[Critique] Sicario, refrain noir ébène

0
Share Button

En parcourant le fil de la sélection cannoise 2015, on s’étonnait de découvrir la présence d’un film de genre annoncé nommé Sicario et réalisé par Denis Villeneuve, auteur insaisissable mais fascinant. Le réalisateur canadien porte son attention sur une jeune agente idéaliste du FBI qui va être plongé en plein chaos à la frontière mexicaine.

Si on s’en tient à la surface cinématographique du film, Villeneuve réussit un véritable tour de force esthétique en réduisant une traque de narco-trafiquant à son essence sauvage et imprévisible. Sa mise en images (soulevée par le génie de Roger Deakins) fait émerger des sueurs froides tout à fait iconiques en accord avec le savoureux jeu de ping-pong mis en place par ses brillants interprètes.

A l’inverse d’un Prisoners à l’argument narratif typique du genre policier, Sicario pêche par cette application filmique à réduire ses enjeux en une forme concentrée et indicible. Pauvre, le récit rejoue l’éternelle dualité d’un monde livré à lui-même et sert la soupe à un propos politique terriblement naïf et daté. Dommage que ce film se contente de prouver le flair visuel de Villeneuve.

Sicario sort le 07 Octobre 2015 en salles après sa diffusion en sélection officielle cannoise.

(Visited 3 times, 1 visits today)

Avis

6 Joliment trompeur
  • Votre avis (0 Vote) 0
Partagez

À propos de l'auteur

Emyr Phœnix

Shooté au cinéma depuis son plus jeune âge, c’est avec une insatiable curiosité qu’il guette le prochain rubis filmique susceptible d’être révélé. Même si ça ressemble à une aiguille dans une botte de foin.

Réagissez !