On va très souvent au théâtre. Vraiment très souvent ! Alors, forcément, il devient parfois un peu plus difficile de nous surprendre. Et quand un spectacle y parvient, on est ravis. Un peu impressionnés aussi ! Avec On peut s’appeler Alain et sauver le monde, la nouvelle comédie de Loïc Bartolini et Jean Chaffard-Luçon, actuellement à l’affiche du Théâtre Michel, mission accomplie ! Une pièce hilarante, audacieuse, débordante d’idées, avec une mise en scène comme on aimerait en voir plus souvent. Un coup de cœur !
Une mission impossible… et un héros qui n’a rien demandé !
Le patron de la plus grosse multinationale du monde s’apprête à déverser 100 tonnes de déchets dans une nappe phréatique. Pour empêcher la catastrophe, une mystérieuse agence écolo décide de faire appel à un certain Alain, qu’elle considère comme l’Élu, celui qui pourra sauver le monde. Petit problème : Alain n’est absolument pas au courant ! Le voilà donc kidnappé et embarqué malgré lui dans une mission qui le dépasse complètement !

Avec ses courses-poursuites, ses rebondissements et ses situations rocambolesques, On peut s’appeler Alain et sauver le monde emprunte joyeusement les codes des grands films d’action. Mais ici, pas de décors spectaculaires ni d’effets numériques : seulement six comédiens, 28 personnages et six chaises pour donner vie à cette aventure complètement folle. Et croyez-nous, le résultat est bluffant !
Une mise en scène drôlissime qui déborde de créativité
Le principal point fort de cette pièce (à laquelle on n’a pas trouvé de point faible à vrai dire !) c’est sa mise en scène drôlissime ! Loïc Bartolini, assisté de Marie Coustaury, fait preuve d’une créativité et d’une audace assez réjouissantes. Les idées fusent, les trouvailles s’enchaînent et on se demande comment ils ont bien pu imaginer tout ça !

Il y a notamment beaucoup d’effets spéciaux, visuels et sonores. Et « spéciaux », ici, c’est vraiment le bon terme ! Ils sont, disons… faits maison, avec une inventivité folle, beaucoup de malice et parfois même une jolie touche de poésie. Et n’y voyez surtout pas un manque de moyens mais une démarche artistique pleinement assumée et franchement GÉNIALE ! À tel point qu’on finit par guetter ces effets avec impatience ! On aimerait vous raconter certaines scènes tant elles nous ont fait rire, mais ce serait dommage de gâcher la surprise. Alors on vous dévoilera simplement qu’un saut en parachute absolument épique vous attend !
Et derrière cette apparente folie, quel travail de précision ! La pièce est une véritable chorégraphie, parfaitement millimétrée, où chaque geste, chaque déplacement, chaque bruitage et chaque changement de personnage semble réglé au quart de seconde. Le plus impressionnant ? On a découvert le spectacle lors de ses toutes premières représentations, et tout était déjà parfaitement rôdé ! Une maîtrise d’autant plus remarquable que les comédiens enchaînent les rôles et les situations à un rythme effréné.
Six comédiens, 28 personnages… et que des rôles principaux !
Et puis il y a les personnages ! Tous géniaux, tous hilarants, sans exception, chacun à leur manière. C’est d’ailleurs une autre des grandes réussites de cette création : ici, tout le monde a droit à ses moments de gloire, à ses répliques mémorables et à ses scènes complètement délirantes. Que des personnages principaux, et ça, on adore aussi beaucoup ! Petit clin d’œil à Céline Groussard, qui incarne notamment Mylène et nous a littéralement fait rire aux larmes lors d’un craquage nerveux désopilant !

Mais impossible de ne saluer qu’elle tant la troupe est formidable : Jean Vocat, Michaël Giorno-Cohen, Salomé Talaboulma, Loïc Bartolini et Alistair Wright participent tous à cette joyeuse folie avec une énergie communicative. On retrouve d’ailleurs avec plaisir Michaël Giorno-Cohen, que l’on avait déjà beaucoup aimé dans Le Barbier de Séville, où il incarnait le docteur Bartholo.
Avec son humour, son inventivité et son sens du spectacle, On peut s’appeler Alain et sauver le monde nous rappelle à quel point le théâtre peut être un formidable terrain de jeu. On a beaucoup ri, on a été bluffés par la mise en scène et on est ressortis avec cette sensation délicieuse d’avoir assisté à quelque chose de vraiment original. Un coup de cœur comme on les aime, à découvrir absolument !
On peut s’appeler Alain et sauver le monde, au Théâtre Michel, les lundis à 20h et les mardis à 19h. Durée : 1h30.

Avis
Avec son humour, son inventivité et son sens du spectacle, On peut s’appeler Alain et sauver le monde nous rappelle à quel point le théâtre peut être un formidable terrain de jeu. Un coup de cœur comme on les aime, à découvrir absolument !
