[Critique DVD] À Straight Outta Compton, on roule des mécaniques

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La culture hip-hop, aujourd’hui industrie inoffensive, manquait cruellement d’une œuvre à l’ambition romanesque. Straight Outta Compton vient combler le vide en revenant sur l’origine du groupe NWA et sur sa musique désormais légendaire. Son succès mondial ne doit toutefois pas tromper le spectateur sur la marchandise.

Chapeauté par Dre et Ice Cube en personne, le projet a la prétention de réinventer l’histoire en faisant des deux rappeurs les figures de proue d’une contestation politique. En réduisant la controverse à peau de chagrin, F. Gary Gray livre un long-métrage poli et assez superficiel. Sa posture hypocrite, prétextant des revendications artistiques quand l’argent coule à flot, peut même prêter à sourire.

Pourtant, Straight Outta Compton fonctionne sur un plan purement spectatoriel. F Gary Gray parvient à ne jamais faire flancher le rythme et électrise de sa caméra virevoltante la scénographie des séquences musicales. Il dirige ses jeunes pousses avec un tact inédit et profite de sa merveilleuse bande sonore pour nous donner envie de soutenir chaque membre du gang. Douteux donc, mais efficace.

Straight Outta Compton est disponible en Blu-Ray, DVD & VOD, après avoir été critiqué par nos soins lors de sa sortie salles.

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Avis

6.3 Efficace

F. Gary Gray n’est pas le plus fascinant des formalistes et son Straight Outta Compton est loin d’être une référence photographique. Cela n’empêche pas le transfert ici présent de faire efficacement le job. La piste VO en 5.1 n’est pas non plus une référence mais laisse éclater la bande sonore, ce qui est finalement la seule qualité qu’on attendait d’elle.

Les bonus en revanche seraient presque à déconseiller. Trois courts modules se battent en duel et montrent combien l’entreprise est affaire de prétention aveugle, tant Ice Cube et Dre se félicitent excessivement de leur propre gloire. Tout le monde a l’air en tout cas bien jouasse et fier d’eux-mêmes, ce qui change des bonus où la langue de bois neurasthénique règne en maître.

  • Film 7
  • Image 8
  • Son 8
  • Bonus 2
  • Votre avis (2 Vote) 9
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À propos de l'auteur

Emyr Phœnix

Shooté au cinéma depuis son plus jeune âge, c’est avec une insatiable curiosité qu’il guette le prochain rubis filmique susceptible d’être révélé. Même si ça ressemble à une aiguille dans une botte de foin.

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