Critique Ares saison 1 : la première série hollandaise de Netflix

Parmi ses nouveautés 2020, Netflix propose la série Ares. Celle-ci nous plonge dans l’atmosphère pesante et mystérieuse d’une étrange fraternité étudiante. Menée par de jeunes acteurs encore peu connus, sa réalisation a été confiée à Michiel Ten Horn et Giancarlo Sanchez. Créée par Pieter Kujipers, Iris Otten et Sander Van Meurs, il s’agit de la première série néerlandaise sur la plateforme. Zoom sur cette première saison, qui se révèle assez prenante.

Dans la ville d’Amsterdam, nous suivons une jeune fille en première année de médecine, Rosa. Déterminée à réussir brillamment, cette dernière se trouve face à une concurrence très rude et supporte plutôt mal de ne pas être la meilleure. Tout bascule lorsqu’elle retrouve Jakob, un ami d’enfance, entré dans une société étrange, Ares.

Critique Ares : la première série hollandaise débarque sur Netflix
©Netflix

Curieuse, Rosa intègre ce cercle, composé des plus grandes élites du pays. Froids, ultra disciplinés, boutonnés de la tête aux pieds dans des vêtements d’une autre époque, ses membres se révèlent de plus en plus énigmatiques. Au fur et à mesure, la dimension purement mystérieuse laisse place à un univers fantastique dans lequel une créature mystique semble se cacher et influencer les habitants de la vaste demeure d’Ares.

Ares, une atmosphère mystique qui monte en puissance

Pieter Kujipers n’en est pas à son coup d’essai. Sa filmographie bien fournie comprend des polars tels que De Ordening, The Archives, sorti en 2003. Rien d’étonnant, donc, à ce que l’ambiance de la série s’avère si bien maîtrisée. Les premiers épisodes attisent la curiosité du spectateur, qui désire autant que Rosa découvrir ce qu’Ares représente. Celui-ci se trouve petit à petit happé dans une histoire de monstre. La transition entre intrigue et peur s’opère insidieusement, commençant au moment où Rosa et les nouveaux membres se voient coupés du monde et enfermés dans la maison de la société. Elle se poursuit quand les membres régurgitent une substance noire épaisse et immonde et se termine avec les derniers moments de la saison, quand les suicides s’enchaînent.

Critique Ares : la première série hollandaise débarque sur Netflix
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En laissant toujours un doute planer entre les éléments réels et psychologiques et les vrais signes d’une présence surnaturelle, les créateurs de la série réussissent un tour de force. Difficile d’établir si Jakob est fou ou s’il possède un réel pouvoir, si celui-ci pousse ses confrères au suicide ou s’ils craquent sous la pression. La vérité fantastique n’éclate que durant les derniers épisodes.

Un jeu sur les contrastes qui renforce la confusion

Aux premiers abords, l’univers d’Ares ne présente rien de très inhabituel. Seuls quelques détails sèment le trouble. L’histoire se déroule de nos jours à Amsterdam, où l’héroïne habite dans une cité. Elle arrive ensuite dans cette grande bâtisse aux tapisseries anciennes et revêt l’une des tenues imposées aux membres, jupes longues et chemisiers à col, qui paraissent sorties d’un autre temps. Ce qui appuie la dichotomie entre le monde moderne, dont Rosa est issue et la société qu’elle intègre. De la même manière, les membres de la communauté se doivent d’adopter une conduite irréprochable mais participent à des soirées d’orgies où la drogue et l’alcool coulent à flots.

Critique Ares saison 1 : la première série hollandaise débarque sur Netflix
©Netflix ©Pim Hendriksen

Autant d’éléments savamment distillés qui intriguent et donnent envie d’en savoir plus. En quoi consiste vraiment cette société ? Quelles sont ses valeurs, quel est son but ? Les paradoxes qui rythment cette saison suscitent l’incompréhension du spectateur et sa curiosité.

Un jeu d’acteurs à la hauteur du scénario

Si bien menée soit-elle, l’ambiance de cette première saison ne rendrait pas aussi bien sans le talent de ceux qui incarnent ses personnages. Pour s’assurer de la présence du public néerlandais, les créateurs de la série ont privilégié des visages connus sur le petit écran local. Jade Olieberg, dans le rôle de Rosa, passe subtilement de la jeune fille soucieuse à l’étudiante ambitieuse qui n’hésite pas à écraser ses adversaires. Quant au personnage de Carmen, tout en retenue et en bienséance, il demeure impeccablement interprété par Lisa Smit. Avec ses airs de Nicole Kidman inflexible dans Les Autres, l’actrice sublime l’ambiance générale de la série de par sa présence à la fois amicale et maternelle. Les rôles masculins ne sont pas en reste, on remarque que Tobias Kersloot donne une très bonne performance en tant que Jakob, jeune garçon fragile qui se transforme tout au long des épisodes.

Avec Ares, Netflix semble avoir bien choisi sa première production hollandaise. Habilement menée, variant atmosphère mystérieuse et fantastique, cette première saison se révèle très prometteuse. Une belle réussite tant pour ses acteurs que pour ses créateurs car le succès est au rendez-vous

La première saison d’Ares et ses huit épisodes sont disponibles sur Netflix depuis le 17 janvier 2020.

Par Léa B.

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8 Awesome
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