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Critique L'Amour au présent : pathos sur commande
©Studiocanal
Cinéma

Critique L’Amour au présent : pathos sur commande

Charley Charley28 décembre 2024Aucun commentaireIl vous reste 4 minutes à lire
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Précédé d’une belle attente de par son duo de comédiens, L’Amour au présent (We Live in Time) se veut un drame romantique cochant toutes les cases de la chronique cherchant à tout prix l’émotion, heureusement bien véhiculée par Florence Pugh et Andrew Garfield.

Présenté au Festival de Toronto en septembre dernier, L’Amour au présent (We Live in Time en VO) était précédé d’une certaine attente. Tout d’abord car cette romance se veut plutôt sexy sur le papier en plaçant les excellents Florence Pugh (Midsommar, Don’t Worry Darling, Black Widow) et Andrew Garfield (The Amazing Spider-Man, The Social Network, Tu ne tueras point) en âmes-sœurs. Mais aussi car le film produit par Studiocanal et A24 voit les retrouvailles entre l’acteur et John Crowley, le réalisateur de Boy A.

Mais surtout, L’Amour au présent évite globalement la guimauve de la rom-com traditionnelle dès ses premières minutes introduisant plusieurs bonds temporels et autant d’ellipses sur une poignée d’années. Le but : nous amener à contempler des tranches de vie du couple Almut-Tobias, de leur rencontre accidentelle jusqu’à une lutte permanente pour leur futur.

Critique L'Amour au présent : pathos sur commande
©Studiocanal

L’une est la talentueuse cheffe d’un restaurant, le second un data-analyst fraîchement divorcé. Lors d’une rencontre fortuite en plein accident routier, ces deux âmes vont se trouver et construire une relation dont l’édifice sera rendu branlant par l’annonce d’un cancer de l’ovaire. Un combat de chaque instant pour ainsi vivre l’amour au présent.

L’amour (et l’alchimie) au présent

Si la chronologie éclatée peut paraître frustrante au premier abord, la trame use à bon escient de cet artifice pour mieux interpeller le spectateur sur le destin du couple. Une manière donc d’éviter tout classicisme dans le déroulé de ce qui s’apparente à une rom-com tout à fait classique pendant une bonne heure, après qu’Almut renverse Tobias au volant.

Tout de suite l’idée de génie de L’Amour au présent répond… présent via le casting d’Andrew Garfield et Florence Pugh. Désormais habitués aux projets XXL, voir le couple d’acteurs partager une alchimie certaine et être autant à l’aise dans les moments de légèreté (le premier dîner, les premiers émois amoureux..) que dramatiques parviendrait presque à automatiquement entraîner une validation cinématographique.

Critique L'Amour au présent : pathos sur commande
©Studiocanal

Pourtant, quelque chose coincera rapidement dans L’Amour au présent : outre sa narration opérant des allers et retours sans provoquer l’attache nécessaire que le poids des années ou l’évolution chronologique engendre habituellement (le B-A BA de la progression narrative), la bascule du récit vers un combat contre le cancer sert finalement de gimmick émotionnel.

Quand le pathos supplante l’émotion

Passé un épisode de rechute (quand, comment et avec quels pronostics, tout cela sera éludé étant donné que ni le scénario ni les personnages ne semblent s’intéresser à ces questionnements), L’Amour au présent affiche un programme en pilotage automatique, tendance « on veut faire pleurer dans les chaumières ». Un contrat heureusement non-partagé par le casting, absolument impeccable de la première à la dernière scène, préférant authenticité au surlignage scénaristique du récit.

L’exemple le plus flagrant tiendra sans nul doute dans l’invisibilisation globale de l’enfant d’Almut et Tobias : d’abord au cœur d’une problématique centrale du couple pour savoir si la parentalité serait réciproque, la question sera là aussi évacuée par la puissance de l’ellipse pour faire de ce personnage un accessoire censé apporter la gravitas nécessaire.

Critique L'Amour au présent : pathos sur commande
©Studiocanal

John Crowley sait mettre en avant les performances nuancées de ses formidables acteurs, mais dans une mise en scène pudique ne filmant jamais pleinement la dimension charnelle du couple ou ne proposant jamais de véritable point de vue, L’Amour au présent annihile tout sentiment d’urgence de vie. Un comble donc, surtout lorsqu’un des moments pivots se veut être la tonte d’une Florence Pugh se livrant à la caméra, ou encore un ultime mouvement compétitif pour le Bocuse d’Or.

Point de larmes en dehors de l’écran

Doit-on arrêter de vivre lors d’une lutte contre un carcinome ? Ou bien profiter de chaque seconde en dépit de notre santé vacillante ? Un caractère résolument binaire domine donc dans L’Amour au présent, le film ayant cependant le mérite d’éviter une résolution dans les carcans du genre, malgré que tout le projet tend vers ce point de convergence. Là encore, l’impression d’émotion préfabriquée domine dans ce drame trop programmatique pour convaincre. Restent heureusement Florence et Andrew que l’on pourrait suivre des heures encore. Pas de quoi transcender le projet cependant !

L’Amour au présent sortira au cinéma le 1er janvier 2025

avis

5 les larmes sans la moelle

Malgré son duo d'acteurs que l'on aimerait suivre jusqu'au bout du monde, L'amour au présent dévie de ses velléités lacrymales par le pathos qui contamine cette chronique romantique rapidement surlignée. Un éclatement chronologique qui converge sans gravitas vers une finalité attendue, heureusement bien portée par les excellents Florence Pugh et Andrew Garfield..les vraies cautions qualitatives de L'Amour au présent !

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