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Accueil - Critique Alice Sweet Alice : une communion d’Enfer
Sortie Blu-ray, DVD & VOD Alice Sweet Alice : une communion d’Enfer
© Rimini Éditions
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Critique Alice Sweet Alice : une communion d’Enfer

Gaëtan Jeanson Gaëtan Jeanson22 septembre 2022Aucun commentaireIl vous reste 5 minutes à lire
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Ils sont de retour une fois de plus avec un nouveau bijou : Rimini Editions proposeront dès le 23 septembre 2022 leur nouveau combo Blu-ray & DVD Alice, Sweet Alice. Deux ans avant Halloween, Alfred Sole réalise en 1976 un slasher morbide, choc et sanglant…

Alice, 12 ans, vit avec sa mère et sa sœur Karen, à laquelle elle adore faire peur. Karen s’apprête à fêter sa première communion lorsqu’on retrouve son corps sans vie dans l’église… Certains pensent qu’Alice pourrait être à l’origine du meurtre, mais comment une enfant si jeune pourrait-elle commettre une telle abomination ? Pourtant, les meurtres se poursuivent dans l’entourage d’Alice…

© Rimini Éditions

Malgré plusieurs tentatives dans le milieu du Septième Art, Alfred Sole est un réalisateur de l’ombre. Sa carrière débute dans d’autres obscures profondeurs, avec un long-métrage pornographique intitulé Deep Sleep. Le film est interdit pour obscénité, c’est à ce moment que le metteur en scène se dirige vers l’horreur.

L’horreur en plein jour

Inspiré par Ne vous retournez pas (1974) réalisé par Nicolas Reug, Alfred Sole écrit le scénario de Alice Sweet Alice avec sa voisine, Rosemary Ritvo. Le ciré rouge du film de Nicolas Reug devient jaune, rappellant celui de Derry du roman Ça (1986) de Stephen King. Il décide alors de baser son long-métrage sur le surgissement de la peur.

© Rimini Éditions

La grande force de Alice Sweet Alice, c’est que c’est un film d’horreur qui se passe entièrement en plein jour. Le film se veut explicite. On découvre un thriller psychologique aux crimes réalistes et sanglants où l’on tue dans les appartements, dans des cages d’escaliers, dans des appartements abandonnés ou encore dans des églises… Alfred Sole exécute une mise en scène hyper réaliste, hyper violente, sans artifice et sans coupe de montage. On étrangle, on cisaille, on écrase à coup de pierre. Dès lors, le film devient encore plus vraisemblable et terrifiant…

Un film vraisemblable

Alice Sweet Alice est palpable. Les décors naturels donnent une texture et une présence au long-métrage. Les acteurs sont également tous incroyables et contribuent au fonctionnement du film. Que ce soit la jeune Alice incarnée par Paula Sheppard jusqu’à la fabuleuse Scream Queen du film interprétée par Jane Lowry… On a terriblement envie d’y croire.

© Rimini Éditions

Au-delà d’une mise en scène osée, Alfred Sole développe un véritable langage au travers de la photographie de Alice Sweet Alice. Le cinéaste découpe ses images avec des premiers, seconds et troisième plans. Il se sert du décor et de ses comédiens pour créer du relief, sur la forme de l’image et sur le fond du film. La caméra épouse le propos du film et le réalisateur s’en sert comme un outil de narration, au travers des compositions picturales, ou encore avec des mouvements de caméra.

Ménager ses effets

Alice Sweet Alice n’est pas sans rappeler le chef d’œuvre Psychose (1960) d’Alfred Hitchcock. D’une part, sur son scénario de tueur ambigu. D’autre part, sur la musicalité de l’œuvre composée par Stephen Lawrence. A la manière du thème iconique de Bernard Herrmann, on retrouve des sonorités ludiques, bien qu’à l’apparence un peu grotesque (il faut aussi remettre le film à son époque). L’opéra de violence accompagne diaboliquement bien les scènes de tension.

© Rimini Éditions

La bande originale fonctionne et donne aussi une couleur à Alice Sweet Alice, mais le réalisateur n’en fait pas une surutilisation pour autant. Le silence est de mise, calculé et extrêmement bien placé. On retient par exemple une scène post-meurtre sauvage et sanguinaire, laissant place aux cris désésperés des témoins et d’une victime au travers d’une marre de sang réaliste…

Un film provocant

Il n’est pas possible d’éviter ce qui semble être le sujet principal de Alice Sweet Alice, à savoir : la représentation hystérique du catholicisme. Sans trop en révéler sur le tueur, on découvre que ses crimes sont plus ou moins liés aux péchés des protagonistes. On découvre d’ailleurs au travers des bonus de l’édition physique de Rimini Éditions que le film a plusieurs fois été interdit, voir chargé par l’Eglise.

© Rimini Éditions

Les bonus permettent également d’en apprendre plus sur la complexité de la production indépendante du long-métrage. Sans cesse à la recherche de capitaux, tourné en 16mm, puis en 35mm… Alice Sweet Alice semble avoir été une véritable bataille, sans vraiment qu’on le ressente au visionnage, sûrement grâce au travail de Alfred Sole.

Alice, mais pas aux pays des merveilles

Comme souvent chez Rimini Éditions, on peut découvrir un nouveau trésor du cinéma horrifique. Alice Sweet Alice est un slasher hyper efficace, cru et réaliste. Son approche de l’horreur en plein jour donne un aspect vraisemblable à son scénario.

On peut néanmoins comprendre que le film n’ait pas pu trouver son public à l’époque, notamment par ses allures de catho porn. Les bonus du film permettent également de comprendre la complexité de sa distribution en salle. Scènes coupées par certains, film retiré des catalogue pour d’autres, Rimini Éditions donne cette fois l’occasion de découvrir l’œuvre dans son intégralité.

Alice, Sweet Alice sera disponible en Blu-ray & DVD dès le 23 septembre 2022, et ce grâce à Rimini Editions.

Avis

8 D'enfer

Alice Sweet Alice est un long-métrage choquant et hyperviolent. Son approche du slasher est moderne alors que le genre ne faisait qu'arriver dans nos salles obscures... Divertissant, il est aussi une sombre découverte que permet Rimini Éditions pour la culture des cinéphiles adeptes de l'horreur...

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