[Critique Théâtre] Adagio Maladie, danse malade à deux

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En un coup d’œil novice, on pourrait se dire qu’une danse se vit au travers du mouvement de ses interprètes. Dans la vie pourtant, il est des moments douloureux que l’on traverse en trouvant les mots justes, après une longue et difficile convalescence. Anne Sultan prend sa plume pour faire danser pareil langage, expression crue et autobiographique d’une Adagio Maladie qui ronge ses deux interprètes de l’intérieur.

Une danse qui se parle. Dès les premiers instants, la scène où se joue cette pièce grave n’accueille que ses deux comédiens en haute voltige émotionnelle. Les mots sont coupants et désordonnés, en accord ou désaccord avec deux corps qui tentent de trouver un équilibre fragile. Le procédé, peu aimable de prime abord, adopte comme pour mieux en conjurer le sort la peau souffreteuse d’une maladie qui ronge et détruit.

Une gravité digne et juste. Adagio Maladie propose à son spectateur d’observer de front les soubresauts d’une lente renaissance. En cela, le voyage qu’il offre est unique et intègre alors qu’il laissait craindre bien du pathos. Il permet surtout à ses deux interprètes de livrer une danse des mots inédite. Dédié(e)s corps et âme aux rôles, France Hervé et Frédéric Prévost font briller par leur talent cette histoire narrée les yeux droits devant.

Adagio Maladie sera en représentation les 8, 9 & 10 juin 2017 au théâtre Le Magasin à Malakoff.

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Avis

8 Dure vérité
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À propos de l'auteur

Emyr Phœnix

Shooté au cinéma depuis son plus jeune âge, c’est avec une insatiable curiosité qu’il guette le prochain rubis filmique susceptible d’être révélé. Même si ça ressemble à une aiguille dans une botte de foin.

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