Nos recommandations théâtre et spectacles d’octobre
Nouveau mois, nouvelles découvertes ! Voici les pièces de théâtre à voir en octobre 2026, entre gros coups de cœur, comédies complètement barrées, seuls-en-scène, frissons et comédies musicales.
Et si vous n’avez pas eu le temps de suivre toutes nos recommandations de septembre, bonne nouvelle : beaucoup sont toujours à l’affiche ! Vous pouvez notamment découvrir Paris is magique, notre comédie musicale feel good et délicieusement kitsch sur la capitale, Le Guide du parfait gentleman assassin, où un jeune homme entreprend d’éliminer les huit héritiers qui le séparent d’une immense fortune, ou encore Le Manuel de la jeune mariée, qui nous replonge avec beaucoup d’humour dans les conseils édifiants prodigués aux futures épouses en 1947. Et ce ne sont que quelques exemples : notre sélection de septembre est toujours à retrouver ici !
Double fracture, au Théâtre Essaïon
Il y a des seuls-en-scène où l’on finit par oublier qu’il n’y a qu’une seule personne devant nous. Double fracture en fait clairement partie. Jean-Baptiste Darosey nous raconte l’histoire de Jean-Bastien, fils de paysan qui grandit en Haute-Saône et peine très tôt à trouver sa place dans ce monde rural. Avec sa mère, il se réfugie dans les films et les comédies musicales, jusqu’à ce que celle-ci disparaisse brutalement lorsqu’il a 14 ans. Il lui faut alors grandir, affronter son père, assumer sa différence et son homosexualité, et tenter de construire sa propre vie.

L’écriture, l’interprétation, la mise en scène : tout est d’une précision, d’une finesse et d’une sensibilité remarquables dans ce généreux récit d’émancipation. Jean-Baptiste Darosey est épatant, touchant, drôle et bluffant lorsqu’il donne vie aux différents personnages, jusque dans le moindre geste, la moindre posture ou intonation. Il danse, joue, se transforme et, même lorsqu’il pousse la chansonnette, on reste sans voix. Bref, on le dit maintenant et on verra bien dans quelques mois : voilà un candidat qui aurait toute sa place aux Molières !
Double fracture, jusqu’au 30 mars 2027 au Théâtre Essaïon, les lundis et mardis à 20h50.
Le Garçon nuage, à La Scala Paris
On avait découvert Ethan Oliel il y a plusieurs années dans ce seul-en-scène qu’il a lui-même écrit, bien avant de le retrouver dans Le Cercle des poètes disparus et de le voir décrocher un Molière en 2024. Le voilà de retour avec son Garçon nuage, l’histoire d’un jeune homme qui décide de se mettre à l’abri du monde en s’installant, symboliquement, sur un nuage. Là-haut, plus d’échec à redouter, plus d’avenir à construire, plus rien à faire. Jusqu’à ce qu’une rencontre amoureuse vienne sérieusement perturber ce programme parfaitement organisé autour… du rien.

On se souvenait d’un spectacle très poétique, porté par une langue qui joue avec les mots, en prose comme en alexandrins, et par un comédien totalement habité. Quelques années plus tard, le Ethan Oliel remonte sur son nuage dans une mise en scène de Charly Coïc. Il déborde d’énergie, d’émotions, d’emphase aussi parfois, mais c’est précisément ce qui fait la singularité de cet artiste merveilleux qui semble vivre quelques centimètres au-dessus du sol. Un seul-en-scène romantique, exalté et profondément sensible que l’on est ravis de voir revenir à Paris. Retrouvez notre critique complète du Garçon nuage.
Le Garçon nuage, du 1er octobre 2026 au 3 janvier 2027 à La Scala Paris, à 15h15, 19h15 ou 21h15 selon les dates.
J’espère que nos enfants iront mieux que nous, au Théâtre de La Pépinière
Quelle audace ! La nouvelle comédie de Rudy Milstein profite d’une situation complètement improbable pour parler de maternité d’une manière franchement décomplexée. Marie vient enfin d’avoir son premier enfant après des années de tentatives infructueuses, tandis que sa meilleure amie Anne accouche de son troisième alors qu’elle n’en voulait pas. À la maternité, un test génétique révolutionnaire prétend révéler ce qui attend le bébé de Marie dans les années à venir. Et le résultat est loin de correspondre à ce qu’elle espérait… contrairement à celui d’Anne. Alors, lorsqu’elle se retrouve seule face aux deux berceaux, une idée aussi terrible qu’absurde commence à germer.

Et c’est génial ! L’histoire est improbable, pleine de rebondissements, et les quatre comédiens, tous géniaux, s’emparent joyeusement de personnages aux personnalités, aux névroses et aux excès particulièrement marqués. On rit énormément, mais la pièce est plus fine qu’elle n’en a l’air : elle ne cherche jamais à imposer une bonne manière d’être parent et laisse au contraire cohabiter des visions très différentes de la maternité. Quelques jolies touches de poésie viennent en plus s’inviter dans une mise en scène inventive. Une comédie originale, culottée, réjouissante et… allez, un coup de cœur, on peut le dire !
J’espère que nos enfants iront mieux que nous, à La Pépinière Théâtre, du mercredi au samedi à 21h et le samedi également à 17h.
Singin’ in the Rain, au Théâtre du Lido
Il pleut sur la scène du Lido et, franchement, on voudrait que ça ne s’arrête jamais ! Surtout lorsqu’une ribambelle de parapluies colorés surgit et se met à virevolter dans un même élan. Cette nouvelle production de Singin’ in the Rain nous replonge dans le Hollywood des années 1920, au moment où le cinéma parlant vient bouleverser le règne du muet. Et si vous connaissez le film de Stanley Donen et Gene Kelly, vous retrouverez évidemment Don Lockwood, Kathy Selden, Lina Lamont et cette pluie devenue mythique.

Sur scène, 24 artistes et 14 musiciens live, installés sur les balcons supérieurs, donnent vie en version originale surtitrée à ce grand classique à travers le jeu, le chant, la danse et, évidemment, les claquettes. Les scènes collectives sont particulièrement réjouissantes, l’ensemble fluide et rythmé, et les nombreuses projections accompagnent efficacement le passage d’un décor à l’autre. On avoue malgré tout être restés un peu sur notre faim concernant l’exploitation de cette formidable scène du Lido, dont Les Demoiselles de Rochefort avaient montré toutes les possibilités. Mais difficile de bouder son plaisir devant un spectacle aussi généreux. Joie dans les cœurs !
Singin’ in the Rain, jusqu’au 10 janvier 2027 au Théâtre du Lido, du mardi au samedi à 20h, avec des matinées le samedi et le dimanche à 15h. Spectacle en anglais surtitré en français.
Roberto Zucco, au Théâtre des Mathurins
Assurez-vous d’aimer les ambiances sombres et oppressantes avant de partir à la rencontre de Roberto Zucco… Nous avions découvert cette adaptation de la pièce de Bernard-Marie Koltès cet été au Festival OFF Avignon 2026, et elle nous avait sacrément secoués. Inspirée de l’histoire du tueur en série italien Roberto Succo, elle suit la cavale d’un jeune homme emprisonné pour le meurtre de son père, qui s’évade et enchaîne les rencontres tandis que la violence ne cesse de se rapprocher.

Axel Granberger est impressionnant dans ce rôle très physique et organique : il peut glacer le sang par un regard ou une simple posture. Autour de lui, la mise en scène immersive de Rose Noël exploite tous les espaces, tandis que le chant et la musique live font surgir les lieux et les ambiances. Zucco se cache, apparaît, nous observe, se mêle au public et reste constamment menaçant, même lorsqu’il ne fait rien. Une expérience puissante, physique, parfois éprouvante, qui bouscule vraiment.
Roberto Zucco, à partir du 21 septembre 2026 au Théâtre des Mathurins, les lundis à 20h.
L’Embarras du choix, à la Gaîté Montparnasse
On y allait un peu sur la pointe des pieds, c’est vrai… et ça a finalement été l’une de nos belles surprises de ces dernières semaines ! Le jour de ses 40 ans, Max réalise qu’il est peut-être passé à côté de sa vie. Amour, travail, famille, amitié : il va devoir prendre des décisions. Enfin, « il »… pas vraiment. Car ce sont les spectateurs qui choisissent à sa place et décident régulièrement de la direction que va prendre l’histoire. Faut-il envoyer un SMS plutôt sage ou franchement séducteur à un amour de jeunesse qui vient de ressurgir ? Revendre la bague destinée à sa future femme pour aider un ami en difficulté… ou carrément braquer une banque ? À chaque dilemme, les propositions fusent dans la salle et Max finit par suivre la voie choisie par le public.

Et cette interaction change énormément de choses ! Elle crée une dynamique et une atmosphère particulièrement joyeuses et conviviales, le rythme ne retombe pas et on rit beaucoup. Et malgré une intrigue de départ assez basique, un jeu qui nous a parfois semblé inégal et quelques passages chantés qui arrivent un peu comme un cheveu sur la soupe, l’ensemble fonctionne et nous embarque complètement. Mentions spéciales pour la formidable répartie de Sébastien Azzopardi et l’hilarant Augustin de Monts ! On ne voit pas le temps passer et, forcément, on ressort avec une envie : revenir pour faire d’autres choix et découvrir une autre version de l’histoire !
L’Embarras du choix, au Théâtre de la Gaîté Montparnasse, du mercredi au samedi à 21h et le samedi et le dimanche à 16h30.
Les Frottements du cœur, au Théâtre Actuel La Bruyère
Nous avions découvert Les Frottements du cœur à Avignon en 2024 et, depuis, le spectacle a fait un sacré chemin : il a notamment décroché le Molière 2026 du meilleur seul en scène. Katia Ghanty y raconte sa propre histoire. À 29 ans, ce qui ressemble d’abord à une simple grippe la conduit en réanimation avec un cœur qui ne parvient plus à assurer son travail. Pour la maintenir en vie, les médecins la placent sous circulation extracorporelle. Commence alors un combat pour survivre… puis pour réussir à revenir au monde.

Dit comme ça, on vous l’accorde, ça ne respire pas exactement la franche rigolade. Et pourtant, Katia Ghanty réussit à raconter cette épreuve avec énormément de vie, d’humour et de générosité. Elle nous entraîne dans l’univers étrange de la réanimation, ses médecins, ses peurs, ses moments absurdes et ses petites respirations, avant d’aborder aussi cet après dont on parle moins : que fait-on lorsque le corps a survécu mais qu’il faut encore réapprendre à vivre ? « Est-ce que l’avenir existe encore ? » La mise en scène d’Éric Bu fait circuler l’énergie et le mouvement jusque dans les moments les plus sombres. Si bien que l’on se retrouve devant un spectacle lumineux sur un sujet qui aurait pu ne pas l’être du tout. Retrouvez notre critique complète des Frottements du cœur.
Les Frottements du cœur, du 5 octobre au 28 décembre 2026 au Théâtre Actuel La Bruyère, les lundis à 19h. Pas de représentation le 19 octobre.
2:22 – A Ghost Story, au Théâtre Fontaine
« Il y a quelque chose dans notre maison. Je l’entends chaque nuit à la même heure. » Voilà le point de départ de ce thriller théâtral qui a déjà connu de nombreuses productions à travers le monde. Jeanne est persuadée que sa nouvelle maison est hantée ; Sam, son compagnon astrophysicien et résolument cartésien, n’y croit évidemment pas une seconde. Un soir, alors qu’un couple d’amis vient dîner, le débat tourne autour des fantômes, des croyances et de ce qui peut ou non revenir d’entre les morts. Une chose est sûre : cette nuit-là, tout le monde restera éveillé jusqu’à 2h22.

On ne vous dira évidemment rien de l’excellent twist final, si ce n’est qu’on ne l’avait pas vu venir et qu’il nous a fait regarder autrement tout ce qui venait de se passer ! Et heureusement, car quelques longueurs se font sentir. On doit bien reconnaître que l’on n’a pas été convaincus par le jeu assez mono-expressif de Louane, ni totalement non plus par une mise en scène qui meuble parfois beaucoup avec d’interminables déplacements dans la cuisine, manipulations d’ustensiles et dressages de table. Mais le décor, l’atmosphère angoissante soutenue par les effets de son et de lumière, l’originalité de l’intrigue et ce fameux dénouement rattrapent largement ces réserves. C’est d’ailleurs pour cela qu’on vous la recommande. Et pour le mois d’Halloween, le timing est plutôt parfait pour aller se plonger dans cette ambiance !
2:22 – A Ghost Story, jusqu’au 3 janvier 2027 au Théâtre Fontaine, du mardi au samedi à 21h, le samedi également à 16h et le dimanche à 16h.
Où vont les larmes quand elles sèchent ?, au Théâtre Lepic
Encore l’une de nos pépites du festival d’Avignon cet été que l’on se réjouit de retrouver à Paris ! Adaptée du roman de Baptiste Beaulieu par Léna Bréban, la pièce nous installe dans le cabinet de Jean, médecin généraliste de 36 ans. Ses patients défilent avec leurs microbes, bien sûr, mais surtout leurs chagrins, leurs solitudes, leurs blessures et toutes ces histoires que les médecins finissent parfois par lire directement sur les corps. Jean, lui, porte également la sienne : depuis un drame vécu lorsqu’il était urgentiste, il n’arrive plus à pleurer…

Régis Vallée donne vie avec beaucoup d’empathie, de douceur et d’humour à tous ceux qui franchissent la porte du cabinet. On rit beaucoup plus qu’on pourrait l’imaginer, on est parfois attendri par une histoire ou une phrase, et surtout on retrouve toute l’humanité du texte de Baptiste Beaulieu. Un seul-en-scène tendre et drôle, qui parle du soin autant que de ceux qui soignent.
Où vont les larmes quand elles sèchent ?, jusqu’au 14 décembre 2026 au Théâtre Lepic, les samedis à 15h, les dimanches à 17h et les lundis à 21h.
Chloé Oliveres – Mon côté Wertheimer, au Théâtre Lepic
On reste au théâtre Lepic pour cette autre jolie découverte de cet été à Avignon. Léger et grave, drôle et profond, joyeux et douloureux : Chloé Oliveres ne choisit pas, et elle a bien raison. Dans Mon côté Wertheimer, elle remonte le fil des femmes de sa famille sur quatre générations pour enquêter sur cette « folie » qui semble s’être transmise dans sa lignée maternelle. Une arrière-grand-mère internée à Sainte-Anne, une grand-mère atteinte d’Alzheimer, une mère… et elle-même, qui se demande forcément ce dont elle pourrait avoir hérité.

Avec beaucoup d’autodérision et une sincérité désarmante, elle interroge autant sa famille que la manière dont la société a regardé et traité ces femmes. Étaient-elles vraiment folles ? Selon quels critères ? Et quelle place le patriarcat a-t-il joué dans ces diagnostics et ces vies ? Chloé Oliveres est solaire, drôle, vulnérable, parfois complètement explosive, et passe d’une énergie folle à des moments beaucoup plus fragiles avec une maîtrise impressionnante. Un seul-en-scène foisonnant, très personnel sans jamais rester enfermé dans l’intime.
Chloé Oliveres – Mon côté Wertheimer, jusqu’au 29 décembre 2026 au Théâtre Lepic, les mardis à 21h.
Pocahontas, le musical, au Théâtre de la Gaîté Rive Gauche
Voilà l’un de nos coups de cœur qui fait son retour à Paris ! Attention toutefois : Pocahontas, le musical n’est pas une adaptation du dessin animé Disney, mais une création originale des talentueux Frères Safa autour de la légende de Pocahontas. Lorsque des colons anglais débarquent sur les terres de la tribu Powhatan avec leurs rêves d’or et de richesses, la rencontre entre Pocahontas et John Smith va confronter deux visions du monde et bouleverser le destin de tous.

On avait aimé cette création qui avait largement dépassé nos attentes ! Les chansons originales sont nombreuses et particulièrement réussies, les chorégraphies entraînantes et le niveau vocal franchement impressionnant. Cerise Calixte est merveilleuse, mais elle est loin d’être la seule. Et visuellement, on se régale avec les projections interactives, les hologrammes, les jeux de transparence et les décors qui enveloppent les comédiens. La descente des rapides en barque reste l’une de nos scènes préférées ! C’est rythmé, coloré, joyeux et suffisamment soigné pour que les adultes y trouvent largement leur compte. Retrouvez notre critique complète de Pocahontas, le musical.
Pocahontas, le musical, jusqu’au 30 mai 2027 au Théâtre de la Gaîté Rive Gauche, les samedis et dimanches à 14h et tous les jours pendant les vacances scolaires. À partir de 3 ans.
Chat Botté, le musical, à la Gaîté Montparnasse
Autre proposition des Frères Safa, autre univers ! Cette fois, direction le célèbre conte de Charles Perrault. Lorsqu’un jeune meunier hérite d’un simple chat, il ne se doute pas encore que celui-ci possède quelques talents bien cachés. Bottes aux pieds et idées plein la tête, le félin entreprend de transformer son maître en Marquis de Carabas et l’entraîne dans une aventure peuplée d’une reine excentrique, d’une princesse romantique et, évidemment, d’un ogre à affronter.

C’est un peu plus enfantin que Pocahontas, mais on s’était quand même franchement amusés. Les personnages sont hauts en couleur, les chorégraphies entraînantes, les projections vidéo très présentes et Nathan Desnyder compose un Chat Botté à l’accent espagnol particulièrement savoureux. Mention spéciale aussi à cette reine vénale qui cherche l’homme « friqué » de ses rêves sur Meetic ! Les Frères Safa glissent suffisamment de clins d’œil pour faire rire les parents, tandis que les performances vocales sont d’un excellent niveau. Le spectacle a d’ailleurs remporté deux Trophées de la Comédie Musicale en 2025, dont celui du spectacle jeune public. Une idée de sortie parfaite, en famille, pour les vacances d’octobre ! Retrouvez notre critique complète de Pocahontas, le musical.
Chat Botté, le musical, jusqu’au 29 mai 2027 à la Gaîté Montparnasse, les samedis et dimanches à 11h, avec des séances à 11h ou 14h pendant les vacances scolaires. À partir de 3 ans.
Il y a évidemment plein d’autres pièces de théâtre à voir en octobre 2026 ! Nous vous présentons ici celles que nous sommes allés découvrir ou redécouvrir et que nous avions envie de partager avec vous. Et comme toujours, cette sélection sera enrichie au fil du mois et de nos nouvelles découvertes.
