[Critique] Loin des Hommes, conte universel

Article écrit par Chloé Claessens.

Peu connu du grand public, David Oelhoffen est de ceux qui aiment à creuser les rapports plutôt que le contexte. Nos Retrouvailles l’avait déjà démontré, Loin des Hommes l’a confirmé.

Très libre adaptation de L’Hôte d’Albert Camus, le long-métrage conte la rencontre, le parcours et l’évolution de deux hommes, un Pied-noir et un Algérien, durant la guerre d’Algérie.

On aurait pu craindre l’endoctrinement politique dans Loin des Hommes. Outrepasser la philosophie de l’absurde et éluder la question de la condition humaine n’était pas chose aisée. Pourtant, le film échappe habilement à la facilité du discours idéologique, préférant se concentrer sur les conflits moraux et personnels auxquels font face les deux protagonistes. Viggo Mortensen et Reda Kateb excellent dans les rôles respectifs de Daru et Mohamed, deux êtres en proie à la solitude, résignés quant à leur sort, mais déterminés à ce que l’autre ne renonce jamais. Des intentions cinématographiques également rendues possibles grâce à une photographie irréprochable magnifiant la Nature, personnage à part entière écrasant les hommes, surpassant la guerre.

Un coup de maître pour Oelhoffen qui signe avec Loin des Hommes un conte universel.

Loin des Hommes sort le 14 janvier au cinéma.

 

Avis

9 À ne pas manquer
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