Critique livre – À la table zen : un esprit sain dans un corps zen

« Si les hommes apprenaient à partager et déguster des repas cuits dans la même marmite, leurs liens se resserreraient et le monde pourrait régler bien des problèmes qui l’agitent aujourd’hui. « 

À la table zen nous propose, à travers la découverte des préceptes de l’alimentation zen, de purifier notre corps et de nous réconcilier avec le monde qui nous entoure.

Seigaku est un jeune moine zen formé au temple Eihei, au Japon. Dans ce livre intéressant et plein de bon sens, il nous initie avec humilité aux préceptes de l’alimentation zen. À travers sa propre expérience et celle des maîtres desquels il s’est inspiré, il nous enseigne comment le fait de manger sainement et en pleine conscience a une influence bénéfique sur toute notre existence.

Un propos humble

Le principal point fort de ce livre, c’est l’humilité avec laquelle son auteur s’adresse à nous. Car c’est bien de cela qu’il s’agit : il s’adresse à nous, lecteurs « lambdas », plus ou moins novices du bouddhisme zen, évoluant au sein d’une société capitaliste. Il s’emploie à nous expliquer pourquoi et comment certains préceptes peuvent s’intégrer à nos vies et impacter de manière bénéfique toute notre existence. Manger dans le calme, en conscience et avec compassion, prendre soin de ses ustensiles comme de soi-même, cuisiner avec un esprit joyeux… En venant ainsi nous chercher là où nous sommes, il rend le propos accessible, abordable. Et surtout, il nous donne le sentiment que ces préceptes sont à notre portée. Et qu’il n’est pas nécessaire d’être moine pour intégrer quelques règles simples et concrètes dont le pouvoir va bien au-delà de ce que l’on pourrait imaginer à première vue.

« Si l’on se conforme à des règles simples et concrètes, l’esprit s’y habitue naturellement et notre cœur s’en trouve purifié et rafraîchi. »

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Un livre écrit avec sincérité

En effet, l’auteur n’hésite pas à avouer sa difficulté à intégrer certains préceptes, voir même son incompréhension face à certaines règles qui lui semblaient inutiles ou absurdes au début. Ce qui nous permet de nous identifier et de nous sentir en confiance. Il nous invite ainsi à suivre son cheminement personnel. À observer comment le changement s’est peu à peu produit en lui, l’amenant peu à peu à porter un regard différent sur les choses, et à mieux comprendre l’utilité de certains comportements. Comme lorsqu’il nous explique comment il a découvert avec surprise que le nettoyage ne consiste pas à éliminer la saleté, mais à laver quand c’est encore propre. Une manière – entre autres – de préserver l’harmonie entre le corps, l’esprit, et leur environnement.

« L’homme qui sait prendre en compte l’impact de ses actes sur tout ce qui l’entoure est mû par une énergie à toute épreuve. »

Du zen à picorer

Certains passages sont un peu laborieux à lire, comme celui qui développe la manière dont se passent les repas dans un temple zen. Sans doute parce qu’il est moins facile de s’identifier et/ou de se projeter que dans d’autres parties, ce qui rend le niveau de détail des descriptions parfois un peu ennuyeux à lire. Mais les illustrations de Kikue Tamura viennent joyeusement égayer le propos. Et puis, ce qu’il y a de génial avec ce livre c’est qu’on y pioche ça et là un tas de petites phrases, de paragraphes inspirants et porteurs d’une promesse de mieux-être palpable. Nous conclurons d’ailleurs avec notre préférée : « Traiter les mots avec respect, c’est initier un changement dans sa façon de traiter les choses elles-mêmes. »

À la table zen, écrit par Seigaku, et illustré par Kikue Tamura, est paru le 07 mars 2019 aux Éditions Picquier.

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Mélina Hoffmann

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