[Critique] Le Fils de Saul, Auschwitz sous un nouvel angle

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On comprend mieux le choc des festivaliers de Cannes 2015 face au Fils de Saul, ce premier film d’un cinéaste hongrois, László Nemes. Celui-ci s’intéresse aux prisonniers du camps d’extermination d’Auschwitz obligés par les nazis à faire toute la sale besogne. On les appelle les Sonderkommandos et le récit s’attache exclusivement à l’un d’entre eux qui cherche à enterrer un enfant dignement pensant y reconnaître son fils.

Tout d’abord, le réalisateur fait un choix judicieux de mise en scène en restant au plus près du personnage : on voit ce qu’il voit, on entend ce qu’il entend, on le suit dans ses déplacements comme son ombre. Une recherche de réalisme et d’immersion qui fonctionne jusqu’à un certain point, car rapidement les limites du scénario font surface.

En effet, le majeur problème provient du fonctionnement trop mécanique du récit avec cette volonté de vouloir tout montrer de la barbarie nazie en déplaçant le personnage d’une horreur à l’autre. Ce procédé rappelle sans cesse à l’esprit du spectateur qu’il regarde un film avec ses qualités et ses défauts (dont des deus ex machina à foison). On est trop loin du réalisme recherché et revendiqué, mais Le Fils de Saul demeure un long-métrage poignant et révèle un jeune cinéaste prometteur.

Le Fils de Saul sort le 4 novembre 2015.

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