[Critique] Dressé pour Tuer, le racisme dans toute son horreur

Œuvre destiné à mettre en relief la haine raciale qui sévissait aux États-Unis, Dressé pour Tuer est d’abord un film mis en scène par Samuel Fuller, cinéaste de la violence au sein d’une production orientée vers la série B que la seule grâce d’une mise en scène réflexive et habitée aura suffi à rendre légendaire.

Malmené pour de multiples raisons au sein du tournage même, White Dog (en VO) est un film qui vit grâce à son bougon de cinéaste et son œil acéré. Son sens du cadre est prodigieux lorsqu’il capte un détail qui enrichit l’histoire ici ou qu’il amplifie la force malade de ce chien dressé pour tuer des noirs. Trouvant l’équilibre entre la force de son sujet et la retenue de ses personnages, Fuller injecte toute sa verve désespérée à une histoire absolument édifiante.

Dommage alors que la narration se contente d’aplanir la richesse du sujet en collant au seul dressage du chien. La bienveillance éclatante du trio central ne trouve jamais de contrastes sérieux qui laisseraient émerger une vraie réflexion sur la saloperie humaine, le chien ne se révélant n’être que le pantin d’une race humaine détraquée.

Dressé pour Tuer est ressorti le 28 Mai au cinéma dans une copie absolument sublime, au Grand Action cette semaine.

Avis

7.0 Incontournable
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