Critique Relic : tu redeviendras poussière, ma fille…

Quelques mois après la sortie de The Room, c’est au tour de Nathalie Erika James de nous proposer un huis-clos fantastique. Pour son premier film, la réalisatrice a en effet choisi d’observer l’évolution de trois personnages féminins dans une maison qui semble les rendre folles. Porté par un casting intéressant, Relic a été présenté au festival du Sundance.

L’histoire de Relic prend place dans une maison de la campagne australienne. Il s’agit de la demeure d’Edna, où se rendent Kay, sa fille, et Sam, sa petite-fille, de peur que la vieille femme ait disparu. Celle-ci resurgit soudain un matin avec d’étranges marques sur sa peau et aucun idée de là d’où elle vient. Un scénario très commun qui s’épaissit un peu au fil des cauchemars de Kay et de l’apparition de traces sur les murs. L’atmosphère fantastique s’installe alors progressivement. Lentement mais sûrement, la présence d’une entité dans la maison se fait de plus en plus sentir.

Critique Relic : tu redeviendras poussière, ma fille...
©Screen Australia ©Film Victoria ©Nine Stories Productions ©AGBO ©Carver Films

De grandes ombres dans les coins, des coups sourds venant des murs… De vielles astuces du cinéma d’horreur qui fonctionnent ici très bien. Associé à une colorimétrie assez terne et froide, le décor de la maison paraît presque prendre vie. Quelle est donc cette chose qui ronge la maison ? Le film atteint son climax avec une séquence très claustrophobe et bien filmée où la maison finit par enfermer la jeune Sam dans un simili-cercueil. L’ambiance générale feutrée et la tension montante permettent de rattraper quelques scènes un peu longues.

The Haunting of my australian house

Difficile de passer à côté de certaines références lors du visionnage de Relic. La maison hantée reste un thème vieux comme le monde, traité à merveille dans des dizaines de films ou séries. The Haunting of Hill House en demeure un très bon exemple. Les ombres noires mouvantes et les grands bruits venant des profondeurs de la maison rappellent l’excellent Mister Babadook. Le concept de pièce maudite fonctionne un peu comme dans The Room. Enfin, la séquence où les murs enferment progressivement Sam évoque clairement l’un des films cultes des années 2000, Cube.

Critique Relic : tu redeviendras poussière, ma fille...
©Screen Australia ©Film Victoria ©Nine Stories Productions ©AGBO ©Carver Films

De solides références pour un long-métrage qui tient la route mais manque peut-être encore un peu d’une réelle personnalité. En effet, tous ces clins d’œil se révèlent très voyants et c’est sans doute ce que les spectateurs reprochent au film, en dehors de quelques scènes un peu traînantes.

Relic: la malédiction de la vie

Véritable métaphore du cycle de la vie, Relic semble présenter la mort comme une malédiction. Transmise de génération en génération, immuable, elle constitue la seule issue possible. Cauchemars morbides, plaies grandissantes impossibles à soignerNathalie Erika James laisse deviner une obsession personnelle bien illustrée. La famille brisée se recomposant devant la fatalité de la conclusion dresse néanmoins un tableau assez prévisible.

Critique Relic : tu redeviendras poussière, ma fille...
©Screen Australia ©Film Victoria ©Nine Stories Productions ©AGBO ©Carver Films

Point de surprise dans Relic. Traité avec une sincère sensibilité et fort de ses références cinématographiques, il ne tombe jamais dans le scénario totalement attendu. Contrairement à Insidious et autres dossiers Warren, cette œuvre demeure suffisamment personnelle et constitue une bonne entrée en matière pour sa réalisatrice.

Relic est sorti au cinéma le 7 octobre.

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Léa Butel

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