Critique Invisible Man : menace invisible pour thriller sous tension

Après un Insidious 3 en demi-teinte, et un Upgrade qui se révélait être une très bonne surprise, Leigh Whannell revient chez Blumhouse et Universal. Invisible Man se veut une refonte du mythe de l’Homme Invisible,dans une histoire de thriller-slasher sous tension !

L’homme invisible ne date pas d’hier. En effet, H.G.Wells sorti le roman éponyme à la fin du XIXe siècle, et depuis, son héritage n’a cessé de faire fantasmer. Si bien que plusieurs œuvres sont nées, sur le grand ou petit écran. On connait évidemment L’Homme Invisible de 1933 (film culte de l’âge d’or des Universal Monsters, tels que la Momie ou la créature de Frankenstein), Les Aventures de l’Homme Invisible de John Carpenter, ou bien Hollow Man de Paul Verhoeven. De multiples itérations, nous montrant tantôt un héros devenu invisible, tantôt un être devenant maléfique. C’est sur cette dernière approche que Whannell a conçu Invisible Man !

D’entrée de jeu, le film nous présente efficacement son postulat de base. Nous suivons Cecilia Kass, compagne terrifiée de Adrian Griffin, un scientifique sociopathe et pervers narcissique. Cette dernière décide un jour de s’enfuir pour de bon de sa prison luxueuse, lorsqu’elle apprend quelques jours plus tard qu’Adrian s’est donné la mort. Malheureusement, les ennuis ne feront finalement que commencer, lorsqu’elle découvrira la vérité : il a réussi à trouver le moyen de se rendre invisible. Ce sera donc le début d’une lente plongée vers la folie.

Critique Invisible Man : menace invisible pour thriller sous tensio
©Universal ©Blumhouse

De ce pitch de départ ne cachant à aucun moment la volonté de dépeindre la masculinité toxique et la terreur qu’elle génère, Invisible Man se révèle être un thriller sous tension fait avec un vrai sérieux. Prenant le temps de dérouler son récit et développer son personnage principal, Leigh Whannell prouve également encore une fois ses talents de mise en scène. Le réalisateur arrive à filmer le vide et suggérer la présence d’une menace invisible avec une facilité déconcertante. Chaque recoin, chaque espace est utilisé pour semer le doute et manœuvrer le suspense, le tout sans artifice.

Une porte qui s’ouvre, une trace de pas, un déplacement d’objet une silhouette dans un fauteuil…des éléments à priori communs pourvoyeurs de tension. Et lorsque l’homme invisible se révèle plus explicitement, un simple couteau en l’air suffit à générer un effet maximal. Une économie de moyen qui se trouve totalement décuplée par une mise en scène ultra efficace, sublimée par un vrai travail de montage et un sens du découpage.

Le trauma bien visible

Si faire de l’antagoniste principal un être très peu visible à l’écran (Oliver Jackson-Cohen, vu dans The Haunting of Hill House, est très bon du peu qu’on le voit réellement), Invisible Man est littéralement porté par son actrice principale. Elisabeth Moss (The Handmaid’s Tale, Us) est tout bonnement excellente, parvenant sans mal à créer l’empathie et nous faire croire à sa plongée dans la paranoïa !

Tantôt femme maltraitée en proie à un stress post-traumatique, tantôt femme battante et déterminée, on tient sans aucun doute un des rôles féminins forts de cette année. Le reste du casting, légèrement plus fonctionnel, est réussi et incarné, que ce soit Aldis Hodge, Storm Reid ou Michael Dorman.

Critique Invisible Man : menace invisible pour thriller sous tensio
©Universal ©Blumhouse.

Si le film se révèle passionnant les 3 quarts du temps, Invisible Man n’est pas exempt de quelques scories. La faute a quelques facilités scénaristiques mais surtout un dernier tiers plus balisé, et plus convenu dans sa narration,amenant sa bonne fin de manière trop abrupte. De menus défauts qui ne pèsent pas forcément bien lourd sur la balance,mais empêchent le film de finir sur un upercut, bridant de belles idées pour un déroulé plus classique de slasher.

Quoiqu’il en soit, Invisible Man demeure une chouette proposition, à contre-courant de l’industrie actuelle. Préférant traiter une histoire avec sincérité et développer ses personnages plutôt que de privilégier un festival d’effets numériques sans âme, Leigh Whannell livre un bon film réussi. Solide, tendu, souvent prenant, porté par une vraie performance d’actrice, un sound design anxiogène de Benjamin Wallfisch (Blade Runner 2049 , Shazam) et une mise en scène maitrisée, Invisible Man est le film de genre à ne pas louper ce mois-ci.

Invisible Man, sorti en salles le 26 février 2020

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Charley

Cinéphage, sériephile, nerd, gamer, médic...un touche-à-tout qui reste un grand rêveur !

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