Critique Cube Arts T1 & 2 : la loi du plus fort

Chez Cube art, la jaquette ne fait pas le manga, sous ses airs d’aventure fun se cache en réalité un univers hostile sous tension permanente.

Takuto et ses amis décident de participer à la bêta-test du nouveau jeu en réalité virtuelle Cube Arts -enfin nouveau… il sent Minecraft à plein nez. Mais, une fois dans le jeu, exit la construction ou l’amusement. Ici on se bat pour sa vie contre des commerçants d’esclaves et des créatures redoutables. Les volumes 1 et 2 de Cube Arts sont sortis le 26 août 2020 aux éditions Doki Doki et la série s’est conclue en 3 volumes au Japon.

Epopée cubique

Cube Arts s’adresse assurément à un public adolescent. Takuto et ses amis étant des lycéens lambda, le chara-design et leurs agissements se veulent des plus banals. Sans compter la jaquette feel-good et les répliques d’une grande profondeur ponctuées de « la ferme » ou « gros lard »… Mettre en scène de jeunes lycéens rend toutefois l’ensemble assez épique et sans prise de tête, ils s’élancent à l’aveuglette dans l’aventure et s’amusent rapidement. On rigole aussi des animaux semblables à des constructions en carton pour enfants…

Mais il ne faut pas se fier aux apparences ! Cet isekai annonce les hostilités dès la fin de son premier chapitre; Takuto et ses amis se voient coincés dans le jeu à cause d’un fâcheux bug. Sous ses allures enchantantes, le monde de Cube Arts met alors en scène la mort, le commerce d’esclaves et même le viol. Le tout reste néanmoins très soft au vu du public à qui ce seinen s’adresse et des ambitions de ce manga.

Critique Cube Arts T1 & 2 : la loi du plus fort
© Usui Tomomi / Doki Doki / Shinchosha

Tomomi Usui se révèle grand connaisseur du jeu bac à sable et de ses enjeux; ce seinen fait découvrir ce type de jeux plutôt que proposer une intrigue des plus complexes. L’utilisation du jargon vidéoludique (toujours expliqué pour initier les non-connaisseur), le tutoriel intégré et la conversion du temps réel en temps de jeu (24 heures de jeu correspondent à 2 minutes de temps réel) accentuent l’immersion. Dans le fond, il rejoint même le philosophe Hobbes ! Sans Etat instaurant des cadres juridiques, c’est la loi du plus fort; dans Cube Arts « l’homme est un loup pour l’homme » pour reprendre les mots du penseur.

La face cachée du cube

Il s’agit premier manga de Tomomi Usui comme indiqué dans sa sympathique lettre aux lecteurs clôturant premier volume. Il souffre dès lors d’une narration inégale et d’un manque de dynamisme dans ses dessins. L’intrigue passe à côté d’opportunités comme le développement du commerce d’esclaves ou les liens entre les personnages. Le volume 1 instaure alors une tension et un rythme soutenus mais le deuxième s’encombre de la construction de la montagne russe et la péripétie du chaton.

Si la concision évite l’éparpillement, plonger une intrigue dans un univers bac à sable nécessite de l’explorer à minima, au-delà d’une amère sensation de déjà-vu. Cube Arts teste fugacement et grossièrement les fonctionnalités de base du sandbox; à savoir le craft de bâtiments et d’armes. Et malgré l’utilisation judicieuse des blocs en combat, les possibilités s’enchaînent monotonement à l’image d’une vraie démo de jeu vidéo.

Manga modeste

Ne pas se fier à la jaquette de Cube Arts, tel est le mot d’ordre à retenir de ce manga. Il s’envisage certes comme une petite excursion dans un univers vidéoludique mais évoque aussi des thématiques matures. Le format 3 volumes promet une aventure sans grande prise de tête idéale si l’on n’envisage pas une lecture sur le long terme. On déplore néanmoins un manque criant d’originalité et d’exploration de cet univers quasi infini.

Les volumes 1 et 2 de Cube Arts sont sortis le 26 août 2020 aux éditions Doki Doki.

Critique Cube Arts T1 & 2 : la loi du plus fort
© Usui Tomomi / Doki Doki / Shinchosha

Avis

6.5 Sympathique
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About Author

Clem MP

Tout ce que l'on sait de ce mystérieux individu, c'est qu'il se nourrit quasi-exclusivement de productions nippones et de musique. L'exploration de ces deux genres lui a valu mille émerveillements de la pop commerciale au rap métal, du shonen aux fantasy les plus délirants. Mais aussi de nombreuses souffrances, c'est ça l'amour après tout…

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