Marvel’s Wolverine est disponible sur Playstation 5, dans une réception critique plutôt tiède comparée aux autres AAA de Sony. Le jeu d’Insomniac (Marvel’s Spider-Man) est-il vraiment si décevant ? Regardons tout cela de plus près…
Wolverine est un des jeux vidéo AAA les plus chers de l’Histoire, avec plus de 300 millions de dollars de budget ! Un vrai mastodonte médiatique pour Marvel et Playstation, d’autant que l’ensemble de la trame et des ressorts narratifs du titre avaient leaké il y a 3 ans. Pour autant, le titre d’Insomniac (Ratchet & Clank, Marvel’s Spider-Man) est enfin là. D’un côté, la presse se veut plus tiède, là où chez les joueurs les retours se veulent bien positifs. Mais qu’en est-il vraiment ?

© Playstation
Avec Wolverine, le studio entend faire une pause avec l’Homme-Araignée avant un inévitable 3e opus pour la Playstation 6. De quoi sur le principe offrir une porte d’entrée vers une autre IP célèbre de Marvel : les X-Men. Se centrer sur Logan est donc pertinent, étant sans nul doute son plus grand représentant tous mediums confondus.
X-Men Semi Origins
Et comme le jeu/film X-Men Origins en 2009, Wolverine nous présente un Logan présent au sein de la Team X. Mais cette fois pas d’Arme X, le bougre est directement retrouvé à l’état sauvage dans une forêt canadienne par Nathaniel Essex (Troy Baker est décidément partout). 30 ans plus tard, il fait partie d’une équipe avec Dents-de-Sabre et Mystique pour lutter contre l’éradication mutante. Le jeu nous met tête la première dans le bain d’ailleurs, alors que le joueur prend d’assaut une base paramilitaire tenue par Bolivar Trask (un corpo bien connu des lecteurs de comics car responsable du programme Sentinelle, traquant les mutants).
Et après avoir découvert un groupuscule de mutants résistants, Wolverine fera la rencontre de Jean Grey. Le début d’une histoire qui prendra des proportions plus sombres, impliquant une technologie capable de repérer et d’activer tous les porteurs du gène X. Le jeu nous entraine ainsi dans une succession de missions entre le Canada, le Japon et Madripoor, où le but sera de trancher le plus de malotrus possibles.

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Ce qui est d’ailleurs la principale force du titre : le jeu est définitivement bourrin, pour notre plus grand bonheur. Les développeurs usent d’ailleurs à bon escient le facteur de guérison du personnage, comme composante essentielle à gérer lors des nombreux combats. Pas de points de vie ou de cœur à glaner, la jauge de vie descend lorsqu’on se prend des coups, se régénère suivant le temps de récupération ou le remplissage de la jauge de rage… Comme tout beat them all qui se respecte, cette dernière se remplit à chaque ennemi tué, et offre plusieurs niveaux permettant d’entraîner dans une furie berserker capable de supprimer quasi instantanément n’importe quel opposant.
Bourrinage en règle
Si on rajoute le fait que divers points de compétences permettent d’obtenir quelques techniques avancées, Wolverine fait office de défouloir relativement satisfaisant. On avait peur du côté infiltration également : que nenni, ce dernier n’est finalement que purement facultatif, permettant d’annihiler stratégiquement 4-5 ennemis rapidement lors de rares zones permissives. Là où le bât blesse néanmoins, tient dans les finitions de son game design.

Oui, Wolverine est beau, polissé comme un AAA cinématographique tel que Playstation nous a habitué depuis plus d’une douzaine d’années. De quoi offrir une durée de vie confortable de 15-16h, dans un rythme maîtrisé entre action et narration. Pourtant, difficile de valider un tel budget via une recette galvaudée : derrière sa simplicité d’accès, le gameplay de Wolverine ne présente aucune profondeur, alors que le joueur martèle carré et triangle en usant régulièrement de quelques coups spéciaux.
Et si cela ne suffisait pas, le soft est régulièrement plombé par des séquences d’exploration sans aucun attrait vidéoludique. Le joueur doit ainsi suivre le fil d’un scénario globalement cousu de fil blanc (qui se permet de rater la caractérisation de son grand méchant), jusque dans des passages de ballades dialoguées sans enjeu. Pire, le super odorat de Wolverine est implanté à la truelle pour trouver des objets que le joueur ne cherchera donc jamais. Point de récompense donc, y compris dans une exploration allégée au possible.
Game Design obsolète
Marvel’s Wolverine n’est pas Marvel’s Spider-Man, est il paraît vain de comparer les deux tant en terme de possibilités de gameplay que de déplacement au sein des décors. Pas de quêtes annexes, le joueur se déplace dans certains des environnements urbains dans le simple but de trouver des collectibles : les bouteilles d’alcool et les caisses de matériel permettent d’augmenter quelques stats, tandis que les portes de cauchemars (difficilement manquables) sont des défis débloquant souvenirs et power-ups pour Logan.

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Une feature attendue, tandis que Wolverine se contente finalement d’appliquer une formule désormais obsolète, comme si la conception même du jeu était coincée en 2014. L’exemple le plus flagrant tient dans les combats de boss d’un autre âge, répétant en boucle répétée les 3 mêmes patterns de coups. Nul doute que se concentrer précisément sur le versant beat them all et linéaire du titre aurait été la voie à suivre, surtout quand le genre parvient à briller de manière répétée même de nos jours.
Un Logan déjà culte
Et derrière ce côté programmatique, Wolverine parvient tout de même à une vraie prouesse : proposer un Logan instantanément incarné via la très bonne performance de Liam McIntyre. Pas facile de faire oublier Hugh Jackman, pourtant l’acteur australien livre un Wolverine tout en intériorité, comic accurate en terme de taille, et qui sait aussi se montrer bestial comme il le faut. Sa relation avec Jean est d’ailleurs un des points forts de la trame. Une trame respectant globalement le cœur thématique des X-Men, avant un futur jeu centrée sur la super-équipe…

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En résulte avec Marvel’s Wolverine un ride qui prend avant tout son envol lors d’une portion centrale tokyoïte nous plaçant face à la Main. La majorité des combats du jeu nous place face aux Reavers cyborgs (avec plusieurs classes allant du soldat de base, au sniper en passant par des combattants plus rapides et des soldats lourds), mais les ninjas vus dans la série Daredevil renouvèlent la difficulté des pugilats : ils se veulent plus agiles, peuvent planter un katana dans le corps de Logan pour stopper sa régénration, tandis que d’autres usent de facultés surnaturelles rendant les combats plus corsés.
La courbe de progression est donc telle que Marvel’s Wolverine n’est jamais un mauvais jeu du genre malgré ses limites. Un coup d’essai qui semble d’un autre âge pour Insomniac donc, mais loin de la débandade totale annoncée par certains.
Wolverine est disponible sur Playstation 5
avis
Marvel's Wolverine fait office de déception dans son game design daté, allié à un scénario global prévisible. Néanmoins, le soft d'Insomniac Games se veut régulièrement fun lorsqu'il se concentre sur ses nombreux combats bourrins, ou la relation Logan-Jean Grey. De quoi légèrement faire briller cette proposition perfectible, mais portée impeccablement par un Liam McIntyre tout en intériorité. Honnête malgré tout.
- Scénario
- Gameplay
- Game Design
- Graphismes
- Son
- Durée de vie
