Critique Deux Fils, une même sensibilité

Après avoir fait ses gammes sur le plan de l’actorat, Felix Moati s’attaque, avec Deux Fils, à sa première réalisation.

Pour ce faire, il réunit Benoit Poelvoorde et Vincent Lacoste, trois ans après l’excellent Saint-Amour et imagine une histoire de fratrie blessée entre deux frangins et un père couvant une dépression. Le genre de récit qui sonne comme un peu éculé à l’oreille et qui pourrait vite virer au numéro d’acteurs creux. C’était sans compter sur la sensibilité de son jeune metteur en scène.

Un attachement universel

Moati capte les déambulations de ce trio explosif avec une certaine délicatesse et un brin d’insolence. Le résultat ne brille pas par son originalité certes. Cependant, l’humilité avec laquelle il attrape les tensions de l’un, ou les soubresauts de l’autre, suffisent à nous faire attacher à ses personnages, tour à tour capricieux ou sincèrement paumés.

Critique Deux Fils, une sensibilité
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Bien que baigné dans un univers parisiano-centré, les traumas de chacun sont universels et on croit assez facilement à ce trio familial et à ses souffrances profondes. Enfin, et c’est peut-être le point le plus réussi, on salue la palpation nocturne de Paris, retranscrite grâce à l’expertise du chef-opérateur Yves Angelo, donnant l’envie en fin de projection de déambuler dans cette ville toujours en allumage.

Deux Fils, un trio

Et puis, bien sûr, on ne pourrait s’intéresser à ce Deux Fils sans son trio d’interprètes. Sans surprise, Lacoste apporte une fois de plus de sa fraîcheur et sa simplicité à un personnage plus grande gueule qu’à l’accoutumée. On passe sur Poelvoorde, à l’intériorité explosive, pour saluer la présence de Matthieu Capella, enfant au regard d’adulte, désarmant de naturel.

Deux Fils sort le 13 février 2019 dans les salles françaises.

Critique

7 Imparfait mais sensible
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