Après Marcello Mio, Christophe Honoré revient au Festival de Cannes présenter son Mariage au goût d’orange en section Cannes Premiere. Nourri d’un casting de choix (Adèle Exarchopoulos, Alban Lenoir, Paul Kircher, Vincent Lacoste, Nadia Tereszkiewicz), cette chronique familiale se déroulant en 1978 n’est plus ni moins qu’un nouveau ratage de la part du réalisateur.
Déjà le 17e film de Christophe Honoré ! Mariage au goût d’orange est le retour du réalisateur sur la Croisette après le moyen Marcello Mio. Le projet, présenté en Cannes Premiere, renoue avec la région d’enfance du réalisateur pour ancrer son récit en 1978. Comme son titre l’indique, la narration tourne autour d’un mariage, celui de Jacques (Paul Kircher) et Martine (Malou Khebizi).
Un mariage qui se déroule à Nantes, alors que toute la famille (ou presque, le père étant exclu du cercle familial) est présente : les frères Dominique (Vincent Lacoste), Roger (Alban Lenoir), Claude (Jules Sagot), leur sœur Claudie (Adèle Exarchopoulos), les épouses Isabelle (Noée Abita), Marie-Do (Nadia Tereszkiewicz), Odette (Victoire du Bois) et leur mère Annie (Myriem Akheddiou).
Orange pressée
Mariage au goût d’orange a donc pour postulat de faire une photographie de cette famille plus ou moins fracturée, à l’image du personnage de Claudie, présentée initialement comme dépressive et divorcée via un bond temporel. Christophe Honoré entend ainsi capter le tumulte provoqué par cet événement en apparence festif, mais faisant remonter les non-dits et autre traumatismes.

Une idée pertinente donc, d’autant que ce Mariage au goût d’orange prend place à une époque où la parole (et ce qui est refoulé) a une place toute particulière, notamment celle de la femme. Le problème étant que Christophe Honoré s’arrêtera à la caractérisation de ces personnages, pour dérouler un festival de clichés sans désir dramaturgique.
Casting qui cache la forêt
Le plus flagrant tient dans le rôle d’Adèle Exarchopoulos, présentée comme une femme divorcée partageant la garde de son enfant tout en devant gérer ses crises dépressives. L’occasion de proposer une séquence abordant cette problématique, tout en la décorrélant entièrement du reste de « l’intrigue ». Entendre que la sève dramaturgique qui anime ce personnage ne sera finalement que prétexte à une scène, pour qu’il n’y ait par la suite aucune incidence, conséquence ou parcours thématique.
Et cette philosophie du vide anime alors le reste ce Mariage au goût d’orange, bazardant par exemple Alban Lenoir en papa raciste et ambianceur de salle uniquement dans un but de renouveler la rythmique du film. Ce faisant, Christophe Honoré se contente de s’entourer d’un casting de choix, sans rien raconter sur ces personnages. De quoi offrir une certaine béquille de tolérance pour un spectateur aficionado de Myriem Akheddiou ou bien Vincent Lacoste (parfaitement utilisé en terme de désinvolture et d’humour avec le naturel qu’on lui connait), pour un résultat complètement fainéant.

Quiconque avec une famille dysfonctionnelle aura sans doute le plaisir de reconnaître un ou deux lieux communs (rituel paillard, crêpages de chignon…), mais on aimerait réellement dire au réalisateur que cela ne fait pas de Mariage au goût d’orange un film, malgré le capital sympathique pour une époque ou un casting. Vous l’aurez compris : c’est mauvais !
Mariage au goût d’orange sortira au cinéma le 18 novembre 2026. Retrouvez tous nos articles du Festival de Cannes ici.
avis
Mariage au goût d'orange pourrait presque passer pour une caricature de cinéma français flemmard : casting de noms en roue libre, scénettes déconnectées les unes des autres, absence de dramaturgie et perosnnages clichés. Vous l'aurez compris, Christophe Honoré bazarde cette chronique familiale pour accoucher d'un mauvais film tout simplement !
