Sortie Blu-ray & DVD – Ma : Mamma mia…

Le studio Blumhouse expert dans la production d’épouvante propose un nouveau thriller horrifique avec la charismatique Octavia Spencer dans le rôle de Ma, une inhabituelle “boogeywoman”. Un beau et gros gâchis. 

Su Ann, surnommée Ma, s’entiche d’amitié avec une bande d’adolescent du coin. Pour leur plus grand bonheur, elle leur propose de faire la fête chez eux à de nombreuses reprises.  Mais Ma devient de plus en plus obsessionnelle, jusqu’à inquiéter les jeunes adultes. Cacherait-elle un dessein bien plus sombre ? 

La question est bien évidemment rhétorique à la vu de la façon dont le mystère est grossièrement parsemé. Il est évident que nous sommes conscients que tout cela va dégénérer, donc le comportement ambigu de Ma est exprimé dès le début. Le soucis est que la narration tire tellement sur la corde du suspens de la rupture psychologique du personnage, qu’il en perd son objectif premier : nous faire frissonner. Le film gère très mal son build up avec des scènes répétitives et beaucoup trop longues des soirées puis sur-développe les interactions entre les jeunes adultes et Su Ann, sans pourtant avoir un quelconque propos, avec pour résultat une artificialité poussive

Le métrage semble vouloir faussement dépeindre une plongée dans la folie vengeresse de son personnage et instaure un système de flashback pour construire une interrogation quant à ses motivations. Mais l’intrigue use tellement les poncifs du teenage drama qu’on le devine bien à l’avance les sévices qu’à subit Ma. Sans parler des fameux comportements des adolescents, complètements incohérents qui se jettent dans la gueule du loup alors qu’ils ont tout à fait conscience de l’ambiguïté de leur hôte. Même si on fait fi des ces fameux clichés, que d’autres excellentes œuvres utilisent, là où le bât blesse est que le film ne s’assume aucunement. Il veut mettre une femme sociopathe au centre de son récit, mais s’impose de suivre le point de vue d’une adolescente tout juste arrivée dans la bande.

Un film qui ne s’assume pas 

 A vrai dire la narration se perd dans une succession de personnage secondaire inintéressant, n’ose jamais vraiment nous immerger dans le regard de Ma de peur de nous plonger dans son esprit torturé, mais nous montre tout de même son passé. Une dichotomie agaçante, d’autant plus que le métrage ne se révèle jamais aussi malsain qu’il ne le voudrait, ne justifiant absolument pas son interdiction au moins de 12 ans avec avertissement. Le passage à l’acte de Ma est mollasson, sans inventivité et beaucoup trop sage dans ses sévices. Le manque de cran de la réalisation de la part de Tate Taylor est résumé dans la scène finale de Luke Evans : on pense assister à une torture des plus horrible mais symbolique, avant que la mise en scène ne fasse machine arrière pour offrir une exécution des plus sommaires. 

Ma est donc un thriller horrifique poussif qui ne s’assume pas par le manque de scène véritable malsaine. L’horreur et la quête de vengeance sont des plus insipides. Il repose uniquement sur le charisme atypique d’Octavia Spencer mais se noie à travers d’autres personnages clichés et vides car il n’ose pas pleinement adopter le point de vue de sa sociopathe. Avec tout cela, le film n’est rien d’autre qu’un incroyable gâchis.

Avis

3 Un beau gâchis
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Emeric Bispo

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