Critique Nobody : Better Call Henry…

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L’équipe de John Wick tente d’étendre son concept avec Nobody, un actionner virulent avec Bob Odenkirk, pas si hardcore que prévu.

Blasé, un père de famille sans histoire va pourtant rentrer dans le lard de malfrats patibulaires, mais presque. Après Atomic Blonde et prochainement le reboot de Highlander, la team derrière la lucrative franchise John Wick accouche d’un nouveau film coup de poing, Nobody, assumé mais évidemment loin de révolutionner le genre déjà bien balisé.

Critique Nobody : Better Call Henry
©Universal Pictures

Imaginé, écrit et produit par Derek Kolstad, auteur d’œuvres philosophiques avec Dolph Lundgren comme One in the Chamber ou The Package, le bonhomme est passé à la postérité en faisant de Keanu Reeves un fringant assassin adept de gun-fu et nous offre maintenant Nobody. Ainsi, on retrouve également David Leitch à la production de cette virée musclée, forcément, avec cette fois Bob Odenkirk en inattendu briseur de môlaires et Ilia Naïchouller en réalisateur, fort de l’originalité de son Hardcore Henry. Soit un film qu’on se devait de regarder, en amateurs de torgnoles qui se respectent.

Softcore Hutch

Déjà, c’est plaisant. D’une durée assez courte de 92 minutes, le film ne présente que peu de temps morts, et l’action (on y reviendra) est évidemment le point central de ce Nobody. Or même si l’ensemble prend du temps à se mettre en place, histoire de bien montrer le quotidien dénué d’intérêt d’un monsieur Tout-le-monde, on comprend qu’il s’agit de reculer pour mieux sauter. Présentation rapide de la famille banale, des enjeux, c’est alors qu’une introduction sous la forme d’une séquence de home-invasion lance le film comme John Wick pour finalement prendre un tout autre chemin. Un bon point. Du moins, pour l’instant parce que bientôt notre bonhomme qui réfrène ses pulsions violentes croisera des méchants russes et là c’est le drame.

Critique Nobody : Better Call Henry
©Universal Pictures

L’originalité principale sera aussi de nous offrir un pendant presque comique à un bourrinage familier, un contrepieds narratif qui tend à décrédibiliser la sauvagerie à laquelle on aura bientôt le droit, pour verser dans l’actionner décontracté. Les apparitions de Christopher Lloyd, parfait en papi sénile et dans un dernier acte complètement frapadingue, apportent une touche sympathique et rafraichissante à l’ensemble qui reste cependant, en dehors de ces exemples, très codifié, sans autre personnalité que celle d’humaniser un peu ses protagonistes et où ni la forme ni le fond ne viendra véritablement faire de ce Nobody la révolution musclée qu’on nous vendait.

En effet, sorti de ces digressions, le long-métrage de Ilia Naïchouller est très classique, sa formule déjà-vue mille fois. Si l’addiction à la violence est certes abordée, elle n’est en aucun cas gage de renouveau scénaristique et n’agira jamais comme moteur principal de l’histoire, trop vite enfouie dans les stéréotypes de ce genre de métrages. Le film n’est qu’un unique flashback pour situer les évènements qui conduiront à la renaissance de Odenkirk, qu’on adore, mais qui n’est ici pas toujours très crédible en casseur de clavicule. Sa stature famélique apporte un contraste agréable aux coups de poings agressifs, mais lesdites séquences de bastons paraissent trop chorégraphiées pour paraître naturelles, surtout qu’on connaît maintenant les tenants et les aboutissants de ce genre de productions virulentes.

Critique Nobody : Better Call Henry
©Universal Pictures

A ce titre, on espérait du réalisateur de Hardcore Henry une mise en scène personnelle, celle avec une caméra subjective pour coller au plus près des mandales de ses protagonistes. Or ce Nobody reste finalement très sage dans ses propositions visuelles, donnant l’impression, et c’est le cas, d’un film de commande très basique où le quotat de scène d’action est d’emblée imposée par un cahier des charges bien rompu aux clichés du genre, notamment avec les méchants russes patibulaires et les petits chatons mignons. Ça manque de peps, de personnalité.

Manger des pains, d’accord, mais avec goût et classe c’est quand même meilleur et ce Softcore Henry n’est en fin de compte qu’un nième film du genre, un Nobody déjà oublié.

Nobody sort en salle ce mercredi 2 juin.

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