[Critique] Colt 45 : des canons usés

Sorti en catimini cet été après des mois de tergiversations, Colt 45 sent le travail bâclé par un réalisateur dépassé par les évènements. Désintéressé par cette commande qui ne lui correspond pas, Fabrice Du Welz n’a d’ailleurs même pas terminé l’aventure, ce qui explique sans doute un montage à l’emporte-pièce.

Servi par un casting pourtant alléchant, le film n’est qu’un enchaînement maladroit de situations faciles ne laissant aucune chance à ses acteurs d’exprimer leur talent, surtout quand chaque destin est expédié sans commune mesure. Gérard Lanvin, JoeyStarr, Simon Abkarian, et Alice Taglioni, végètent ainsi face au jeune Ymanol Perset sans que rien ne vienne donner de relief à leurs personnages respectifs. Il faut dire qu’avec moins de 90 minutes de temps imparti, il n’y a de place ni pour le subtil, ni pour le détail.

Le format est si court que l’ensemble vit certes plutôt bien autour de Vincent Milès, cet armurier et instructeur de tir dont la vie bascule parce qu’il est justement trop bon dans ce qu’il fait. Mais le traitement infligé aux personnages, les ficelles discutables et les clichés du genre font de Colt 45 un réchauffé mélange dispensable, plus proche d’un mauvais Braquo, que d’un mauvais 36 Quai des Orfèvres.

Colt 45 est sorti le 6 août 2014

Critique écrite par Simon D. Réhon

Avis

5,5 Tir à blanc
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