[Critique] Near Death Experience, fin d’humain

C’est arrivé par Mammuth, cette comète qui laissait filer par le trou de sa chagrine esthétique une revendication empreinte de mélancolie. Aujourd’hui, ça se termine par Near Death Experience, un titre évocateur. En plongeant la carcasse désolée de Michel Houellebecq dans les affres du suicide, Delépine et Kervern livrent la peau à nue ce qui est l’un des plus déchirants cris de détresse humaine vus sur pellicule.

D’abord silencieuse captation du quotidien à la Depardon, le récit vrille de bord lors d’une sublime idée de montage pour toucher au nerf du propos. S’arrime alors des monologues intérieurs d’une simplicité désespérée qui sont tout bonnement bouleversants et mémorables. Progressivement se dessine un chant du cygne pour les deux auteurs qui mettent leurs tripes à l’air avec un courage soufflant.

En premier lieu d’une brutalité sèche, la mise en scène confine progressivement à un lyrisme cru et émouvant. Preuve en est la bande originale qui assume la part purement dramatique de l’ensemble et qui laisse transparaitre la pureté des intentions du duo. Au final lessivé par une telle déclaration d’amour à une humanité en perdition, le spectateur réceptif à l’expérience ne pourra que saluer sans doute la plus belle œuvre cinématographique de 2014.

Near Death Experience sort le 10 Septembre en salles.

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