[Critique] Fences : un drame clôturé dont nul peut s’échapper

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Une maison, une barrière, une famille déchirée. L’histoire de Fences (pièce d’August Wilson), Denzel Washington (Equalizer) la connaît bien, pour l’avoir jouée sur les planches en 2012. Cette fois, il corse un peu l’affaire en se plaçant devant et derrière la caméra, un défi relevé avec brio.

Force des mots, force d’émotion. Adaptation théâtrale oblige, le film se laisse conduire par des dialogues aiguisés, avec un Denzel Washington tout en paroles. Dans une sorte de huis-clos barricadé, on rentre dans le triste quotidien d’afro-américains dans les années 50 à Pittsburgh. Un quartier déserté par les rêves, remplacés au fil du temps par l’aigreur et l’amertume. Fences repose sur de longs échanges vigoureux, abordant avec profondeur les thèmes essentiels de la vie. Un tourbillon insensé de questions pleines de sens, percutantes de chagrin et de colère.

Une interprétation magistrale. L’acteur réalisateur joue avec talent et virtuosité. Amusant amoureux un jour, père odieux et tyrannique le lendemain, il jongle avec habilité entre toutes ces facettes, renforçant ainsi la richesse du personnage. Si lui est fantastique, que dire de Viola Davis ? Impériale épouse, débordant de bravoure et de générosité. Authentique, sincère, juste, elle crève l’écran et notre cœur en même temps.

Fences sort le 22 février 2017 dans les salles.

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8,5 Saisissant d'authenticité
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