Nos recommandations théâtre et spectacles de novembre
Un ogre attachant, un créateur de génie, un apprenti danseur, une enquête familiale irlandaise… Nos découvertes de novembre nous emmènent dans des univers bien différents ! Au programme : du théâtre, des comédies musicales, de la danse et quelques belles histoires à partager.
Et si vous avez manqué certaines de nos précédentes recommandations, plusieurs sont toujours à l’affiche ! Vous pouvez notamment découvrir On peut s’appeler Alain et sauver le monde, notre coup de cœur pour une comédie d’espionnage follement inventive, frissonner devant la mise en scène immersive de Roberto Zucco, ou vous offrir une virée joyeusement kitsch dans la capitale avec Paris is magique. Sans oublier Double fracture, le formidable récit d’émancipation de Jean-Baptiste Darosey, et bien d’autres. De quoi compléter cette nouvelle sélection avec quelques belles séances de rattrapage !
Walt, la folie Disney, au Théâtre de la Huchette

Voilà un coup de cœur que l’on est heureux de retrouver à Paris ! Dans ce seul-en-scène de Fanny Dupin et Damien Maric, Clément Vieu nous entraîne derrière le nom Disney, à la rencontre d’un homme dévoré par son désir de créer. Au cœur du récit : la naissance de Blanche-Neige, ce projet démesuré auquel personne ne croit vraiment et qui va transformer une ambition artistique en véritable obsession.
On avait été émerveillés par la manière dont le spectacle fait naître sur scène la féérie qu’il raconte. Les ombres, la musique originale d’Éric Capone et les trouvailles de la mise en scène de Victoire Berger-Perrin composent un univers poétique, traversé aussi par les blessures et les contradictions de son personnage. Clément Vieu est exceptionnel dans les nuances de cet artiste visionnaire, patron autoritaire et grand enfant insatiable. Une pièce captivante, dont le fond et la forme se répondent avec une rare justesse. Retrouvez notre critique complète de Walt, la folie Disney.
Walt, la folie Disney, jusqu’au 21 novembre 2026 au Théâtre de la Huchette, du mardi au samedi à 21h. Durée : 1h10.
Shrek, le musical, aux Folies Bergère

Très chouette surprise que ce Shrek, le musical ! Pour retrouver la tranquillité de son marais, envahi par les personnages de contes bannis par Lord Farquaad, notre ogre préféré doit aller délivrer la princesse Fiona. Le voilà embarqué dans une drôle d’aventure avec un âne très (trop !) bavard… et nous avec lui ! Et ne pensez pas qu’il s’agisse d’un spectacle pour enfants uniquement : le jour où nous y sommes allés, on peut vous dire qu’ils n’étaient pas les plus nombreux à porter des serre-têtes Shrek !
Le show est généreux : une quinzaine de personnages, des décors colorés et parfois surprenants, de beaux costumes, des jeux de lumière et une énergie qui nous embarque dans cette joyeuse parodie de contes de fées. On retrouve Pinocchio, Peter Pan, trois petits cochons très drôles avec leur accent allemand, ou encore un Chat Potté à l’accent espagnol que l’on adore (Quentin Aubert) et que l’on retrouve d’ailleurs dans le musical des Frères Safa. Les références musicales font aussi sourire les plus grands, d’Africa à Funkytown.
On a particulièrement aimé Arnaud Denissel en Lord Farquaad, hilarant avec sa manière de s’exprimer, ses mimiques et ses toutes petites jambes ! Jeff Broussoux compose un Shrek très attachant, Marc Van Weymeersch un âne délicieusement agaçant, et Anaïs Delva une Fiona qui ne manque pas de caractère ! Mais derrière les gags, le spectacle sait aussi toucher juste. On pense notamment à cette joute verbale entre Shrek et l’âne, qui comparent leurs enfances pour déterminer lequel a eu la plus difficile : un échange aussi bien écrit que touchant. Avec, au passage, une jolie morale qui nous plaît beaucoup : c’est la différence qui rend fort. Un très beau moment de divertissement à découvrir avec ou sans enfant !
Shrek, le musical, adapté et mis en scène par Philippe Hersen, aux Folies Bergère, jusqu’au 20 janvier 2027. En novembre : le 1er à 14h et 17h ; les 7, 11, 14, 18, 21 et 28 à 14h ; le 10 à 20h. Durée annoncée par la salle : 1h40, plus entracte. À partir de 3 ans.
Billy mais pas Elliot, au Théâtre La Flèche

Avant les rêves de scène et de carrière, il y a Pauline. Et c’est pour l’épouser qu’Elliot décide de devenir danseur à l’Opéra de Paris ! À neuf ans, le petit garçon passionné de danse classique entre dans cette école d’excellence. Dans cette autofiction écrite et interprétée par Hugo Collin, on découvre un univers dont la beauté se paie parfois au prix fort : l’éloignement familial, la douleur, la rigueur, la discipline, le stress des examens, la compétition, ou encore les humiliations. Un dos trop rentré, des côtes trop présentes, un corps pas assez souple… : n’entre pas à l’Opéra de Paris qui veut ! À treize ans, il ne pèse que 35 kilos, c’est dire…
On a trouvé passionnante cette plongée dans les coulisses d’un apprentissage aussi exigeant qu’impitoyable pour un si jeune garçon. Et l’on a beaucoup aimé la manière dont Hugo Collin rend cet univers vivant, sans décor, avec une mise en scène très épurée signée Veig Bassili. De jolis moments de danse classique viennent ponctuer le récit et donner corps à cette passion, aux efforts qu’elle réclame et à ce qu’elle fait traverser. C’est vivant, incarné, et l’on apprend plein de choses sur un monde dont on connaît surtout ce qui brille sous les projecteurs. Une très belle découverte, à la fois d’un texte et d’un comédien. Et si l’Opéra de Paris a fini par lui refermer ses portes, un très bel avenir l’attend au théâtre, c’est certain !
Billy mais pas Elliot, jusqu’au 12 décembre 2026 au Théâtre La Flèche, les samedis à 17h. Relâche le 5 décembre. Durée : 1h05.
An Irish Story, une histoire irlandaise à retrouver en tournée

Un grand-père irlandais disparu, englouti par une vague : il semblerait que ce soit une anecdote plus efficace pour draguer qu’un grand écart ! Pour comprendre le rapport, on vous laisse faire la rencontre de Kelly Rivière. Dans An Irish Story, découvert à La Scala Paris, la comédienne remonte le fil d’une disparition familiale, entre l’Irlande, l’Angleterre et la France. Une enquête qui traverse les générations, les langues et les silences.
On a beaucoup aimé la drôlerie du texte et cette manière de nous faire entrer dans une histoire intime sans jamais nous laisser à la porte. Kelly Rivière est épatante lorsqu’elle incarne les différents personnages : chacun possède sa voix, son accent, sa personnalité, et tous sont immédiatement identifiables. Notre préférée ? Sa mère, hilarante avec son accent anglais et sa passion non dissimulée pour les dictateurs ! Et derrière cette savoureuse galerie de portraits, la comédienne déploie une maîtrise des accents et des changements de rôle impressionnante. Elle est surtout très attachante, et nous emmène avec elle dans cette jolie et touchante histoire irlandaise, entre quête des origines et secrets de famille. Une sacrée performance !
An Irish Story, de et avec Kelly Rivière, le 24 novembre 2026 à 20h30 au Centre des bords de Marne, au Perreux-sur-Marne, puis le 27 novembre à 20h30 au Théâtre Coluche de Plaisir. Durée annoncée : 1h25 au Perreux et 1h30 à Plaisir. Retour à La Scala Paris les 6 et 7 mai 2027 à 19h.
Let’s Go!, au 13e Art

Quel bonheur ! Une énergie de folie, de l’inventivité dans les tableaux et la mise en scène, beaucoup de générosité et de partage : Let’s Go !, chorégraphié et mis en scène par Fauve Hautot et Romain Guillermic, nous a complètement embarqués. En effet, la complicité entre les danseurs se voit, se ressent, et donne une épaisseur supplémentaire au spectacle. On se sent avec eux, dans le partage et l’échange. Leur plaisir à danser ensemble est beau à voir.
On est fans de Fauve Hautot, sachez-le. Son charisme nous laisse sans voix et elle est tellement habitée quand elle danse, tellement hypnotique, que l’on a eu du mal à décrocher notre regard d’elle, on vous l’avoue… même si tous les danseurs et danseuses de la troupe sont absolument extras ! L’ensemble est très contemporain, très rythmé, avec une place importante accordée à l’électro et des tableaux qui varient dans leur esthétique comme dans leur énergie.
Et ce qui est génial, c’est qu’un cameraman les suit pendant tout le show et que l’on peut voir le rendu de ce qu’il filme en même temps que le spectacle, puisque c’est projeté en fond de scène ! Cela permet de découvrir la danse sous des angles différents et apporte un côté très immersif que l’on n’avait encore jamais vu dans d’autres spectacles de danse. Quelques moments suspendus, quelques clins d’œil plus intimes s’invitent aussi, pour que la technique laisse toujours leur place à l’humain et au cœur. Un spectacle galvanisant ! On en redemande.
Let’s Go!, jusqu’au 8 novembre 2026 au 13e Art, du mercredi au samedi à 21h, avec des séances supplémentaires le samedi à 17h. Autres séances selon le calendrier de réservation. Puis en tournée à partir du 10 novembre. Durée : 1h15.
Les Oubliées de Londres, au Palais des Glaces

Londres, 1888. Une femme est assassinée à Whitechapel. « Mauvaise personne au mauvais moment », commence par minimiser Warren, le chef de Scotland Yard, aussi misogyne que méprisant, qui compte bien classer l’affaire sans mener l’enquête. Mais la reine d’Angleterre, qui ne passe littéralement plus les portes (on vous laisse découvrir pourquoi !), n’est pas de cet avis ! Et lorsque les meurtres de prostituées se multiplient, les femmes d’une maison close décident de mener leur propre enquête pour retrouver celui qui se fait appeler « Jack » avant qu’il ne s’en prenne à elles…
On ne s’attendait pas à ce que cette pièce soit si drôle ! Alexandra Bialy signe une proposition portée par une mise en scène joliment chorégraphiée et une distribution que l’on a beaucoup appréciée. Mention spéciale au fabuleux Benjamin Alazraki : son chef de Scotland Yard est vraiment hilarant tant il est détestable ! Il forme avec son jeune équipier interprété par le tout aussi convaincant Antoine Bordes un binôme qui nous régale par son incapacité à communiquer ! Les personnages, les situations et les changements de ton donnent à cette histoire une couleur parfois franchement burlesque. C’est réjouissant, même si la dimension comique prend assez rapidement le pas sur l’enquête et le fond du propos, ce qui occasionne quelques longueurs. On retient néanmoins une jolie proposition, une mise en scène soignée et des comédiens très talentueux dans leurs différents rôles. Un spectacle à découvrir !
Les Oubliées de Londres, écrite et mise en scène par Alexandra Bialy, jusqu’au 30 décembre 2026 au Palais des Glaces, les mardis et mercredis à 19h et les dimanches 8, 15, 22 et 29 novembre à 17h. Pas de représentation le mardi 17 novembre. Durée : 1h20.
Beaucoup d’autres pièces de théâtre et spectacles sont évidemment à l’affiche en novembre 2026 ! Nous vous présentons ici ceux que nous sommes allés découvrir ou redécouvrir et que nous avions envie de partager avec vous. Comme toujours, cette sélection sera enrichie au fil du mois et de nos nouvelles découvertes.
