[Critique] Miron, perdu au pays des poètes

Voilà bien une expérience singulière que celle de Miron et son homme revenu d’entre les morts. Imaginez-vous donc tomber dans la centrifugeuse cérébrale d’un poète qui vous serait totalement inconnu, appartenant à une contrée (le Québec) de laquelle toute sa plume dépend mais que votre position de touriste rend sérieusement floue, le tout conçu par le truchement d’un long expérimental peu avenant dans sa forme.

Une position qui rend le jugement critique caduque sur de nombreux points, impression appuyée par son réalisateur qui préfère conserver les clés historiographiques dans sa poche, renforçant la perdition du novice. Pour ce qu’il reste de cette curieuse expérience on peut évoquer l’importance de Gaston Miron, poète mythique dans les hivernales contrées québécoises et dont la plume romanesque propose une cartographie fidèle de l’âme nationale.

Son combat pour l’indépendance du pays s’insinue dans une forme aux pulsations expérimentales (inversion des couleurs, surimpression…) répétitives et assez éprouvantes pour les nerfs, en contraste avec la plume nerveuse mais lyrique de Miron. Une curieuse expérience pour un projet sans doute fidèle à la racine spirituelle de son pays.

Miron : Un Homme revenu d’entre les morts n’est pas prévu en salles françaises après sa présentation au Cinéma du Québec 2014 au Forum des Images.

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