[Critique Blu-Ray] Desperate Hours, Michael Cimino disparu

0
Share Button

NDLR : Retrouvez notre test technique et celui des bonus en bas de l’article.

Pour son sixième film, Michael Cimino se frotte à l’exercice du remake en réadaptant le Desperate Hours de William Wyler. Il affronte également le défi du huis-clos en filmant la prise d’otages d’une famille bourgeoise par un criminel mystérieusement poli. Seulement voilà, Cimino ne s’épanouit guère en intérieur et jouit lors de la production d’une réputation de cinéaste mégalomane.

La résultante sera à n’en pas douter terriblement bancal et anecdotique. Attention, on parle bien d’une œuvre accessoire dans la carrière de Michael Cimino, qui use de ses mains de maître pour soigner la mise en images. En témoigne l’inoubliable séquence de fuite de David Morse, au lyrisme éclatant, mystérieusement métaphysique, et qu’on jurerait échappé d’une grande œuvre. Ce que n’est pas Desperate Hours.

Ses interprètes ont beau ne faire aucune fausse note, le long-métrage est abimé par ses soucis de production. Ceux-ci laissent transparaitre les trous béants du récit, qui suture ses plaies au mieux. D’un thriller aventureux, le projet se transforme en banale série B. C’est surtout son sous-texte à l’abandon, où la blanche bourgeoisie se mue en sauvage revancharde, qui laisse sur une sensation amère, néanmoins indispensable pour tout cinéphile curieux.

Desperate Hours est disponible en Blu-Ray, DVD & VOD. De Cimino sort également grâce à Carlotta l’immense L’Année du Dragon dont vous retrouverez notre test en cliquant sur ce lien.

(Visited 17 times, 1 visits today)

Avis

7.0 Curiosité malade

Avant toute chose, remercions Carlotta sur son exigence cinéphile. Sans elle, il n’y aurait pas de Cimino inédit en blu-ray. Et encore moins l’existence d’une sublime édition à L’Année du Dragon, qui renaît tel un phénix majestueux de ses cendres (test sur le site). Rien que pour ça, merci.

Les courbettes étant faites, passons à la technique d’une édition non immaculée de défauts. L’ouverture est grignotée par le grain d’une pellicule à l’évidence usée et qui n’a pas bénéficié d’une remasterisation très pointue. Doit-on s’en plaindre ? Non, puisqu’à l’évidence le transfert recèle un rendu des couleurs mirifique et offre, passé l’introduction, un rendu des contrastes de très bonne tenue. En témoigne LA scène du film, où les grands angles éblouissent de la plus brillante des manières. Et puis, où voulez-vous trouver ailleurs un inédit pareil ?

Le son est là aussi bon, pas fantastique. Sur une note positive, il travaille à rendre les voix les plus cristallines possibles et fait des merveilles avec une musique pour le moins étrange si l’on tient compte des circonstances.

Un seul bonus ? Mazette ! me direz-vous. Et bien pas de panique, Jean-Baptiste Thoret, auteur d’un merveilleux livre sur Michael Cimino ("Michael Cimino, les voix perdues de l'Amérique", à se procurer sans réfléchir), nous offre en sept minutes un éclairage enrichissant et pointu sur le film et sa production chaotique. On n’aurait pas craché sur un long documentaire rétrospectif, mais on se réjouira déjà d’un tel bonus.

  • Film 5
  • Image 8
  • Son 8
  • Bonus 7
  • Votre avis (0 Vote) 0
Partagez

À propos de l'auteur

Emyr Phœnix

Shooté au cinéma depuis son plus jeune âge, c’est avec une insatiable curiosité qu’il guette le prochain rubis filmique susceptible d’être révélé. Même si ça ressemble à une aiguille dans une botte de foin.

Réagissez !