Après l’opus Rise en 2023, la saga originellement créée par Sam Raimi revient cette semaine avec Evil Dead Burn et un français aux manettes ! Une French Touch qui fait mouche !
Suite au décès de son mari, Alice se réunit le temps des funérailles avec sa belle famille. Cependant, cette dernière attise l’intérêt des démons du livre des morts et ils vont les posséder un à un… Alice va devoir lutter pour sa survie.

Sébastien Vaniček et son co-scénariste Florent Bernard, derrière la petite pépite française Vermines, ont attiré l’intérêt de Sam Raimi pour reprendre le flambeau de sa saga culte. Un coup gagnant tellement le duo met plein gaz et fait chauffer la franchise pour la propulser un cran au-dessus ! On tient peut-être là, le meilleur opus ! En effet, Evil Dead Burn transpire par tous ses pores le jusqu’au boutisme du french frayeur.
Le remake d’Evil Dead de Fede Alvarez, sorti en 2013, malmenait son spectateur, cette suite 13 ans après va encore plus loin. L’intention de Vaniček et Flober est claire : faire un ride horrifique qui ne nous lâche pas dès son ouverture et jusqu’à sa conclusion. Nous sommes devant un Mad Max Fury Road de l’horreur. Le rythme est effréné, la violence est sans détour, voir sur-appuyée, pour nous faire monter en pression et essorer son spectateur jusqu’à la dernière image du film. Seul moyen de décompresser, les touches humoristiques parfaitement maîtrisées. Mais hormis ces petites apartés, le film malmène son spectateur, pour le meilleur.
Mise en scène enflammée
De fait, il n’est clairement pas à mettre devant les yeux de n’importe qui. Rare ont été les métrages d’horreur a adopter une telle intensité, ces dernières années. C’est d’ailleurs cette intensité qui va sûrement cliver les chercheurs de pure épouvante car ils se retrouveront devant un film qui les tabassent plus qu’il ne leur fera peur. La caméra se met à la hauteur des “in-tension” (on aime les jeu de mot) puisque Sébastien fait preuve de prouesse et d’inventivité constante dans sa mise en scène.
Plan séquence ravageur, mouvement de caméra défiant toute physique, plan large épique, image esthétisée, panoramique rythmé, musique orchestrale/voix grandiloquente : tout transpire l’envie de cinéma et cela est communicatif. Et malgré son cadre restreint de quasi huis clos, la mise en scène exploite chaque recoin de cette bicoque, parfaitement spatialisée, avec inventivité sans qu’il n’y ait aucune redondance. La flamme du 7ème art est clairement là.

Mais hormis le grand spectacle, Evil Dead Burn et son équipe se creusent même les méninges pour s’approprier une technique de réalisation, que Hitchcock lui-même ne renierait pas : le système formel. A l’image de son sous-titre, la majorité de la mise en scène tourne autour de l’idée du feu (ou de son antithèse) : lac bouillant, immolation, cigarette, crémation, décors enneigé (ayant une teinte de cendre), radiateur en surchauffe, utilisation d’extincteur, d’incendie, goudron chaud, cadavre calciné. Des éléments aux premiers abords anodins mais qui démontrent que le film est plus qu’une simple montagne russe mais une œuvre réfléchie. Le feu est le symbole du mal et une arme.
Foyer brulant
Mais l’embrasement n’est pas que formel puisqu’il représente aussi cette famille engoncée dans les non-dits et les dénis, jusqu’à ce que la vérité explose et que le noyau s’embrase. En effet, Vanicek et Flober (comme à son habitude et de manière thérapeutique) ont à cœur de raconter un véritable récit de déchirement familial. Le duo de cinéaste incinère la conception de famille nucléaire pour en révéler toute l’hypocrisie et la violence qui se cachent derrière de telles images traditionalistes et -disons le- très américaines. Le mal ardent du livre des morts n’est donc pas que prétexte à faire des méchants très méchants mais incarne une symbolique dans le discours proposé. Un foyer qui se révèle être un brasier qui se consume.
Evil Dead Burn est une réussite totale. Il propose une expérience viscérale sans commune mesure, en jouant sur l’intensité et la générosité tout en apportant une vraie thématique. Un véritable feu d’artifice de l’horreur qui restera dans les annales.
Evil Dead Burn est absolument à voir en salle ce mercredi 8 juillet.
Avis
Evil Dead Burn est en lisse pour être le meilleur de la saga au travers de son intensité folle et le discours qu'il développe. Une véritable bombe.
