[Critique] White God, endoctrinement canin

Grand Prix du Jury à Cannes dans la sélection Un Certain Regard, White God est déjà le sixième film de Kornel Mundruczó. Le réalisateur hongrois s’est décidé à mettre en exergue la colère souterraine de tout un peuple lorsque celui-ci est opprimé et privé de cette nourriture compassionnelle inhérente à l’homme.

Pour cela, Mundruczó use non sans surprise de la métaphore canine en montrant le parcours d’Hagen, abandonné par le père de sa jeune propriétaire et considéré en pestiféré par la population locale. Passant d’un cabot plein d’amour à une véritable bête revancharde, Hagen est le moteur de séquences aux silences lourds de sens, évoquant avec force la vénalité de l’Homme.

Sauf que ce projet artisanalement complexe s’exprime par le truchement d’une narration peu subtile où les méchants humains sont réduits à l’état de fantômes unidimensionnels. La jeune Lili connaît une évolution psychologique étrange, d’abord déterminée à retrouver son chien puis résignée à l’amour d’un père au comportement paradoxal. Puis le dernier quart, vendetta en forme de caricature d’horreur, achève d’éloigner White God de l’approche rafraichissante qu’il semblait apporter.

White God sort le 3 Décembre en salles et raconte le mystère autour de White Dog signé Samuel Fuller (critique en cliquant sur le titre).

5 Passable
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