une mécanique rageuse du pinceau.

Une interprétation qui manque de couleurs. Julia Juri, drapée dans sa blouse, peine à faire illusion. L’actrice ne trouve pas les nuances nécessaires. Trop fade ou trop excessive. Elle tente difficilement d’incarner l’artiste allemande à coup de rires forcés et de dédain assumé, mais ne parvient jamais à trouver le juste milieu. On assiste alors à la lutte désespérée d’une comédienne face à la grandeur de son personnage, loin de la révolution picturale attendue.

Paula sort le 1er mars 2017 dans les salles.

Avis

5,5 Un biopic un peu pâle
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