Critique 47 cordes – Première partie : l’obsession sous toutes ses formes

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47 cordes est un thriller psychologique et fantastique singulier et hypnotique qui aborde l’obsession et le rapport à l’autre.

Ambroise économise depuis 5 ans pour remplacer sa vieille harpe. Un jour, une cantatrice qu’il admire lui propose de remplacer chacune des 47 cordes de son instrument par les meilleures qui existent. En échange, il doit réussir des défis. Pour chaque défi réussi : une nouvelle corde. En revanche, au moindre défi manqué, il perdra sa harpe.

47 cordes est un roman graphique étonnant à bien des égards. Révélé avec Ces jours qui disparaissent (en 2017), Timothé Le Boucher signe ici une œuvre ambitieuse et fascinante.

« Tu finiras bien par m’appartenir, ma jolie proie. »

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Timothé Le Boucher sème le trouble

Un climat intrigant se met en place dès les premiers dessins. Dès cette rencontre troublante entre une femme aussi sûre d’elle que mystérieuse et ce jeune homme épineux qui repousse sans délicatesse toutes les jeunes femmes qui croisent – tout aussi étrangement d’ailleurs – son chemin et qui tentent de l’aborder.

Mais très vite, nous découvrons que ces femmes n’en sont en réalité qu’une seule. En effet, il s’agit d’une métamorphe, capable donc de prendre l’apparence de n’importe qui, et visiblement mue par une véritable obsession à l’égard d’Ambroise. Qui est-elle ? Que veut-elle ? Et jusqu’où est-elle prête à aller pour parvenir à ses fins ? On dirait bien que l’ennui n’est pas prévu au programme !

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Une lecture addictive

Ambroise est bien loin d’imaginer que nombre des personnes qu’il rencontre, qui entrent dans sa vie et même dans son intimité sont en réalité autant d’incarnation de la métamorphe dont il est devenu la proie. Mais nous, nous finissons toujours par le savoir ! Alors tout le monde devient suspect, et on se demande bien à quel moment et comment tout va basculer…

L’album étant énorme, on s’est dit qu’on allait étaler la lecture sur quelques jours. Après tout, on n’est pas pressé… Eh bien que nenni ! C’est d’une seule traite que nous avons lu ces quelques 400 pages, complètement happés par cette histoire aussi prenante qu’originale. Et nous voilà déjà impatients d’avoir la suite entre les mains ! On l’attendrait presque autant que la prochaine saison de La Casa de Papel si la série n’était pas déjà terminée !

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400 pages de talent

Il faut dire que Timothé Le Boucher est vraiment très doué pour tisser avec subtilité et fluidité une intrigue dont le suspense, la complexité et la profondeur vont crescendo. Ainsi, on ne se sent jamais perdu et on ne fait que plonger un peu plus profondément dans l’histoire au fil des pages et des dessins très épurés et expressifs.

En effet, l’auteur aimer jouer avec les silences et les regards. C’est même là que se passe l’essentiel, que se créent et se dénouent les tensions. Dans ces regards pénétrants, insistants, qui rendent les mots inutiles. Car c’est une autre spécificité de cet album : le texte y est relativement rare, voire totalement absent sur certaines planches.

Une intrigue captivante, une narration contemplative, des personnages travaillés, un mélange maîtrisé de tension, de sensibilité, de sensualité, de perversité, d’humour : aucun doute, Timothé Le Boucher maîtrise son art.

47 cordes – Première partie, de Timothé Le Boucher, est paru le 17 novembre 2021, aux Éditions Glénat.

Critique 47 cordes

Avis

9.5 Une oeuvre bluffante !
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