[Critique] Un Voyage ou la thérapie de Benchetrit

Dès la scène d’ouverture, où Anna Mouglalis chuchote de douces paroles très écrites à un mystérieux contre-champ, on sent que quelque chose va clocher. La gravité du texte et sa mise en cadre serrée appuient lourdement la situation et on sent l’étiquette « film d’auteur français grave mais pas trop quand même » qui pointe. Puis qui sonne à la porte et pose les pieds sur la table en tapant l’incruste.

On peut légitimement sentir l’âme dépressive de son metteur en scène planer sur le projet et lui porter atteinte, cette proximité restreignant alors le film à une sorte de thérapie imagée. Samuel Benchetrit, à peine remis du laborieux Chez Gino, cadre sa bien aimée dans toutes les situations de détresse possible, de l’élan lesbien à la morve coulante en signe de perdition, si bien qu’un excès de Mouglalis asphyxie violemment le spectateur.

Pire, la narration est aux abonnées absentes, comme en témoigne cette dérive policière qui se contente d’apporter un sentiment de mort déjà surligné par les dialogues. Et lorsque le « twist » vient achever l’entreprise via un plan-séquence intenable et anti-climatique, on se dit vraiment qu’il faudra conseiller à Benchetrit de zieuter à nouveau vers J’ai toujours rêvé d’être un gangster, son dernier coup d’éclat en date.

Un Voyage sortira le 23 Avril 2014 en salles.

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